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	<title>Art Surf - Surfers Journal</title>
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	<item>
		<title>Rémi Bertoche, livre 4</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/remi-bertoche-livre-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2020 16:00:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[livre`]]></category>
		<category><![CDATA[Rémi Bertoche]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; JUNGLE, fresque en studio. Chaque artiste a sa singularité. Celle de Rémi Bertoche est celle d’une peinture débordante de couleurs, de surface, de productivité, d’énergie et doublée d’une vie tout aussi trépidante et insatiable, jouant à tout instant son va-tout. L&#8217;homme en est à son quatrième livre d’art auto-produit, mais sa vie est déjà un roman que même l’écrivain le plus narratif aurait peine à écrire. De fait, Rémi Bertoche, faut arriver à le suivre ! Pour autant il a deux constances dans la vie: 1) la vague que le surf lui a mis dans la peau et dont l’énergie aussi puissante que volatile, aussi cassante qu’enthousiasmante coule bel et bien désormais dans son sang. 2) la peinture donc dont le coup de pinceau s’avère être aussi proliférant qu’infatigable, aussi relevé que spontané, avec cette aptitude technique de n’avoir crainte d’aucun sujet (même si le surf en est le</p>
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<p><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3965 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/fresque-studio-jungle-final.jpeg" alt="" width="960" height="960" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/fresque-studio-jungle-final.jpeg 960w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/fresque-studio-jungle-final-100x100.jpeg 100w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/fresque-studio-jungle-final-490x490.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/fresque-studio-jungle-final-150x150.jpeg 150w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/fresque-studio-jungle-final-300x300.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/fresque-studio-jungle-final-768x768.jpeg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" />JUNGLE, fresque en studio.</p>
<p>Chaque artiste a sa singularité. Celle de Rémi Bertoche est celle d’une peinture débordante de couleurs, de surface, de productivité, d’énergie et doublée d’une vie tout aussi trépidante et insatiable, jouant à tout instant son va-tout. L&rsquo;homme en est à son quatrième livre d’art auto-produit, mais sa vie est déjà un roman que même l’écrivain le plus narratif aurait peine à écrire. De fait, Rémi Bertoche, faut arriver à le suivre ! Pour autant il a deux constances dans la vie: 1) la vague que le surf lui a mis dans la peau et dont l’énergie aussi puissante que volatile, aussi cassante qu’enthousiasmante coule bel et bien désormais dans son sang. 2) la peinture donc dont le coup de pinceau s’avère être aussi proliférant qu’infatigable, aussi relevé que spontané, avec cette aptitude technique de n’avoir crainte d’aucun sujet (même si le surf en est le thème principal), d’aucune surface (toile ou façade), avec une minutie et une rapidité dans le geste, déconcertantes pour qui le voit à l’œuvre.</p>
<p>Rémi Bertoche est un autodidacte de tout, mais mis à l’océan et à l’art par des parents qui en avaient le goût. Donc Rémi n’a pas appris de métier mais il a fait du surf et de l’art le chemin de sa vie au point d’en devenir un homme de métier. Côté surf il s’est vacciné à la compétition, au monitorat, à l’édition de magazines, à la création de salons professionnels et par ses tournées artistiques auprès des surfshops de France et d’Europe, il en connaît les ficelles du commerce. Côté art il a fait du surf, de la vague, de l’océan l’exploration et l’apprentissage de ses tableaux, mais quand son regard (par commandes comme par plaisir) s’est porté aussi ailleurs (le golf, le polo, la formule 1, les stars…) la floraison de sa production ne s’est pas amoindrie.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Avec son style reconnaissable (mais plus divers et nuancé qu’il n’y paraît), Rémi Bertoche peint tout ce qu’il veut, tout ce que vous voulez. C’est comme ça que le petit surfeur des Landes s’est retrouvé à peindre aux Emirats Arabes, pour le Prince Albert de Monaco et à multiplier des tableaux de stars du cinéma pour les chambres du Carlton à Cannes…</p>
<p>Tout artiste a une dimension égocentrique obligée puisqu’il crée à travers le prisme de sa personne et donc logique qu’il cultive celle-ci pour cultiver son art. Pour autant le culte de soi ne fait pas de toute création de l’art et arrive un moment où une distance s’impose, une confrontation (à soi) indispose et où quelque chose sort de soi qui n’est plus tout à fait soi et par là même d’autant plus propice à répondre à l’autre, à parler à l’autre. Sans doute là la trajectoire de tout artiste porté par son art et que la vie souvent ne ménage pas, par ses hauts et ses bas.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<div id="attachment_3966" style="width: 650px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3966" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3966 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/ridergirl.jpeg" alt="" width="640" height="427" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/ridergirl.jpeg 640w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/ridergirl-490x327.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/ridergirl-300x200.jpeg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><p id="caption-attachment-3966" class="wp-caption-text">RIDER GIRL, peinture à l&rsquo;huile</p></div>
<p>En publiant son quatrième livre, Bertoche nous livre du Bertoche à pleine page, tout en se (nous) délivrant de Bertoche. A l’issue de son troisième volume, compilant les œuvres qu’il avait faites en suivant le tour ASP pour peindre à chaque étape du championnat, l’artiste s’est retrouvé dans la dèche, avec beaucoup de dépenses accumulées et un huissier le menaçant de lui prendre son atelier. Sans parler des affres induits dans sa vie privée familiale. Mais qu’à cela ne tienne, c’est alors qu’il reprend la route avec sa tournée de peinture dans les surfshops. Une tournée qui le requinque et le conduit à d’autres rencontres fortuites, comme celle de mécènes séduits par son talent et son parcours, lui commandant des toiles… et lui ouvrant un autre monde. Un monde plus lucratif, non sans paillettes, mais où l’âme du surfeur ne se méprend pas, se plaisant justement à surfer à souhait et avec humour ces nouvelles vagues de la vie.</p>
<p>Dans ce livre truffé de tableaux qu’un regard attentionné saura trouver aussi exquis les uns que les autres, Rémi Bertoche raconte avec franchise et simplicité les aventures de cette dernière étape de son parcours. Une fois entamée la lecture de la première ligne, on ne le lâche plus. Comme sa peinture qui happe tout, Bertoche avale son lecteur dans son histoire d’artiste rocambolesque, pleine de rebonds, de situations décalées aussi cocasses que colorées… répondant bien à la générosité expressive du personnage. Car si égocentrique semble l’individu, il n’en est pas moins guidé aussi par son rôle dans sa tribu familiale, recomposée et soudée autour d’un enfant porteur d’un handicap. Et comme dans ses tableaux, son énergie vitale, Rémi Bertoche sait la transmettre. Généreux et attachant à sa façon… comme sa peinture, à sa façon éloquente et unique. Comme l’écrit Alain Gardiner dans la préface du livre, “Il y a des artistes et il y a … Rémi Bertoche.” Ce ART Volume 4 de près de 300 pages vaut largement le voyage…  —GS <a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/ridergirl.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[3964]"><br />
</a></p>
<p>Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em> 137</p>
<p>Livre en vente sur</p>
<p><i>www.remibertocheart.com</i></p>
<div id="attachment_3967" style="width: 650px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/Triple-Crown-120x80cm.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[3964]"><img aria-describedby="caption-attachment-3967" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3967 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/Triple-Crown-120x80cm.jpeg" alt="" width="640" height="427" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/Triple-Crown-120x80cm.jpeg 640w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/Triple-Crown-120x80cm-490x327.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/Triple-Crown-120x80cm-300x200.jpeg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></a><p id="caption-attachment-3967" class="wp-caption-text">TRIPLE CROWN, peinture à l&rsquo;huile</p></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Romain Quesada, l&#8217;écoulement du paysage</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/romain-quesada-lecoulement-paysage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Feb 2020 16:12:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[Hot Curl]]></category>
		<category><![CDATA[Romain Quesada]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au premier contact de l’individu, on peut se dire que l’homme est charpenté. Qu’il a même un visage de guerrier, pas tant de ceux qui ont un territoire à défendre, mais plus comme si son faciès avait été sculpté par un terroir. Pourtant Romain Quesada n’est pas un homme du sillon agricole même s’il aime mettre les mains dans la terre… comme dans la mer. Puis soudain, au son discret de sa voix, de ses phrases qui tâtonnent tout en conduisant leurs mots à bon escient d’un fait ou d’une description, sa rugosité s’efface et on se laisse porter par la fluidité qui l’imprègne, le nourrit, le sauve.  L’enfant qu’il a été a grandi dans le paysage du Bassin d’Arcachon, dans celui des plages et des vagues qui bordent cette enclave mouvante, brassée de sable dunaire, de courants impétueux, d’aigrettes blanches, de raies bouclées, si spécifique, si chère au littoral</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3871" style="width: 855px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/ThomasLodin_04627_2.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[3866]"><img aria-describedby="caption-attachment-3871" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3871 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/ThomasLodin_04627_2.jpeg" alt="" width="845" height="1280" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/ThomasLodin_04627_2.jpeg 845w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/ThomasLodin_04627_2-490x742.jpeg 490w" sizes="(max-width: 845px) 100vw, 845px" /></a><p id="caption-attachment-3871" class="wp-caption-text">Avec sa planche “hot curl” sans dérive, modèle hawaïen des années 1930-40, shapée par Josh Martin à l&rsquo;atelier UWL. Photo Thomas Lodin</p></div>
