La noblesse du bois

Extrait de l’article sur l’art de la construction des planches en bois (Surfer’s Journal 111), la présentation de deux shapers français qui ont choisi de fabriquer des longboards ou des guns avec l’arbre de la forêt.

Romain Chapron,
sur la Côte basque

Avant de se convertir à la noblesse du bois, Romain Chapron a longtemps mis les mains dans la résine, notamment en construisant des pirogues. Puis la vie faisant, plus que de chercher à produire en série avec des moules et du matériau composite à la chaîne, il s’est naturellement tourné vers le bois. Il y a retrouvé une sérénité dans le travail comme dans la vie, devenant ainsi maître de ses heures (même s’il ne les compte pas !) et se passionnant pour la précision et la technique du geste au ciseau à bois. Il a ainsi construit des pirogues (voir Surfer’s Journal 92) et s’est lancé dans les planches hollow à membrures avec son label Uhainapo. «Depuis mes débuts, j’ai beaucoup évolué dans ma technique de fabrication des planches, notamment pour les rails, plus travaillés et plus solides. Une planche me demande une centaine d’heures de travail et j’en fais 10 à 15 par an autant pour une clientèle qui les gardent en exposition que pour une autre qui les surfent. Une planche en bois, c’est une planche à vie. Même si leash casse, elle se répare sans problème. Et c’est un plaisir de surfer avec.» Outre les planches, longboards ou même guns, Romain fait aussi en cèdre des skateboards, des handplanes pour les bodysurfers… Certes son expertise en matériaux composites lui sert aussi d’appoint pour les fins de mois. Mais petit à petit celle qu’il a acquise avec le bois le mène au-delà des frontières, comme en Californie où il s’imprègne de la technique des descendants de Tom Blake, tout y apportant son ingéniosité à la française.  — GS
www.uhainapo.com

Chapron

 

Mickaël Vigot,
dans le Morbihan

C’est au détour d’une petite route de campagne que Mickaël Vigot shape discrètement ses planches hollow en bois. Il est entouré par les champs. Son atelier se trouve à quelques encablures des plages de Guidel dans le Morbihan, là où il a débuté le longboard dans les années 1990. Machiniste au théâtre et électricien prise de vue au cinéma, le jeune quadragénaire baigne dans le milieu artistique. Il s’est naturellement tourné vers le shape et s’est lancé le défi de sortir son premier prototype en 2007. «Amoureux de la voile classique et de l’architecture navale en bois, l’idée de faire des planches en bois me trottait dans la tête, mais pas en massif. Alors j’ai fait des recherches sur les hollow boards de Tom Blake, sur les kookboxes, les hot curl et les autres planches en bois des années 1930 à 1950», explique Mickaël. La culture maritime l’inspire particulièrement. Comme il n’aime pas suivre les modes et les tendances, il se spécialise dans la fabrication de planches creuses en bois avec des constructions en membrures assez proches de l’architecture aéronavale. Il travaille avec des bois certifiés, de la résine bio-sourcée. «Ma démarche se veut responsable et durable.» Artiste et artisan, Mik reste avant tout un surfer: «Mes planches s’adressent aux surfers avertis et amoureux des belles choses.»   — Erwan Simon
www.ficuswoodwork.com

9' single (2)

A signaler aussi Pascal Lumeras (Ahimsa surfboards) qui, à La Grande Motte, conçoit aussi des hollow boards pour les surfers de la Grande Bleue.

A propos

Surfer’s Journal offre tous les deux mois une source incontournable de plaisir de lecture et de découvertes. Une revue qu’on conserve et collectionne.

 

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