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	<title>Cook - Surfers Journal</title>
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		<title>En quête de récits</title>
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		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Aug 2016 11:42:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantica]]></category>
		<category><![CDATA[Cook]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; A l’heure où le vaste champs de l’univers de la «data» est en train de devenir la nouvelle mine d’or de notre existence numérique et consommatrice, chaque fois plus immédiate et à la mémoire éphémère, il y a peut-être un anachronisme de la part d’un auteur et de son éditeur à croire à la mission encyclopédique (modestement) d’un livre. Mais heureusement il y a encore des «fous» sur terre qui se détournent des injonctions capitalistico-idéalistes des gourous algorythmés et fortunés de la Silicon Valley. Face à l’universalisme numérique dans lequel ces derniers ont décidé de baigner tout ce qui désormais nous sera donné à lire, à voir, à entendre, il y en a qui croient encore en Jules Verne, à cette écriture du récit qui mène ailleurs, à cet objet du livre pour transmettre ce qui fait la portée universelle d’une mémoire nourrie de multiplicités d’existences et de témoignages dûment</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2016/08/Manificat.jpg" rel="wp-prettyPhoto[883]"><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-884" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2016/08/Manificat.jpg" alt="Couv-Terre des Vagues.indd" width="270" height="416" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2016/08/Manificat.jpg 270w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2016/08/Manificat-195x300.jpg 195w" sizes="(max-width: 270px) 100vw, 270px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>A l’heure où le vaste champs de l’univers de la «data» est en train de devenir la nouvelle mine d’or de notre existence numérique et consommatrice, chaque fois plus immédiate et à la mémoire éphémère, il y a peut-être un anachronisme de la part d’un auteur et de son éditeur à croire à la mission encyclopédique (modestement) d’un livre. Mais heureusement il y a encore des «fous» sur terre qui se détournent des injonctions capitalistico-idéalistes des gourous algorythmés et fortunés de la Silicon Valley. Face à l’universalisme numérique dans lequel ces derniers ont décidé de baigner tout ce qui désormais nous sera donné à lire, à voir, à entendre, il y en a qui croient encore en Jules Verne, à cette écriture du récit qui mène ailleurs, à cet objet du livre pour transmettre ce qui fait la portée universelle d’une mémoire nourrie de multiplicités d’existences et de témoignages dûment perçus et retenus.</p>
<p>Avant que l’onde d’Internet n’enserre notre monde dans son faisceau fascinant, l’onde océane parcourt le monde depuis la nuit des temps, offrant sur chaque rivage autant de déferlements que d’émerveillements.  Et avant que la Go Pro ne synthétise la vague dans la sublimation d’une vision nous laissant sans voix, mais nous détrônant peu à peu de notre imagination, il y en avait qui arrivaient sur une plage, partout dans le monde, et se mettaient à écrire ce qu’ils voyaient, ce qu’ils vivaient. Ils étaient navigateurs, explorateurs, baroudeurs, missionnaires, écrivains, anthropologues, voyageurs… et par leurs mots, ils décrivaient, en détail, en longueur, en saveur, les vagues qu’ils avaient sous les yeux et les hommes, les indigènes qui les affrontaient, qui s’y glissaient. Autant de récits qui forçaient l’imagination du lecteur, parfois aidée par l’illustration qu’un dessinateur employé par l’éditeur avait pu faire du récit ramené. Et dans tous ces récits, quelle richesse d’histoires, de territoires, de pratiques, de styles… garantissant aux mots la mémoire d’une lecture aussi éclatante qu’éclatée.</p>
<p><i>Terre des vagues</i>, livre de 928 pages parcourant cinq océans, sept continents, 36 îles ou archipels, 50 pays, avec 400 extraits de texte d’auteurs différents, doublés de 250 illustrations, de toute époque, traitant spécifiquement des vagues et des hommes s’y attelant, oui ce livre est un fantastique et incroyable surftrip où, en plus, le lecteur se déplace à la carte, piochant, happant le récit, la destination qui l’attire quel que soit le numéro de la page. Mais derrière ces  James Cook, Jacques Arago, Mark Twain, Guy de La Rigaudie, Pierre Bataillon, Auguste Marceau, La Pérouse, Chateaubriand, Daniel Defoe, Blaise Cendras, Albert Camus, Jean Rouch, Pierre Loti, Alain Gerbault, Emile Souvestre, Marie Darrieussecq, Charles Léclancher… rassemblés en une même terre de papier relié et de vagues narrées, il y a un surfer, lui-même voyageur, navigateur et porté par la plume aussi, Hervé Manificat, qui n’est autre que notre collaborateur à<i> Surfer’s Journal </i>(France) et dont justement la collaboration a été le point de départ d’un tel voyage, d’un tel ouvrage. Yes, on n’est pas peu fier !</p>