<p>Au premier contact de l’individu, on peut se dire que l’homme est charpenté. Qu’il a même un visage de guerrier, pas tant de ceux qui ont un territoire à défendre, mais plus comme si son faciès avait été sculpté par un terroir. Pourtant Romain Quesada n’est pas un homme du sillon agricole même s’il aime mettre les mains dans la terre… comme dans la mer. Puis soudain, au son discret de sa voix, de ses phrases qui tâtonnent tout en conduisant leurs mots à bon escient d’un fait ou d’une description, sa rugosité s’efface et on se laisse porter par la fluidité qui l’imprègne, le nourrit, le sauve.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>L’enfant qu’il a été a grandi dans le paysage du Bassin d’Arcachon, dans celui des plages et des vagues qui bordent cette enclave mouvante, brassée de sable dunaire, de courants impétueux, d’aigrettes blanches, de raies bouclées, si spécifique, si chère au littoral aquitain. La prégnance du paysage a donc fait le terreau de l’enfance, tout comme le surf a forgé, à l’égal de beaucoup de la côte, l’adolescence. Puis la ville, Bordeaux, est arrivée à grands pas, par le choix du parcours familial engendrant une fin de scolarité entre les murs de la cité. Mais quand on vit à Bordeaux, le Bassin n’est jamais loin… Pourtant la force du paysage, celle qui pousse Romain Quesada à faire des études en ce sens, à étudier cette matière qui fait l’arborescence des branches et la contingence des racines et des rhizomes, va l’installer à Versailles. Et là non pas pour y loger au Château et y décortiquer l’art du «jardin à la française», mais tout à l’inverse, pour y entendre la voix du «jardin en mouvement», émise par un certain Gilles Clément, professeur étonnant à L’école nationale supérieure de paysage de Versailles.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Avec Gilles Clément, l’herbe d’à côté a droit de passage, droit de paysage sans pour autant étouffer de sa broussaille tout l’entourage. Ici la considération va à l’espèce endémique pour mieux dialoguer, jardiner avec elle, sans pour autant la laisser envahir le tableau et la culture à laquelle on procède. La main de l’homme décide de la transformation de l’espace à cultiver, à égrainer, à paysager mais sans éradication (qui plus est chimique) d’aucune sorte, juste des ajustements de semences, de plantes dans et pour une composition qui, de fait, se manifeste toujours en mouvement. La beauté, la productivité d’un paysage n’ont alors pas beaucoup plus de pérennité que celles d’une vague, mais c’est en observant, en butinant que, chaque matin, le jardinier savoure l’océan déferlant de son champs et la floraison qui s’y agence. Retour ici à l’importance des «coquelicots à tout vent» que les pesticides ont réduit aux cartes postales d’antan, mais que des gens comme Clément et Quesada n’ont de cesse de réveiller à nos sens, comme le renouveau de nos bouquets, de nos bosquets de demain. Facile à comprendre: le surfeur qu’est Quesada est, à Versailles, en symbiose avec le paysagiste qu’est Clément. Celui-ci devient un accompagnateur de qualité dans son parcours, au même titre qu&rsquo;Alain Freytet autre paysagiste de renom. Leur vision du mouvement tisse aussi le paysage d’une sincère amitié.</p>
<p>Armé de tous les ingrédients biologiques et esthétiques qui font l’implantation et le déplacement des plantes, et d&rsquo;un master d&rsquo;Urbanisme obtenu à Sciences Po Paris,<span class="Apple-converted-space">  </span>Romain Quesada retourne à Bordeaux. L’implantation et le déplacement des humains vaut aussi son pesant de plantes contemporaines. Dans le paysage notamment océanique, une nouvelle espèce endémique se répand, les déchets. Il y en a qui, tirant la leçon de Clément, les ramassent et en font des sculptures pour alerter. Quesada, lui, leur consacre ses heures perdues pour éduquer, avec une adhésion très active à Surfrider Foundation Europe. Antenne de Bordeaux et travail de sensibilisation dans les écoles. Mission plus spécifique au siège avec un investissement dans l’association qui le conduit à se faire élire au conseil d’admnistration de celle-ci.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Dans la vie professionnelle, le paysagiste sème sa vision dans des projets d’urbanisme. Face à la conquête aveugle du béton, il éveille les élus à la péréquation délicate mais vitale de plans paysagers qui bougent: qui changent le plan. Dans l’assemblée de la cité, parole à la nature au nom d’une conversation, d’une conversion obligée avec ce qui nous attend, en ces temps de besognes climatiques et écologiques. Quesada fait son travail, «à la Clément», de paysagiste impénitent.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Puis un jour sa vie bascule. Le 13 novembre 2015, attablé au restaurant le <i>Petit Cambodge</i>, à Paris, il est blessé. Il n’y pas d’imagination possible à la scène d’attaque que notre paysagiste à l’éloquence de la pudeur. Il faut le vivre pour le croire, cependant Quesada de préciser que, piégé mais toujours éveillé, il sent que le pragmatisme des secours et des autres rescapés le sauvera et qu’alors il doit surtout s’apaiser, se remémorer les belles choses de la vie passée et concentrer toute son énergie, toute son attention à préserver son corps. Un corps en fuite mais dont les flux ne sont pas tous perdus, si perçante put être la balle… Entendre la vie qui ne lâche pas… et reprendre vie.</p>
<div id="attachment_3869" style="width: 1290px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3869" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3869 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/7_Requin-baleine.jpeg" alt="" width="1280" height="896" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/7_Requin-baleine.jpeg 1280w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/7_Requin-baleine-490x343.jpeg 490w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><p id="caption-attachment-3869" class="wp-caption-text"><em>Requin Baleine</em>, 2019</p></div>
<p>Le chemin de la reconstruction est ensuite long. Le corps bien sûr, à opérer, à panser, à rééduquer, à remuscler pour qu’un jour les bras se remettent à ramer et l’homme à surfer. Mais aussi l’esprit dont la confiance en l’humain est forcément atteint. Victime de «l’inhumain», Romain Quesada entame alors un retour vers ses pairs par le «non-humain», non pas en basculant dans l’antispécisme ou en devenant photographe animalier, mais entre les marches sur l&rsquo;Iparla, au Pays basque, et une cure d’océan en allant vivre trois semaines de stage à l’école de voile des Glénans, en Bretagne. Le bateau à barrer au rythme du vent avec la coque qui tangue sous la houle: l’apprentissage de la navigation est rédempteur et l’homme blessé choisit sa compagne, la mer (et ses vagues), et son lieu de vie, la côte basque et son urbanisme à «paysager».(Contre la pression immobilière dans le coin, il a de quoi tenir son bâton de pèlerin, avec des caractéristiques endémiques à veiller.)</p>
<p>Dans le corps qui reprend vie et dans l’esprit qui refait confiance aux humains, notre doux guerrier y va à pas comptés. Deux armes se manifestent en lui: le surf et le dessin. Pour le surf dont il a toute la technique, du thruster au longboard, Romain prend la voie d’un nouvel apprentissage avec une «hot curl» sans dérive. Mis au point à Hawaii dans les années 1930 pour mieux pouvoir aller en travers dans la vague, ce modèle, tout en longueur avec un arrière étroit doté d’un dessous anguleux, était encore utilisé au début des années 1950 par les pionniers de la grosse vague de Makaha… (jusqu’à ce qu’un voyage en Californie leur fasse découvrir les performances établies par la mise au point de la dérive). Bien que sans aileron, la hot curl n’a rien à voir avec du surf finless. L’outline gunny, la carène bombée et le dessous arrière en arête font de la planche un engin de vitesse pour un maximum de distance dans le curl, puis dans la mousse de la vague. Pour arriver à cet exercice qui désormais le comble, à la Côte des Basques comme à Parlementia, Romain est passé par son ami longboardeur Clovis Donizetti qui lui-même connaissait le shapeur Josh Martin (SJ n°133) qui lui-même passait à l’atelier UWL, en Charente-Maritime… Du «jardin en mouvement» pour la rédemption d’un surfeur sur le retour, visant avec cet engin la glisse d’un animal dans le flux des éléments («comme le dauphin dans la vague ou l’oiseau dans le vent»). Opération réussie, quand on voit le visage de notre homme s’illuminer à raconter tant de fluidité lui remonter dans le corps chaque fois qu’il surfe…</p>
<div id="attachment_3868" style="width: 924px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3868" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3868 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/3_Rameur1.jpeg" alt="" width="914" height="1280" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/3_Rameur1.jpeg 914w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/3_Rameur1-490x686.jpeg 490w" sizes="(max-width: 914px) 100vw, 914px" /><p id="caption-attachment-3868" class="wp-caption-text"><em>Le Rameur</em>, 2018, Déferlante, 2018, dessins originaux sur carnet A5, 224 g/m2, reprographies agrandissements tirage limité, sur papier Velin Arche 300 g/m2.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour le dessin, l’ancien étudiant de l’école de Versailles n’est pas non plus en reste de technique. Mais avant que le trait ne retrouve l’aisance de l’élan, c’est un tracé à la mine fine et au détail minutieux qui permet à l’esprit de reprendre son souffle, sa portée. Là encore, il en faudra à Romain des dessins à faire, face à la mer ou sur les crêtes des montagnes, pour arriver enfin à glisser dans le paysage un humain. Et pour l’instant, un requin, une bonite valent mieux à profiler qu’un bipède marchant sur ces deux jambes. Mais l’exercice pictural construit son langage, celui, comme avec la hot curl, de paysages qui s’écoulent dans le cycle de leurs éléments. Comme un acheminement d’énergie, de la montagne à l’océan, si constitutif de la vie.</p>
<p>Au terme de ce parcours dont on entend le silence de tous les questionnements, Romain Quesada finalement s’expose de son plein gré aux humains. Non seulement le charme de son amabilité agit et fait de la convivialité le nœud coulissant de sa relation à l’autre. Mais ses dessins encadrés se retrouvent en plein bar, à l’<i>Artnoa</i>, Biarritz, là où plein d’humains trinquent du vin dans la saveur du soir et des retrouvailles. De la parole en broussaille et du verre en mouvement. Pas de quoi effacer la blessure, mais déjà en faire la ligature de plein de paysages en devenir et d’une vie pleine d’avenir. D’une vie devenue «hot curl». —Gibus de Soultrait</p>
<p>Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em> 135</p>
<p>&nbsp;</p>
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<div id="attachment_3870" style="width: 1290px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3870" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3870 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/9_ThomasLodin_IMG_2931.jpeg" alt="" width="1280" height="830" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/9_ThomasLodin_IMG_2931.jpeg 1280w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/9_ThomasLodin_IMG_2931-490x318.jpeg 490w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><p id="caption-attachment-3870" class="wp-caption-text">Chercher à surtout sentir la glisse d&rsquo;un animal dans le flux des éléments, “comme le dauphin dans la vague ou l&rsquo;oiseau dans le vent”, dit Romain Quesada à propos du choix de ce modèle de planche.  Photo Thomas Lodin</p></div>
<div id="attachment_3867" style="width: 924px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3867" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3867 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/2_Equilibre.jpeg" alt="" width="914" height="1280" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/2_Equilibre.jpeg 914w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/02/2_Equilibre-490x686.jpeg 490w" sizes="(max-width: 914px) 100vw, 914px" /><p id="caption-attachment-3867" class="wp-caption-text"><em>Equilibre</em>, 2019, dessins originaux sur carnet A5, 224 g/m2, reprographies agrandissements tirage limité, sur papier Velin Arche 300 g/m2.</p></div>
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		<title>Bordeaux dans la vague</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/bordeaux-dans-la-vague/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Oct 2019 15:40:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Bordeaux]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Gérard Decoster]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[La déferlante surf]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jusqu’au 5 janvier 2020, La déferlante surf immerge le Musée d’Aquitaine et la ville de Bordeaux dans un océan d’objets, de planches, de photos, de tableaux, révélant puissamment le surf dans sa dimension sociétale, historique, créative, poétique… Inédit et unique. Un message de couleurs qui vivifie la teneur de notre époque grâce à une scénographie pleine d’exotisme. A ne pas manquer, ça vaut le détour. Petite présentation pour vous attirer. De grandes expositions sur le surf, il n’y en a pas eu tant que cela. Citons cependant en France Sur la vague à la Corderie Royale à Rochefort en 2005, La dernière vague à La belle de mai, à Marseille, en 2013. Egalement 50 ans, puis 60 ans de surf à Biarritz en 2007 et 2017. Aussi lorsque huit cent mètres carrés d’exposition temporaire sont consacrés au surf dans le musée le plus emblématique de Bordeaux, lui-même attaché à l’histoire et</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jusqu’au 5 janvier 2020, <i>La déferlante surf</i> immerge le Musée d’Aquitaine et la ville de Bordeaux dans un océan d’objets, de planches, de photos, de tableaux, révélant puissamment le surf dans sa dimension sociétale, historique, créative, poétique… Inédit et unique. Un message de couleurs qui vivifie la teneur de notre époque grâce à une scénographie pleine d’exotisme. A ne pas manquer, ça vaut le détour. Petite présentation pour vous attirer.</p>
<div id="attachment_3442" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3442" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3442 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1237-1024x730.jpeg" alt="" width="600" height="428" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1237-1024x730.jpeg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1237-490x350.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1237-300x214.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1237-768x548.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1237.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-3442" class="wp-caption-text">Une entrée en matière qui vous met dans tube avec la vague de Skeleton en Namibie dans l’œil</p></div>
<p><strong>De grandes expositions sur le surf</strong>, il n’y en a pas eu tant que cela. Citons cependant en France <i>Sur la vague</i> à la Corderie Royale à Rochefort en 2005, <i>La dernière vague</i> à La belle de mai, à Marseille, en 2013. Egalement <i>50 ans</i>, puis <i>60 ans de surf</i> à Biarritz en 2007 et 2017. Aussi lorsque huit cent mètres carrés d’exposition temporaire sont consacrés au surf dans le musée le plus emblématique de Bordeaux, lui-même attaché à l’histoire et aux sciences humaines, non seulement le surf se voit honoré d’un grand espace mais également primé de sa valeur historique et de son impact sociétal.</p>
<p>Au départ de <i>La déferlante surf</i>, la prise de contact du collectionneur Gérard Decoster avec le Musée d’Aquitaine, il y a quelques années. A deux reprises Decoster a présenté sa collection très hétérogène d’objets surf à Biarritz. S’il y voit un matériau notoire pour une exposition à Bordeaux, Paul Matharan, conservateur du musée et commissaire d’expo, réfléchit à l’intégrer dans une scénographie plus large et plus complète. Avec près de deux mille objets surf sous ses bras, Decoster a de quoi montrer le surf par lui-même comme au-delà de lui-même avec ses retombées extérieures. Pour Paul Matharan il s’agit de piocher dans ce trésor pour mieux suivre une trame sociétale que, fin limier de ce qui fait une culture et son incidence, il a toujours à cœur de constituer dans ses expositions. Pour exemple des expositions sur le rugby et le football au Musée d’Aquitaine qui firent dates à Bordeaux. Dans son travail, le conservateur sexagénaire s’imbibe jusqu’à plus soif du thème à exposer afin d’y apposer un regard à même de transporter à son tour le visiteur, grâce à un voyage scénographique chaque fois inédit et singulier.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Alors que pendant les six derniers mois de l’année 2018, une très belle exposition sur le voyage de Jack London dans le Pacifique (voyage qui lui fit découvrir le surf à Hawaii, voir SJ 126) occupe les lieux au Musée d’Aquitaine, décision est prise d’y enchaîner le surf pour 2019. A l’appui de cela, le choix du thème <i>Liberté ! </i>comme élément créateur et unificateur de l’offre culturelle de Bordeaux pour la saison 2019. Que le surf rime historiquement avec liberté, Claire Andries, Directrice générale des affaires culturelles, et Lucas Lopes, Directeur de mission et coordinateur de la saison culturelle, lui-même surfeur, en sont vite convaincus. Donc feu vert accordé à Paul Matharan pour faire déferler le surf au Musée d’Aquitaine.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Outre la collection de Decoster et les pièces anthropologiques océaniennes appartenant au musée, Paul Matharan s’adjoint les services et les objets d’autres férus de mémoire, regroupés autour de l’association Surf Vintage. De collectionneurs de planches à collectionneurs de photos, Matharan étaye peu à peu son contenu, accumulant pour l’exposition plus d’une quarantaine de planches et d’une croustillante iconographie historique constituée notamment de photographies de John Severson, Leroy Grannis, Ron Stoner, Jeff Divine… En partenariat avec le Bishop Museum à Hawaii et le Surfing Heritage and Culture Center à San Clemente, Californie, l’exposition bénéficie d’appuis de référence et d’apports iconographiques emblématiques. Duke Kahanamoku, Tom Blake ont leur vitrine sur la longue table, construite comme un parchemin en bois finissant en forme de vague, traitant de l’histoire. Grâce aussi à Pierre-Bernard Gascogne, co-fondateur de <i>Surf Session</i> dont la collection de planches et de photos résume à souhait le surf du vingtième siècle, le visiteur averti s’émerveille d’une planche creuse de Tom Blake des années 1930, comme d’une photo majeure de Divine de la fin des 60’s, avec David Nuuhiwa et consœurs, les cheveux jusqu’au cou, assis devant des shortboards single fin décorés psychédéliques et avec un narguilé derrière eux. Toute une révolution 60’s en une image, dûment encadrée et placée, pour appeler le regard et rappeler l’histoire.</p>
<div id="attachment_3443" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3443" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3443 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1240-1024x489.jpeg" alt="" width="600" height="287" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1240-1024x489.jpeg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1240-490x234.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1240-300x143.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1240-768x367.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1240.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-3443" class="wp-caption-text">Avant de rentrer dans l’histoire du surf, l’exposition déporte dans les paradis mythiques, celui ici américain/californien avec l’évocation colorée du premier surf boom des 60’s et sa surf musique et ses beach movies. Au centre, l’œuvre de l’artiste contemporain français, Gilles Barbier (voir SJ 123)  Pawn (Tities and beer), résine, vêtements, accessoires peinture à l’huile, 2011, Galerie Vallois, Paris. Personnage ici central, car à partir duquel s’est construit l’imaginaire de cette exposition foisonnante.</p></div>
<p>Le surf est très riche d’histoires, de personnages avec des époques et des individus qui vaudraient en eux-mêmes une exposition. Aussi Paul Matharan, homme du Gers plus habité par une culture du terroir que par une culture océane, s’est mis dans la peau du découvreur observateur, émerveillé et malin, pour construire sa scénographie. Dès lors c’est bien à un parcours dans la culture surf auquel il invite le visiteur, avec comme fil conducteur cette vague du surf qui déferle en convoquant tous ces objets, toutes ces images, tous ces petits films, toutes ces œuvres d’art… autant d’évocations, d’apparence hétéroclite, mais donnant à comprendre à point nommé sans trop en ajouter. A partir de là, les différents espaces de l’exposition ont leur propre atmosphère, leur propre caractéristique &#8211; mythique, historique, sociétal, régional, sportive, artistique, économique – sans qu’un champion, un artiste ou une entreprise soit plus mis en avant, chaque chose participant d’un fondu enchaîné enivrant, regorgeant de détails pour qui veut s’y arrêter. Seul un coin spécifique rend hommage à Jacky Rott, disparu quelques jours avant l’ouverture de l’exposition, premier des <i>Tontons Surfeurs </i>à s’être lancé dans l’aventure du surf en France.</p>