<p>«Oui, explique Hervé Manificat, c’est après la publication de mon premier article sur les récits d’explorateurs français ayant été à Hawaii (SJ °95) que j’ai continué à tirer sur le fil de cette recherche passionnante, du coup au-delà d’Hawaii et du Pacifique, mais avec toujours l’idée de textes témoignant de la vague et de la pratique autour, pêche, surf, glisse.» Hervé est un surfer de longue date sur Anglet où il était lycéen, et maintenant il vit de l’autre côté de l’Adour, sur Tarnos, pas loin des bancs de sable. Attiré par les voyages et les océans, il a lui-même goûté à nombre de contrées de tous les continents, pour son travail comme pour surfer. Sa passion pour les récits qu’il a pu assouvir vraiment à partir de 2012 en étant moins affecté par sa fonction professionnelle, il la doit aussi à son lignage familial où marins, explorateurs, anthropologues… se suivent en nombre, développant un «gène» de la curiosité que le surfer a décidé d’attribuer à la vague et à toutes les cultures explorées associées. De son enfance où les murs des maisons étaient bardés de livres, d’objets de voyages et autres masques ethniques ramenés et collectionnés par les aïeuls, il a gardé le goût de l’insolite, la saveur de l’exotisme, le tout enveloppé de cette musique doucereuse du passé que le style d’écriture, propres aux récits détaillés qu’il déniche notamment du 18ème et 19ème siècles, illustre à souhait.</p>
<p>«Pour faire ce travail, précise Manificat, il faut déjà avoir un fonds de livres, et entre la bibliothèque que je me suis constitué et celles de famille, j’ai de quoi m’appuyer. Maintenant il ne faut pas le nier, un outil comme Google Book à partir du moment où on sait comment cherche, donne accès à des textes incroyables. Et beaucoup de ces livres d’explorateurs sont eux-mêmes bien indéxés, ce qui facilite la recherche de passages précis, en l’occurrence ici autour des vagues.  Mais une recherche, c’est aussi la saveur du papier et je vais aussi souvent dans les bibliothèques municipales.» Une saveur qui a poussé Hervé à vouloir d’abord faire un livre et non un site web. En la personne de Jean Le Gall de la maison d’édition Atlantica, il a trouvé un vrai partenaire du projet, celui-ci n’hésitant pas à investir pour les frais d’auteurs cités, tous les textes n’étant pas libres de droit. Avec une couverture habilement designée dans un style d’époque par un autre collectionneur féru de surf et de vagues, Gérard Decoster, le livre <i>Terres des vagues</i> remplit sa mission d’une triple approche des textes trouvés et présentés. «Si les textes sont distribués par territoire dans le livre, trois axes les définissent : anthropologique traitant des peuples “glisseurs”, scientifique autour de la vague proprement dite, et littéraire, cela allant de la prière d’un pêcheur des Samoa au poème de Victor Hugo.»</p>
<p>Voilà donc un ouvrage pour renouer, à l’heure d’Instagram, avec les mots et les images qui font la richesse du passé et l’étonnante diversité de vagues, de glisseurs ayant éclos dans le monde. Le lecteur de <i>Surfer’s Journal </i>y trouvera facilement son plaisir, d’autant qu’il aura là une multitude de courts extraits pouvant aussi capter l’attention de sa progéniture surfeuse, aujourd’hui peu prompte à lire des livres, mais encore capable de s’intéresser à la filiation des choses et au style des mots, surtout quand il s’agit de voyages et vagues…</p>
<p>— Gibus de Soultrait</p>
<p>(Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em>  N°114)</p>
<p><i>Terre des vagues</i>, par Hervé Manificat, 928 pages,<br />
Editions Atlantica, 25 € (voir <a href="http://www.atlantica.fr">www.atlantica.fr</a>)</p>
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		<title>La rencontre de Cook et de Tupaia</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/777-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jun 2016 09:49:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Cook]]></category>