<div id="attachment_3444" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3444" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3444 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1246-1024x559.jpeg" alt="" width="600" height="328" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1246-1024x559.jpeg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1246-490x268.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1246-300x164.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1246-768x419.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1246.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-3444" class="wp-caption-text">Du longboard de Hobie Alter au thruster de Simon Anderson, la collection de planches présentées par l’association de surfeurs collectionneurs, Surf Vintage, vaut son pesant d’or.</p></div>
<p>Ouvrant sur un tube, avec dans l’œil l’interminable vague de Skeleton en Namibie, l’exposition conduit aussitôt après aux paradis mythiques: celui exotique des îles du Pacifique qui fit vibrer les navigateurs blancs d’antan et qui nous reste en image malgré le saccage que les colons en firent, et celui américain/californien dont la surf musique et les beach movies imprègnent encore tous les esprits. Puis après des étapes plus terre à terre et instructives, l’exposition se termine dans un feu d’artifices de couleurs, d’objets d’art et de consommation, le tout surplombé d’un tiki bar (voir photo) assurant le breuvage enchanteur du surf (mais sans barman pour vous servir).<span class="Apple-converted-space">  </span>De quoi sortir d’un pas allègre de cette déferlante, l’esprit ragaillardi par la note mineur d’une pratique sportive millénaire mais dont la symphonie culturelle ne manque pas de haute teneur.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<div id="attachment_3445" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3445" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3445 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1294-1024x698.jpeg" alt="" width="600" height="409" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1294-1024x698.jpeg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1294-490x334.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1294-300x205.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1294-768x524.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1294.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-3445" class="wp-caption-text">Déferlement de production et de création dans la dernière salle, avec ici au premier plan, Frenchsurfite, une réplique faite pour l’expo par Gérard Decoster de la célèbre Surfite de l’illustrateur-designer Ed Roth. A gauche, une installation spécifique de l’artiste Millagou avec ce totem, intitulé Miki, sculpture surfable, mousse et résine, 2018, Galerie Sultana.</p></div>
<p>En appendice final à la déferlante, le visiteur plonge aussi dans une salle noire où une série de grands portraits contrastés, en noir et blanc, de surfeurs avale le regard. Les photos de Stephen Vanfleteren, tirées de son livre <i>Surf Tribe</i>, donne à l’exposition son point d’exclamation, comme si les surfeurs avaient quelque chose d’une espèce à part, ce qu’il ne faudrait cependant pas croire. Le surf et les surfeurs sont là juste pour s’amuser avec la vague et leur culture, leur communauté, si prolifiques et spécifiques soient-elles, n’ont que peu de vanités à exposer: une vague qui déferle est trop éphémère et imprévisible pour être une vérité. Peut-être est-ce la poésie du chemin offert par la scénographie de Paul Matharan, ajoutée du travail superbe de l’équipe de construction du musée: offrir une immersion dans le surf, somme toute improbable. Bravo !</p>
<p>Gibus de Soultrait</p>
<p>Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em> 134<a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/DSCF1237.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[3441]"><br />
</a>Voir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=DgCsRISW25s&amp;t=1s" target="_blank" rel="noopener noreferrer">présentation de l&rsquo;expo</a></p>
<p>La déferlante surf, <i>c’est aussi le catalogue de l’expo avec en images nombre d’objets et photos exposés, et surtout avec pas moins de quarante textes écrits de mains de spécialistes, connaisseurs et universitaires, faisant de cet ouvrage un livre majeur pour quiconque s’intéresse au surf et à sa culture. Nous aurons l’occasion de revenir dessus, en attendant il est disponible sur<span class="Apple-converted-space"> </span></i></p>
<p><a href="http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr"><i>www.musee-aquitaine-bordeaux.fr</i></a></p>
<p><i>Horaires de l’exposition, du mardi au dimanche, 11h-18h, Musée d’Aquitaine, 20 cours Pasteur 33000 Bordeaux, tel:05 56 01 51 00 &#8211; Entrée 5€.<span class="Apple-converted-space"> </span></i></p>
<p><i>Jusqu’au 5 janvier 2020.<span class="Apple-converted-space"> </span></i></p>
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		<title>Les surfeuses plongent dans l&#8217;aquarium</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/surfeuses-plongent-laquarium/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Oct 2019 09:03:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Brest]]></category>
		<category><![CDATA[Brest surf film festivla]]></category>
		<category><![CDATA[BSFF]]></category>
		<category><![CDATA[Doerthe Eickelberg]]></category>
		<category><![CDATA[Festival du fim de surf]]></category>
		<category><![CDATA[Tan]]></category>
		<category><![CDATA[Tim McKenna]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Passage au Brest Surf Film Festival 2018. Au programme une sélection internationale et locale éclectique et raffinée, avec des surfeuses engagées, des interrogations existentielles, beaucoup de réalisatrices et des séances affichant complets, les quatre soirs de suite.  &#160; Tout au bout du continent européen, à la pointe du Finistère, le complexe d’Océanopolis trône. Ce vaste bâtiment blanc, semblable à une soucoupe volante posée devant l’océan Atlantique, est avant tout un immense aquarium, où touristes et locaux viennent admirer requins et pieuvres, étoiles de mer et poissons tropicaux. Et entre les raies d’eau douce perlées et les poissons-clowns, les enfants surexcités et les badauds nonchalants, les parcours fléchés et les panneaux explicatifs colorés, le visiteur peut aussi profiter d’un cinéma. C’est précisément là où, du 8 au 11 mai 2019, plus de mille surfeurs cinéphiles se sont retrouvés pour la troisième édition du Brest Surf Film Festival, créé en 2017 par</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-11.jpg" rel="wp-prettyPhoto[3449]"><br />
</a><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-13.jpg" rel="wp-prettyPhoto[3449]"><br />
</a><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/11_Suthu-Norma-verliebter-Blick-seitlich.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[3449]"><br />
</a>Passage au Brest Surf Film Festival 2018. Au programme une sélection internationale et locale éclectique et raffinée, avec des surfeuses engagées, des interrogations existentielles, beaucoup de réalisatrices et des séances affichant complets, les quatre soirs de suite.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<div id="attachment_3452" style="width: 650px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3452" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3452 size-full" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-13.jpeg" alt="" width="640" height="427" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-13.jpeg 640w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-13-490x327.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-13-300x200.jpeg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><p id="caption-attachment-3452" class="wp-caption-text">Entre cité sous-marine et “spaceship”, l’architecture d’Océanopolis donne au Brest Surf Film Festival une atmopshère de voyage et de confrontation avec l’ailleurs que la sélection des films rend bien. Le tout baigné par un public breton assidu qui apprécie cette rencontre surf proposée tous les ans. PHOTO DE FRANCK BETERMIN/DR BSFF</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Tout au bout du continent européen</strong>, à la pointe du Finistère, le complexe d’Océanopolis trône. Ce vaste bâtiment blanc, semblable à une soucoupe volante posée devant l’océan Atlantique, est avant tout un immense aquarium, où touristes et locaux viennent admirer requins et pieuvres, étoiles de mer et poissons tropicaux. Et entre les raies d’eau douce perlées et les poissons-clowns, les enfants surexcités et les badauds nonchalants, les parcours fléchés et les panneaux explicatifs colorés, le visiteur peut aussi profiter d’un cinéma. C’est précisément là où, du 8 au 11 mai 2019, plus de mille surfeurs cinéphiles se sont retrouvés pour la troisième édition du Brest Surf Film Festival, créé en 2017 par Chloé Batissou, bretonne, journaliste, fille de l’océan et femme des vagues.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Au total vingt-trois projections de courts et long-métrage, racontant des histoires de glisse, transformant la salle obscure du musée maritime en un hublot donnant sur une espèce grandissante de la vie marine, les surfeurs. Focus donc sur les us et coutumes de ces mammifères bien particuliers, inconnus des aquariums classiques. Toute la biodiversité du genre y fut représentée. Celles des eaux froides, par exemple. Parmi les courts métrages, seuls films que le festival met en compétition, <i>North Sea Holes</i> passe ainsi à la loupe deux spécimens du nord-est de l’Angleterre, mordus de vagues glaciales. <i>TAN</i> suit un représentant de type breton, shapeur et surfeur attaché à son Finistère natal. <i>Surf Girls Jamaica</i> raconte deux surfeuses caribéennes dans leur milieu naturel. Chaque film donne à voir ces «animaux» marins interagir avec leurs pairs et leur environnement, ouvrant ainsi une fenêtre sur les évolutions dans le monde de la glisse. Le spectateur chaussant ses lunettes de biologiste pour l’occasion, a pu le constater: les lignes bougent dans le monde du surf.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Chloé Batissou, fer de lance, avec sa petite équipe de bénévoles, de cette aventure brestoise, souligne ainsi: «Cette année, nous avons reçu beaucoup de films racontant des histoires de surf aux dimensions sociétales, dontun grand nombre réalisés par des femmes. Mais ce n’était pas prévu. On sélectionne les films qui nous plaisent, et puis on dessine un thème a posteriori. On est à l’écoute du monde, par le biais du surf». La journaliste de profession, rédactrice en chef durant sept ans de la revue culturelle bretonne <i>ArMen</i>, a aussi un passé comme bénévole au Festival du film court de Brest et à Jazz in Marciac. Autant d’expériences la poussant à lancer son propre festival. En naviguant dans les eaux inconnues des films de surf, elle retrouva les bouées repères du journalisme. Un festival, c’est aussi raconter une histoire. Il faut faire un travail de veille, chercher la pépite, trouver les contacts, et construire une cohérence. Et puis surtout, il faut être à l’écoute du pouls de la société et le donner à voir et à l’entendre. «Le monde bouge et le surf aussi. Nous sélectionnons des films qui reflètent cela, avec des exigences, esthétiques et/ou sociétales», continue Chloé Batissou. Le spectateur-biologiste devant cet hublot éphémère aura pu le constater: beaucoup de femmes devant et derrière la caméra, des récits racontant le surf tout en parlant de la crise israélo-palestinienne, des surfeurs qui s’interrogent sur le sens de la vie. Le jury, presque à parité, fut sensible à cette sélection résolument dans l’air du temps.</p>
<p>Romuald Pliquet, présentateur du festival, ouvre la cérémonie de remise des prix. Casquette vissée sur le crâne, chemise hawaïenne bariolée et jean taille basse, ce surfeur, garde côte de profession et devenu aussi photographe de surf avec Teahupoo dans le viseur, est fidèle à lui-même: détendu. Le Grand Prix est d’ailleurs annoncé sans embarras: «Bon eh bien, c’est l’heure», dit-il en passant le micro à Tim Mc Kenna, le président du jury, grand photographe de par sa taille et sa renommée. Celui-ci s’avance sur le devant de la scène. Le trophée à la main, il précise: «Vu la qualité des films visionnés, nous avons beaucoup hésité, évidemment.»<span class="Apple-converted-space">  </span>Mais la formule ne s’entend presque plus, tant elle est connue des festivals de cinéma. Qu’ils aient lieu à Brest ou à Cannes. Le court-métrage choisi le fut pourtant «à l’unanimité». Le photographe appelle finalement «Alena Erhenbold, pour son film <i>TAN</i>». Sous les applaudissements nourris des quelques trois cents personnes présentes ce soir-là, la réalisatrice suisse &#8211; surfeuse, grande, blonde &#8211; accompagnée du protagoniste de son film, le shapeur Robin Goffinet monte sur scène sous les phares des lumières blanches et franches du succès. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>En lui tendant le trophée, Tim McKenna salue le court-métrage d’Alena. «Ton film a posé des questions universelles. Notamment, que fait-on de notre temps ? On s’y est tous reconnus.»</p>
<p><i>TAN</i>, qui reçoit aussile Prix Littoral France 3,<span class="Apple-converted-space">  </span>raconte la vie de Robin Goffinet, surfeur et shapeur finistérien, tiraillé entre son envie de faire toujours et plus et mieux au travail, et celle de surfer. La caméra le suit dans ses séances de shape, de surf, et ses interrogations sur son rythme de vie. Avec les vastes étendues vertes de Bretagne et les couleurs tropicales de la Guadeloupe en toile de fond &#8211; le shapeur breton a vécu un temps dans cette île antillaise. <i>TAN</i> est d’ailleurs un mot bilingue: en breton, il signifie «feu» et en créole «temps». Le court métrage met ainsi en scène une sorte de confrontation imagée entre le «motto» à tendance sarkozyste «travailler plus pour gagner plus» et celui soixante-huitard consistant à «ne pas perdre sa vie à la gagner». Même si shaper est ici aussi une passion. «Robin porte une attention particulière à son rythme. Il a vécu en Guadeloupe, ça se sent. Mais parfois il ne l’écoute plus. Il se laisse guider, il veut répondre à toutes ses commandes en même temps. Il finit par faire des semaines de quatre-vingt heures. Je crois qu’il faut toujours faire attention: notre temps nous appartient-il toujours ? Le film, c’est aussi un moyen de poser la question à tous les spectateurs», explique Alena Erhenbold , la réalisatrice. En plus du surf élégant de Robin Goffinet et des superbes paysages projetés sur la toile, c’est le message porté par le film qui a séduit le jury.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-large wp-image-3457" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-11-1024x429.jpg" alt="" width="600" height="251" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-11-1024x429.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-11-490x205.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-11-300x126.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-11-768x322.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-11.jpg 1920w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<div id="attachment_3458" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3458" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3458 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-13-1024x429.jpg" alt="" width="600" height="251" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-13-1024x429.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-13-490x205.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-13-300x126.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-13-768x322.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/TAN-2018_Alena-Ehrenbold_all-rights-reserved-by-Verein-Blue-Road-13.jpg 1920w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-3458" class="wp-caption-text">Images tirées du film TAN dont le protagoniste est le surfeur-shapeur Robin Goffinet, venu vivre ses passions en Bretagne. DR TAN &#8211; CAMERA YOHANN STRULLU</p></div>
<p>L’équation surf et travail n’est pas toujours simple à résoudre, même (voire surtout) pour un shapeur. Le court métrage de la réalisatrice suisse nous met au cœur du sujet. «Je n’invente rien, je montre ce que je vois», disait Robert Altman, grand réalisateur devant l’éternel. Dans le cas d’Alena, on pourrait ajouter, «je montre ce que je vis». Car cette question du rythme de vie est celle qui a précisément guidée la Suisse dans son propre cheminement. D’abord professeur d’économie pendant dix ans, Alena suivait les rails traditionnels d’une vie tenue pour réussie: CDI sécurisant, métier valorisé socialement, salaire confortable. Mais à 32 ans, le train-train quotidien déraille. Alena enleva ses lunettes de prof et enfila sa combi. Sous les yeux médusés de ses proches, elle devint free surfeuse et réalisatrice. Un changement radical, pour une femme qui n’a commencé à surfer qu’à 21 ans, originaire d’un pays où les banques font plus de vagues que les plans d’eau. Mais elle progresse vite, et elle persévère. «Au départ c’était vraiment difficile. J’ai dû reprendre les cours d’économie à un moment parce que je n’avais plus de quoi manger !» De soupe de nouilles en gratin de pâtes, Alena conquiert sa liberté. Depuis, elle vit de ses passions, entre les shootings, les compètes, et la réalisation de films. Après un premier long métrage <i>Blue Road</i> en 2018, trois fois primés dans des festivals internationaux, la voilà donc de retour sur la toile avec <i>TAN</i>. Les deux films, quel que soit le décor,<span class="Apple-converted-space">  </span>interroge la place d’une passion dans une vie. Une question savamment mise en image, confrontant le festivalier-biologiste à un comportement régulièrement observé chez les surfeurs.</p>
<p>L’aquarium d’Océonopolis a accueilli aussi, pour l’occasion, des spécimens rares. Des surfeuses venues d’Inde ou d’Afrique du Sud, d’Angleterre ou d’Hawaii, et même de la bande de Gaza. Car le long métrage hors compétition <i>Chicks on Boards</i>, réalisée par Dörthe Eickelberg nous fait découvrir ces femmes courageuses, surfant en milieu hostile. Et pas seulement à cause de vagues dangereuses: dans beaucoup de pays, la place des femmes est cantonnée à la cuisine. Passer des casseroles aux vagues relèvent parfois d’un héroïsme peu relaté. Chloé Batissou, «Ce film a été un coup de cœur. J’étais vraiment heureuse que Dörthe puisse nous rejoindre à ce festival. Elle a été pleinement présente pendant son séjour à Brest. Elle vit les choses avec passion. Et c’est ça aussi qui fait la magie d’un festival». Projeté en clôture du festival, <i>Chicks on boards</i> – présenté l’hiver dernier en plusieurs épisode sur Arte – a donné à voir le monde à travers ses vagues… et ses barbelés.</p>
<p>Lorsque Dörthe descend les marches de l’auditorium pour venir parler de son film, après la remise des prix, c’est d’un pas assuré. Cheveux orange coupés au carré et pantalon vert, yeux rieurs et accent germanique, la réalisatrice, présentatrice de <i>Xenius</i> sur Arte, membre du jury, et surfeuse incarne le message de son film. Les femmes ont leur place, sur scène et au line-up. Elle répond, après la projection, aux nombreuses questions du public en ponctuant une phrase sur deux par un grand éclat de rire. En commençant, d’abord, par expliquer le pourquoi du film. «J’aurais pu faire, simplement, un film sur les femmes discriminées dans le monde. Mais là elle surfent ! Donc je sais que les surfeurs vont voir le film. C’est un moyen de faire passer un message à cette communauté-là, aussi». Le titre en vaut pour preuve: «C’est un piège ! Quand on dit <i>Chicks on Boards</i>, on imagine des bimbos écervelées sur des planches [Chicks signifie poulette, en anglais, ndlr]. Alors que dans mon film, la poulette la plus cool, c’est une surfeuse anglaise de 72 ans. J’appâte le chaland avec ces mots-là.» Pour elle qui a découvert le surf sur le tard, à la faveur d’une émission d’Arte sur les vagues, il était évident que surf rimait avec liberté. Mais pour de nombreuses surfeuses, cette liberté-là n’est pas facile d’accès. Pour son film, elle a choisi cinq personnages qui doivent franchir de nombreux obstacles pour aller glisser: une surfeuse noire et lesbienne en Afrique du Sud, une surfeuse de gros à Hawaii, une jeune Indienne qui vise les championnats du monde, une passionnée anglaise qu’on verrait plus jouer au bridge qu’onduler sur les crêtes, et une jeune gazaouie pour qui une planche permet un échappatoire à une situation politique étouffante.</p>
<div id="attachment_3454" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3454" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3454 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/11_Suthu-Norma-verliebter-Blick-seitlich-1024x576.jpeg" alt="" width="600" height="338" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/11_Suthu-Norma-verliebter-Blick-seitlich-1024x576.jpeg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/11_Suthu-Norma-verliebter-Blick-seitlich-490x276.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/11_Suthu-Norma-verliebter-Blick-seitlich-300x169.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/11_Suthu-Norma-verliebter-Blick-seitlich-768x432.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/11_Suthu-Norma-verliebter-Blick-seitlich.jpeg 1920w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-3454" class="wp-caption-text">Une des surfeuses rencontrées par Dörthe pour son film, Suthu (T-shirt blanc), sud-africaine qui doit non seulement s’affirmer en tant que femme et surfeuse mais aussi affronter les forts préjugés face à son homosexualité. Ici dans un moment rare d’affection en public, avec sa compagne.</p></div>