		<category><![CDATA[Polynésiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; Dans un livre collectif, Vivre en mer*, sous la direction d&#8217;Hélène Guiot, ethnoarchéologue, spécialiste de la culture polynésienne, l’article sur la rencontre de Cook et de Tupaia est particulièrement évocateur de la grande culture maritime des anciens Polynésiens.  Ecrit par Anne Di Piazza, archéologue attachée au Cnrs-Credo Aix-Marseille, il révèle aussi la portée de cet événement réunissant deux grands hommes, ayant chacun l’ouverture d’esprit de chercher à se comprendre, malgré la barrière du langage et le fossé culturel. Tupaia est né vers 1725, originaire de l’île de Raiatea. C’est un grand prêtre et surtout un grand navigateur, largement reconnu dans la communauté polynésienne, au moment où le capitaine Cook explore le Pacifique et arrive à Tahiti en 1769, à l’occasion de son premier voyage, à bord de l’Endeavour. Deux ans auparavant le navigateur britannique Samuel Wallis avait déjà accosté à Tahiti et rencontré Tupaia dont la politique a été</p>
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<div id="attachment_778" style="width: 436px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2016/06/10-04-BPG-1574.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[777]"><img aria-describedby="caption-attachment-778" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-778 size-full" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2016/06/10-04-BPG-1574.jpeg" alt="10-04-BPG-1574" width="426" height="640" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2016/06/10-04-BPG-1574.jpeg 426w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2016/06/10-04-BPG-1574-200x300.jpeg 200w" sizes="(max-width: 426px) 100vw, 426px" /></a><p id="caption-attachment-778" class="wp-caption-text"><em>Pirogue hauturière polynésienne comme celle d&rsquo;antan qui permit aux Anciens Polynésiens de s&rsquo;aventurer dans le Pacifique. Photo Tim McKenna</em></p></div>
<p>Dans un livre collectif, <em>Vivre en mer*</em>, sous la direction d&rsquo;Hélène Guiot, ethnoarchéologue, spécialiste de la culture polynésienne, l’article sur la rencontre de Cook et de Tupaia est particulièrement évocateur de la grande culture maritime des anciens Polynésiens.  Ecrit par Anne Di Piazza, archéologue attachée au Cnrs-Credo Aix-Marseille, il révèle aussi la portée de cet événement réunissant deux grands hommes, ayant chacun l’ouverture d’esprit de chercher à se comprendre, malgré la barrière du langage et le fossé culturel.</p>
<p>Tupaia est né vers 1725, originaire de l’île de Raiatea. C’est un grand prêtre et surtout un grand navigateur, largement reconnu dans la communauté polynésienne, au moment où le capitaine Cook explore le Pacifique et arrive à Tahiti en 1769, à l’occasion de son premier voyage, à bord de l’Endeavour. Deux ans auparavant le navigateur britannique Samuel Wallis avait déjà accosté à Tahiti et rencontré Tupaia dont la politique a été d’accepter et de s’ouvrir à cette venue étrangère. Aussi lorsque Cook débarque à son tour à Tahiti avec son équipage de matelots et de scientifiques, en ayant pour mission notamment d’observer le transit de Vénus, Tupaia fait tout pour favoriser l’échange. L’équipage de l’Endeavour est bien accueilli et les savants en charge de notifier le temps que met Vénus pour entrer et sortir du disque solaire, sont épaulés, dans l’installation de l’observatoire et des télescopes, par les Polynésiens. Cette observation du transit de Venus, le 3 juin 1769, a pour but de calculer la longitude (dont la maîtrise n’est pas encore aboutie à cette époque)et aussi la taille du système solaire, notamment la distance entre la terre et le soleil. Tout cela participe, par ailleurs, à préciser le calcul mathématique de la méthode de navigation des Européens, utilisant le sextant et sa mesure angulaire du soleil par rapport à l’horizon.</p>
<p>Après trois mois d’escale à Tahiti, Cook, esprit instruit et perspicace, reprend sa navigation océanique avec pour but de cartographier le Pacifique. Poussé par le naturaliste Joseph Banks, le capitaine britannique prend Tupaia à bord de l’Endeavour afin qu’il l’aide dans sa mission. Cependant l’équipage s’interroge sur les capacités du Polynésien à les guider dans le grand océan, en le voyant embarquer sans rien avec lui.</p>
<p>En effet le savoir maritime polynésien est un savoir mémorisé qui se transmet oralement depuis la nuit des temps. Il consiste en une technique d’observation très pointue des éléments en mer, elle-même s’appuyant sur une expérience, collective et individuelle, et une connaissance de l’océan dont la mémoire est celle des grands navigateurs. Tupaia est de ceux-là et à mesure que l’Endeavour s’éloigne de Tahiti et accoste les différentes îles de la Société, dûment pointées par le Polynésien, Cook et ses hommes sont obligés d’acquiescer devant la supériorité maritime de leur invité à bord.</p>