<p>«Les règles ne sont pas waterproofs», constate la réalisatrice. Pendant le tournage, plus elle s’approchait de l’océan, plus ses protagonistes s’ouvraient. Comme lorsqu’elle tourne en Afrique du Sud. Suthu, l’héroïne, est surfeuse et lesbienne. Une orientation sexuelle qui pourrait faire d’elle la cible d’un crime haineux. Pourtant on voit dans le film Suthu prendre la main de sa dulcinée. «Mais cela arrivait seulement lorsqu’elles étaient proche de l’océan. Jamais au village», précise Dörthe. Idem pour Sabah, l’unique surfeuse de Gaza. Dörthe décrit l’endroit comme «une prison, dans une prison, dans une prison». Et à l’intérieur de ces poupées russes répressives, il y a une planche de surf, vaisseau émancipateur pour jeune fille en fleur. Sabah apparaît d’une timidité maladive sur terre, sans doute impressionnée par l’équipe de tournage, pourtant relativement légère, avec les deux cameramen et le preneur de son, et le regard de sa famille. A l’eau, «c’était une boule d’énergie. Elle avait un sourire de petite fille». Comme si elle avait effectivement traversée une frontière, libérée du joug invraisemblable qui pèse sur cette mince bande de terre.</p>
<p>Si le surf raconte la liberté, comment raconter le surf ?<span class="Apple-converted-space">  </span>D’abord, il faut convaincre les producteurs. Quand Dörthe propose son film à Arte, elle doit se frotter au scepticisme de ses collègues: «Du surf ? Vraiment ? Mais Arte c’est une chaîne culturelle !». Elle a donc dû faire preuve de pédagogie. Oui, il y a une culture surf. Et oui, le surf, ça parle de société, aussi. Une fois ce premier obstacle passé, il a fallu trouver les protagonistes. «Je les ai surtout rencontrées dans l’eau, en fait». Sauf pour Gwyn Haslock, la pionnière du surf anglais, qui va toujours dans les vagues passée 72 ans. Là, une simple recherche Google a suffi. «J’ai tapé “surfeuse européenne la plus âgée”». Et voilà ! «La rencontre a vraiment été heureuse.» Dans la salle obscure d’Océanopolis, les séquences avec Gwyn Haslock ont mis la salle en rires et admiration. Sa manière d’enfiler son casque, en lançant un regard entendu à la caméra, et de dire «c’est pas toi, c’est les autres» fait mouche. Ou cette manie de se balader sans jamais se séparer de son carnet détaillant les horaires des marées. Ou encore son sourire béat quand elle chevauche la houle. Gwyn a été une féministe avant l’heure, tout comme Marie-Christine Delanne, première championne de France et pionnière du surf féminin, qui, pour le film, fait le voyage pour rencontrer la surfeuse anglaise.</p>
<p>Mais si se rendre en Angleterre — pas encore brexitée – pour filmer a eu pour Dörthe tout d’un jeu d’enfant, d’autres situations lui ont donné du fil à retordre. Gaza, par exemple. Il a fallu pouvoir rentrer dans le pays. «On a dû demander la permission aux deux côtés de la frontières, aux Israéliens et au Hamas.» Après une longue fouille de leurs valises, l’équipe pensait pouvoir souffler. Que nenni. Dörthe Eickelberg raconte. «Les fixeurs m’ont demandé de les suivre. Je me suis retrouvée dans une petite pièce, entourée de deux hommes en chemise blanche. Ils ont pris mon passeport. Ils ont passé de longs moments à parler sans que je ne comprenne quoi que ce soit.Quand ils m’ont libéré, finalement, j’ai demandé aux fixeurs : qui sont ces gens ? “Oh, t’inquiète”, m’ont-ils répondu, “ce sont les services secrets du Hamas”.» Dörthe éclate de rire.</p>
<div id="attachment_3450" style="width: 650px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3450" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3450 size-full" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffestival_photoBetermin.jpeg" alt="" width="640" height="427" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffestival_photoBetermin.jpeg 640w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffestival_photoBetermin-490x327.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffestival_photoBetermin-300x200.jpeg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><p id="caption-attachment-3450" class="wp-caption-text">Dörthe Eickelberg avec le public du festival.</p></div>
<p>Sous les applaudissements du public, la réalisatrice allemande conclut cette troisième édition du Brest Surf Film Festival. Après la projection, lorsque jury, spectateurs et réalisateurs se retrouvent autour d’une bière, de nombreuses femmes viennent la voir pour la féliciter, et parfois pour la remercier de ce film qui les a convaincues de se jeter à l’eau. Entre surf au féminin et affirmation de la liberté de glisser, le festival de Brest pourrait aussi bien être un catalyseur du changement, et non pas seulement un vivifiant observatoire de la vie des surfeurs. Pourvu que l’on continue de voir sur les écrans, les vagues qui portent avec elles, liberté et parité.</p>
<p>Manon Meyer-Hilfiger</p>
<p>Paru dans le <em>Surfer&rsquo;s journal</em> 133</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_3451" style="width: 650px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-10.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[3449]"><img aria-describedby="caption-attachment-3451" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3451 size-full" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-10.jpeg" alt="" width="640" height="427" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-10.jpeg 640w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-10-490x327.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-10-300x200.jpeg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></a><p id="caption-attachment-3451" class="wp-caption-text">Quand la photographie interpelle. Exposition de photos du président du jury, le grand photgraphe Tim McKenna, du lors BSFF.</p></div>
<p><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffestival_photoBetermin.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[3449]"><br />
</a> <a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/10/Brestsurffilmfestival_photoBetermin-13.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[3449]"><br />
</a>Retrouvez la troisième édition du festival sur www.brestsurffilmfestival.bzh</p>
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		<title>Nathalie Pitel, sculpter la vague, surfer l&#8217;accident</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/nathalie-pitel-sculpter-vague-surfer-laccident/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 May 2018 08:34:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[Nathalie Pitel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a une puissance de la vague. Il y a une puissance des sculptures de Nathalie Pitel, elle-même forgée jusqu’à la fin de son adolescence par la puissance du paysage de la presqu’île de Crozon. Là où elle a surfé tout ce temps avant de partir faire les Beaux-Arts à Quimper et devenir, à 32 ans, sculptrice en pleine expression de son art. «Pas d’acquis sans perte. Si inventer la substance, c’est indirectement inventer l’accident, plus l’invention est puissante, performante, et plus l’accident est dramatique.» La citation, reprise presque comme un mantra par l’artiste, est de Paul Virilio, urbaniste philosophe, penseur majeur du vingtième siècle par sa réflexion sur la vitesse et son rôle prescripteur dans le progrès moderne. Une vitesse, pour Virilio, qui fatalement se retourne à un moment ou à un autre en accident. La vitesse comme substance d’inventions incessantes du siècle précédent, dont les accidents (des</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/06/Nathalie-Pitel.jpg" rel="wp-prettyPhoto[2407]"><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-large wp-image-2408" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/06/Nathalie-Pitel-1024x768.jpg" alt="" width="600" height="450" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/06/Nathalie-Pitel-1024x768.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/06/Nathalie-Pitel-scaled-490x368.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/06/Nathalie-Pitel-300x225.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/06/Nathalie-Pitel-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p>Il y a une puissance de la vague. Il y a une puissance des sculptures de Nathalie Pitel, elle-même forgée jusqu’à la fin de son adolescence par la puissance du paysage de la presqu’île de Crozon. Là où elle a surfé tout ce temps avant de partir faire les Beaux-Arts à Quimper et devenir, à 32 ans, sculptrice en pleine expression de son art.</p>
<p>«Pas d’acquis sans perte. Si inventer la substance, c’est indirectement inventer l’accident, plus l’invention est puissante, performante, et plus l’accident est dramatique.» La citation, reprise presque comme un mantra par l’artiste, est de Paul Virilio, urbaniste philosophe, penseur majeur du vingtième siècle par sa réflexion sur la vitesse et son rôle prescripteur dans le progrès moderne. Une vitesse, pour Virilio, qui fatalement se retourne à un moment ou à un autre en accident. La vitesse comme substance d’inventions incessantes du siècle précédent, dont les accidents (des guerres aux catastrophes) n’ont pas manqué. Et dans ses derniers livres, Virilio de nous prédire, dans un emballement peut-être un peu trop christique, l’Accident, comme ultime conséquence de notre accélération technologique permanente. On a changé de siècle sans apocalypse. La vitesse nous a cependant transfigurés dans un monde où la substance immédiate de tout nous accidente à chaque instant, smartphone faisant. Mais il y a aussi des accidents moins virtuels, avec la réalité du choc de la vitesse. Ce qui est arrivé à Nathalie Pitel.</p>
<p>Sortie de route en années de fac, le corps fracassé dans la carcasse. Heureusement au final, juste la séquelle de douleurs au dos, mais surtout une rage de reprendre au métal la violence infligée, par le travail d’œuvres esthétisées et vengeresses.</p>
<p>L’artiste, nourrie de haute lecture depuis son bac philo, s’est lancée d’abord dans la sculpture d’un bestiaire, mêlant quadrupèdes et prothèses, ossements ou cornes encastrés de métal aussi effilé que poli, le tout parfois enchaussé d’une voiture ou de pneus tirés de la casse, histoire de planter l’imposante installation dans le décor. Et ça fait corps ! Ici les mots sont sans égal face au choc qu’on a sous les yeux. Moment de crainte instinctive comme face un monde de noirceur inhumaine, mais aussi de beauté vivifiante face à l’éclat brutal des formes et des matériaux. Et parfois, l’exposition terminée, cet alliage déconstructeur de métal, de béton, de goudron, de résine part à la décharge, l’art réfletant plus la vision de notre extinction que de sa commercialisation. Louable et honnête alerte, à la vitesse à laquelle se commercialisent, s’éteignent les choses.</p>
<p>Puis arrive la vague ! L’accident enchanteur, celui qui nous a fait rencontré Nathalie Pitel, celui qui l’a remise à l’eau. Celui dont elle surfe aussi la forme avec son chalumeau et ses fils d’acier. «En sculptant ces vagues, je vis le geste de souder comme un geste de surf.»</p>
<p>Après diverses expositions, un peu expiatoires, résultant de résidences d’artiste ou d’ateliers en commun, cette fille de marin pêcheur a donc choisi présentement la vague pour avancer dans sa quête esthétique. Disparaissant aussi vite qu’elle apparaît, la vague est principalement un accident sans drame, offrant à l’artiste une substance de renouvellement permanent. Preuve que la vengeance mortifère du foutu accident a fait son temps. Du moins c’est ce qu’on se dit quand on l’entend vouloir sculpter pour «donner de la beauté». Belle exigence, sacré travail…</p>
<p>—Gibus de Soultrait</p>
<p>Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal 125</em></p>
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		<title>Etudes et enchantements sociologiques</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/etudes-enchantements-sociologiques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Apr 2018 08:59:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[enchantement]]></category>
		<category><![CDATA[Ludovic Falaix]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.surfersjournal.fr/?p=2323</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le surf et les surfeurs comme objet d’études scientifiques ! Qui l’aurait cru ? Du moins parmi ceux d’antan qui enjambèrent, par monts et par vaux, un mode de vie happé par la vague. Et pourtant l’intérêt des sciences sociales pour le surf n’est pas nouveau. Depuis plus d’une vingtaine d’années, des sociologues, des anthropologues dans nombre d’universités dans le monde ont posé leurs outils conceptuels de décryptage et d’analyse d’une communauté humaine, sur le phénomène surf irriguant la société moderne à sa façon, tant par ses vagabonds rêveurs toujours en cavale sur des crêtes échevelées que par ses organisateurs et autres entrepreneurs au pragmatisme sportif et commercial. Des beachbums aux JO en passant par quelques milliards, c’est vrai que ça peut faire un marqueur de notre société. En France, des ouvrages universitaires, collectifs ou individuels (Jean-Pierre Augustin, Alain Loret, Hervé Guibert, Anne-Sophie Sayeux, Taha Al Azzawi…) ont défriché le phénomène surf</p>
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<p>Le surf et les surfeurs comme objet d’études scientifiques ! Qui l’aurait cru ? Du moins parmi ceux d’antan qui enjambèrent, par monts et par vaux, un mode de vie happé par la vague. Et pourtant l’intérêt des sciences sociales pour le surf n’est pas nouveau. Depuis plus d’une vingtaine d’années, des sociologues, des anthropologues dans nombre d’universités dans le monde ont posé leurs outils conceptuels de décryptage et d’analyse d’une communauté humaine, sur le phénomène surf irriguant la société moderne à sa façon, tant par ses vagabonds rêveurs toujours en cavale sur des crêtes échevelées que par ses organisateurs et autres entrepreneurs au pragmatisme sportif et commercial. Des beachbums aux JO en passant par quelques milliards, c’est vrai que ça peut faire un marqueur de notre société.</p>
<p>En France, des ouvrages universitaires, collectifs ou individuels (Jean-Pierre Augustin, Alain Loret, Hervé Guibert, Anne-Sophie Sayeux, Taha Al Azzawi…) ont défriché le phénomène surf et glisse, par des thèses aussi détaillées que diversifiées, écrites souvent dans la littérature spécifique de leur discipline et s’appuyant sur des courants de pensées référents, mais non moins antagonistes parfois. Ainsi s’est constitué une base sérieuse de réflexion sur le surf, permettant un éclairage à la décision politique (régionale, municipale) et la poursuite d’autres travaux par de nouveaux universitaires ou jeunes thésards. Une richesse intellectuelle qui passe sans doute largement au-dessus de la tête du commun des surfeurs, mais qui vaut son pesant d’or dans l‘évolution de la construction des choses en société, surtout quand il s’agit très sérieusement de faire valoir l’importance de la « puissance d’enchantement » qu’est le surf, dans une société moderne quelque peu nécrosée dans son devenir, entre ses délires technologiques commerciaux et ses angoisses communautaires sécuritaires.</p>
<p>Ludovic Falaix est arrivé à la sociologie par le surf, entendez par là que cet enfant de Saint Jean de Luz et habitué de Lafiténia dans les années 1980, est passé par le parcours du véritable surfeur, trouvant sens à son existence par le choix de la vague. Un parcours qui le conduisit aussi à côtoyer Surfrider Foundation Europe et à mener une maîtrise sur la gouvernance environnementale. Aujourd’hui maître de conférence à l’Université Clermont Auvergne et membre de laboratoires de recherches français et européen, Ludovic Falaix est le directeur d’un livre collectif, au titre évocateur, <i>Surf à contre courant, une odyssée scientifique</i>. Un livre de belle facture, composé de contributions sociologiques riches et variées sur «le surf comme expression d’un rapport au monde», sur «les esthétismes du surf» et en dernière partie, «le surf dans l’espace public». Auteur lui-même de différents textes de ce livre, Ludovic Falaix défend un positionnement qualitatif de son travail sociologique autour du surf.</p>
<p>«La plupart des auteurs de ce livre sont des scientifiques, surfeurs comme moi-même, précise Falaix. L’“anamnèse” en sociologie, c’est partir de son expérience de l’objet d’étude, ici le surf, et mener dessus un travail de distanciation tout en l’entendant de l’intérieur. Il s’ensuit une sociologie dite qualitative, un courant de pensée établi dans la discipline, où c’est le terrain qui fait l’hypothèse, avec une approche du sensible qui recouvre une géographie de l’intime tout à fait parlante, même si elle reste une vérité partielle.» Aussi les travaux relatés dans ce livre s’écartent des habituelles études quantitatives, tout comme des grilles de stratification sociale qui font habituellement l’analyse sociologique d’un objet d’études. Cela non pas pour dénigrer une telle approche, mais pour faire valoir un tissage sociétal tout aussi effectif et influent, fait de quête de sens individuel comme de reconnaissance d’un groupe autour d’une activité commune valorisante.</p>
<p>Aussi l’axe de travail de Falaix et ses collègues se détournent du fait surfique étudié le plus souvent dans son expansion socio-économique faisant la marque d’une territorialité, dit autrement le surf comme secteur d’activités et enjeu de croissance. A contrepied le sociologue illustre un autre enjeu du surf, celui de son expression propre, au titre alors d’autres valeurs d’existence imprimant le territoire. Ainsi non pas tant ce qu’un territoire et la société tirent du surf suivant le moule habituel qui les constitue, ni ce que le surf en reproduit, mais ce que le surf infuse, influe au sein de ceux-ci par ce qu’il est intimement, ontologiquement pour ses acteurs, au-delà donc du repérage classique des codes d’existence, de consommation et de pratique.</p>
<p>Ce qu’est le surf pour un surfeur, ce n’est pas ici qu’on va vous le dire ! Mais que ce qu’il dégage et insuffle via ce qu’il est pour ses acteurs, soit observé, étudié comme un fait d’importance notoire dans une évolution sociétale actuelle, est sans aucun doute un regard sociologique original et une considération certaine des énergumènes que nous sommes.</p>
<p>«Le surf réinvente les mœurs et les coutumes balnéaires», écrit Falaix dans son introduction. «Les surfeurs modifient et transforment les représentations à l’égard des usages des espaces maritimes. Ils bouleversent les dimensions sportives, culturelles, politiques des organisations sociales spatiales.» Et il interroge: «La question de l’altérité établie dans le cadre des pratiques des surfeurs ne pourrait-elle pas être appréhendée à l’aune de la complexification des manières dont les individus habitent le monde afin d’y élaborer des conditions de vie sociales, politiques, culturelles, esthétiques, qu’ils considèrent comme épanouissantes ?» Et si effectivement le surf m’habite, m’épanouit par son expérience de la frustration et de la réjouissance, par celle de l’humilité et de l’engagement, par sa nécessité d’adaptation, d’acceptation, de contemplation comme d’action, par la persévérance qu’il implique et la chance qu’il occasionne… et, au final, par une expérience qui me rend un tantinet cool, ne suis-je pas à mon tour un habitant du monde habilité à transformer celui-ci bienheureusement ? Oui dit Falaix avec ce merveilleux intertitre de son introduction, «L’habitabilité des surfeurs comme réenchantement du monde». (Et pourtant qu’est-ce qu’on peut être con à l’eau parfois, mais heureusement une vague passe, fait le ménage et ça ne dure pas. C’est cela qu’on retient, qu’on apprend.)</p>
<p>Face à l’hypermodernité connectée, enjolivée de discours vendeurs, Falaix glisse le surf dans une «transmodernité» qui fait jour et où l’écologie vaut, elle, plus qu’un discours, n’étant pas plus à vendre qu’à acheter, mais tout simplement à vivre… par nécessité. Par la sensation corporelle qu’il procure, par l’écoute naturelle qu’il suscite et l’éveil existentiel, intellectuel, culturel qu’il permet, par l’enjeu écologique qu’il anime, le surf agit «comme une épiphanie des dynamiques sociales, comme un marqueur emblématique d’une société en transition.» He oui, les ami(e)s, si notre vie est de prendre des vagues, notre heure est désormais de changer le monde… !! Il y a 40-50 ans cela avait été l’allégresse et l’utopie de notre contre-culture. Il se pourrait bien que maintenant ce soit la richesse et la destination de notre «odyssée». Falaix et ses collègues scientifiques n’ont pas peur de nous le dire. Ils font du bien. Et si on les prenait au sérieux… ! Merci Ludovic…</p>
<p>Gibus de Soultrait</p>
<p>Texte paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em> n°125</p>
<p><b><i>Surf à contre-courant, une odyssée scientifique</i></b><i>, sous la direction de Ludovic Falaix, 380 pages, </i></p>
<p><i>Editions Maison des Sciences de l’Homme </i><i>d’Aquitaine (www.msha.fr), 25 €</i></p>
<p><i>Avec les contributions de David Le Breton (préface), Ludovic Falaix, Jérôme Lafargue, Jérémy Lemarié, Florian Lebreton, Guillaume Mariani, Francis Distinguin, Jean Corneloup, Aurélien Descamps, Claire Grellier, Fatia Terfous, Marina Honta, Julien Weisbein, Jean-Christophe Lapouble, Jon Anderson (postface)</i></p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="alignleft wp-image-2325 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/04/couverture-livre-falaix-726x1024.jpg" alt="" width="726" height="1024" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/04/couverture-livre-falaix-726x1024.jpg 726w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/04/couverture-livre-falaix-490x691.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/04/couverture-livre-falaix-213x300.jpg 213w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/04/couverture-livre-falaix-768x1083.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/04/couverture-livre-falaix.jpg 1476w" sizes="(max-width: 726px) 100vw, 726px" /></p>