<p>Comme le précise Anne Di Piazza dans son article : <em>“L’image qui se dégage de Tupaia excède de beaucoup celle de simple compagnon de voyage. Informateur privilégié, il s’emploie à mettre en œuvre son immense savoir maritime, entreprend de guider Cook sur une mer inconnue (pour ce dernier) et élabore une carte sur les îles ‘alentour’. Tupaia a donc en mémoire une représentation précise de la géographie d’un Pacifique d’une taille considérable, dont un grand nombre d’îles est inconnu des Européens.”</em></p>
<p>Tupaia est donc l’homme clef d’un périple qui mène l’Endeavour de Tahiti jusqu’en Nouvelle-Zélande, puis en Australie et jusqu’à Batavia (Djakarta), en Indonésie, où le Polynésien, atteint de scorbut et de paludisme, décède le 20 décembre 1770, comme l’enregistre Cook dans son journal.</p>
<p>Lors de ce voyage, Tupaia a accepté de dessiner une carte des îles du Pacifique, à la demande de Cook. Pour un homme dont les seules instructions graphiques de navigation consistent en des diagrammes tracés sur le sable avec des cailloux pour figure îles et étoiles et qu’il a ainsi mémorisés, reproduire sur du papier une carte du Pacifique n’a pas vraiment de sens. Toujours est-il qu’il en est ressorti un document qui a été conservé dans les archives britanniques et qui est devenu un objet d’études énigmatique et précieux pour comprendre la méthodologie et l’étendue du savoir maritime polynésien.</p>
<p>En effet si l’on compare la carte de Tupaia avec une carte actuelle des îles du Pacifique établie en latitudes et longitudes, les deux documents ne correspondent d’aucune façon. Pour autant Tupaia a pu lister à Cook près de 134 îles, où il savait aller, sans se perdre dans cette immensité océane de 42 millions de km2 et dont la partie insulaire émergée n’est que de 0,85%, soit 294 074 km2.</p>
<p>La forme des nuages, la présence de Frégates, l’orientation et le bruit de la houle sur la coque&#8230; sont autant d’éléments clefs d’interprétation de la navigation polynésienne. Mais à cela s’ajoute surtout une technique de positionnement stellaire où chaque île correspond à un angle du ciel dont l’alignement des étoiles sont autant de repères mouvants permettant de réajuster précisément la navigation en cours. Par cette vision du ciel et de l’océan, les Polynésiens en arrivent à concevoir que c’est non pas l’embarcation qui va vers l’île mais l’île qui vient vers la pirogue. Di Piazza : <em> “L’espace maritime ainsi perçu semble bien un espace à reconstruire, à réévaluer sans cesse à mesure de sa progression. Cette conceptualisation d’un espace marin ‘en mouvement’ est non seulement propre au monde océanien, mais en constitue même le principe premier.”</em> On comprend dès lors la difficulté de Tupaia à dessiner une carte des îles pour Cook.</p>
<p>Néanmoins en croisant la technique des angles stellaires des Polynésiens et celle des points cardinaux, méridien et parallèle des Européens, les chercheurs ont prouvé le caractère hybride de la carte de Tupaia, fruit d’échanges entre Cook et ce dernier. Mais surtout ils y ont répertorié 9 îles à partir desquelles ils ont pu prouver que l’étendue du savoir géographique mémorisé par Tupaia couvrait <em>“près du tiers de la surface du Pacifique (de Tonga, Samoa à l’ouest aux îles Marquises et Tuamotu à l’est).”</em></p>
<p>Dans son article autour de la rencontre entre Cook et Tupaia, Anne Di Piazza veille à se détourner de toute lecture dualiste, pouvant opposer deux savoirs maritimes. Certes Cook n’a pas fait grand cas de Tupaia dans son journal de voyage, et on sait ce qu’il est advenu au 19ème siècle de la civilisation polynésienne face à la suprématie autoproclamée du colonisateur blanc et de sa culture. Pour autant entre Cook et Tupaia, ce sont deux intelligences, deux visions du monde qui s’interpellent mutuellement, sur le terrain concret de la navigation océanique, prouvant en cela à quel point tout savoir est relatif dans sa volonté d’expliquer (de cartographier) la vérité des choses.</p>
<p>—Gibus de Soultrait</p>
<p>Texte paru dans Surfer&rsquo;s Journal 98</p>
<p><em>*Vivre en mer</em>, paru aux PUF de Rennes, suite à l&rsquo;exposition en 2013 à La corderie royale, à Rochefort.</p>
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