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		<title>L&#8217;artiste Gilles Barbier</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/lartiste-gilles-barbier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jan 2018 14:42:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[Anglet]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Barbier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Découvrir l’exposition de Gilles Barbier World Wide Wave à la Villa Beatrix-Enea à Anglet, c’est se prendre en pleine figure une vague d’exotisme à la fois surréaliste, humoristique et cosmique. Des slaps, des requins, des vagues, des glisseurs élevés au rang d’un territoire insulaire imaginaire pourvu de flèches stridentes pour frapper notre monde ordinaire. L’artiste contemporain dans tout son rôle d’impertinent, d’impénitent, d’exigeant. L’acronyme WWW de World Wide Wave n’est pas sans rappeler celui du World Wide Web dont la modernité a fait désormais notre ficelage quotidien. Accro à l’onde du web déferlant sur nos écrans, on en oublierait ce qui fait la spécificité de celle océanique qui déferle sur nos côtes. Débarquant à Anglet, ville de surf, Barbier s’est dit que ce serait bien de nous désemmailloter du web et donc de nous rappeler à la vague. De nous ramener à sa vague dont l’univers insulaire parle vrai à</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Découvrir l’exposition de Gilles Barbier <i>World Wide Wave</i> à la Villa Beatrix-Enea à Anglet, c’est se prendre en pleine figure une vague d’exotisme à la fois surréaliste, humoristique et cosmique. Des slaps, des requins, des vagues, des glisseurs élevés au rang d’un territoire insulaire imaginaire pourvu de flèches stridentes pour frapper notre monde ordinaire. L’artiste contemporain dans tout son rôle d’impertinent, d’impénitent, d’exigeant. L’acronyme WWW de <i>World Wide Wave</i> n’est pas sans rappeler celui du World Wide Web dont la modernité a fait désormais notre ficelage quotidien. Accro à l’onde du web déferlant sur nos écrans, on en oublierait ce qui fait la spécificité de celle océanique qui déferle sur nos côtes. Débarquant à Anglet, ville de surf, Barbier s’est dit que ce serait bien de nous désemmailloter du web et donc de nous rappeler à la vague. De nous ramener à sa vague dont l’univers insulaire parle vrai à tout surfeur.</p>
<p>Gilles Barbier, la cinquantaine, au pédigrée artistique plutôt illustre avec des expositions notoires qui commencent en 1995, est natif de l’île de Vanuatu dans le Pacifique. Il a grandi sur l’archipel mélanésien jusqu’à l’âge de 20 ans, se construisant son imaginaire à coups de culture indigène mixée de conventions blanches, le tout brassé par des rêves à la Jules Verne, comme celui d’imaginer rejoindre la France dans un tunnel traversant la terre. Il faut dire qu’entre la densité de la forêt terrestre et le bouillonnement animal des eaux océaniques, le jeune garçon n’avait que l’étroit littoral pour divaguer. Non surfeur, il débarqua à Marseille aux Beaux-Arts avec tout le matériau insulaire exotique d’un gars revenant d’un surf trip extatique. Sauf que du palmier, de la vague, de la tong, du requin, du dauphin, Barbier n’en a pas fait du prêt à porter sur papier glacé pour surfeur en rêves, mais bel et bien les éléments d’une œuvre dont les premières réalisations esthétiques, déconnantes et dégommantes datent du début des années 2000.</p>
<div id="attachment_2164" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-2164" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-2164 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/01/IMG_5879-650x1024.jpeg" alt="" width="600" height="945" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/01/IMG_5879-650x1024.jpeg 650w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/01/IMG_5879-490x772.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/01/IMG_5879-190x300.jpeg 190w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/01/IMG_5879-768x1211.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2018/01/IMG_5879.jpeg 812w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-2164" class="wp-caption-text">L’esprit de la glisse, 2006, technique mixte, 195X136X170 cm, collection Carré d’Art de Nîme, exposition World Wide Wave, 2017-2018, Beatrix-Enea, Anglet.</p></div>
<p>Richard Leydier, critique d’art et collaborateur de <i>Surfer’s Journal</i> (voir SJ 121), dit de cet homme tombé de son île, «Chez Barbier, la science apparaît toujours gangrenée par l’absurde et l’humour. Son œuvre est structurellement innervée par une forme de “rationalisme irrationnel” qui fonde sa double appartenance, on aurait envie de dire “sa double nationalité antipodique”: il a bien un pied en Europe parmi les sages alignements d’architectures, et l’autre à Vanuatu, dans les forêts impénétrables.»</p>
<p>Le propre d’un véritable créateur, comme le rappelle le philosophe Gilles Deleuze, c’est de répondre à «une nécessité, sinon il n’y a rien du tout.» En tant qu’artiste obligé de son monde, Barbier n’est cependant pas très loquace pour répondre aux questions qu’on lui pose. Mais quand, dans un texte de 2010, il raconte la nécessaire mythologie de son «monde en forme de Tong», son écriture vaut celle d’un Homère, transformant le requin des mers du sud en une origine du monde qu’un pauvre Ulysse à la Tong croquée et devenu unijambiste ne cesse de transformer, créateur résilient et aventureux qu’il est devenu… De quoi vraiment se convaincre à porter des Tong, véritable pierre philosophale selon Barbier pour s’accommoder, disons, des requins de la vie.</p>
<p>C’est alors qu’au vernissage une femme s’adresse à lui calmement, lui demandant s’il avait œuvré en pensant aux accidents récents de requins à l’île de La Réunion. Et Barbier de poliment de décliner tout rapprochement. Mais l’interlocutrice est à son tour, à la vue de l’exposition qu’elle dit avoir appréciée, mue par une véritable nécessité de parler. Barbier est happé dans une autre conversation. La femme s’adresse à nous et sa parole se déverse sans animosité mais en un flux glaçant, encore enveloppé que nous sommes des visions aquatiques comiques de Barbier. Mère d’un garçon de 27 ans, celui-ci a perdu la totalité de sa jambe, mordu par un requin à La Réunion…</p>
<p>L’art est toujours la conjonction de quelque chose. C’est ce qui le rend nécessaire… Comme pour nous rappeler que quelque part nous sommes tributaires. <i>World Wide Wave</i>, où comment un artiste nous ramène effectivement à la vie sauvage.</p>
<p>—Gibus de Soultrait</p>
<p><i>World Wide Wave, exposition<br />
(gratuite) de Gilles Barbier jusqu’au 8 février 2018 à la Villa Beatrix-Enea, 2 rue Albert-le-Bariller, 64600 Anglet – Tel 05 59 58 35 60 – Catalogue de l’expo, 10 €.</i></p>
<p>Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em> 123</p>
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		<item>
		<title>Jazz on the nose (et dans les oreilles)</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/jazz-on-the-nose-oreilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Sep 2017 10:06:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Jazz]]></category>
		<category><![CDATA[Sam Bleakley]]></category>
		<category><![CDATA[Step'n Soul]]></category>
		<category><![CDATA[Toma Jablon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; Ce petit film de Toma Jablon, Step&#8217;n Soul, largement primé il y a quelques années dans les festivals, est un “blue note” du surf. Jablon l&#8217;a finalement téléchargé sur internet pour le montrer à tous. On se plait ici à le mettre dans nos colonnes et à le partager. L&#8217;association jazz et surf, et plus particulièrement le longboard, n&#8217;est pas nouvelle. Déjà dans les 60&#8217;s, certains films de surf s&#8217;affranchissait de la lancinante “surf music”, pour aller chercher dans le jazz des notes plus rythmées, plus soufflées s&#8217;alliant à la glisse et aux pas du longboard. Egalement Joël Tudor a été mis en scène sur du jazz.. Mais Ici Toma Jablon est allé plus loin dans la démarche, en mettant le morceau de jazz de Wynton Marsalis dans les oreilles du surfeur anglais Sam Bleakley pendant qu&#8217;il surfait. Tout comme lui-même sur le rivage au moment de filmer. Et l&#8217;effort</p>
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<p><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/09/Toma-jablon-Jazz.jpg" rel="wp-prettyPhoto[1607]"><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-large wp-image-1608" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/09/Toma-jablon-Jazz-720x1024.jpg" alt="" width="600" height="853" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/09/Toma-jablon-Jazz-720x1024.jpg 720w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/09/Toma-jablon-Jazz-490x697.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/09/Toma-jablon-Jazz-211x300.jpg 211w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/09/Toma-jablon-Jazz-768x1093.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/09/Toma-jablon-Jazz.jpg 1164w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a>Ce petit film de Toma Jablon, <em>Step&rsquo;n Soul</em>, largement primé il y a quelques années dans les festivals, est un “blue note” du surf. Jablon l&rsquo;a finalement téléchargé sur internet pour le montrer à tous. On se plait ici à le mettre dans nos colonnes et à le partager. L&rsquo;association jazz et surf, et plus particulièrement le longboard, n&rsquo;est pas nouvelle. Déjà dans les 60&rsquo;s, certains films de surf s&rsquo;affranchissait de la lancinante “surf music”, pour aller chercher dans le jazz des notes plus rythmées, plus soufflées s&rsquo;alliant à la glisse et aux pas du longboard. Egalement Joël Tudor a été mis en scène sur du jazz..</p>
<p>Mais Ici Toma Jablon est allé plus loin dans la démarche, en mettant le morceau de jazz de Wynton Marsalis dans les oreilles du surfeur anglais Sam Bleakley pendant qu&rsquo;il surfait. Tout comme lui-même sur le rivage au moment de filmer. Et l&rsquo;effort de synchronisation voulait que l&rsquo;un et l&rsquo;autre lancent le morceau au moment chacun rentrait en action, Sam démarrant la vague, Toma appuyant sur “on” de camera.</p>
<p>Tout le film ne repose pas sur cette synchronisation, mais cela illustre la volonté de la démarche. Les autres prise de vues, aquatiques notamment, nous montrent Bleakey (qui ressemble étrangement au trompettiste Chet Baker !) surfant en battant le rythme du morceau qu&rsquo;il entend. Et on se met soi-même à battre le rythme, voire à surfer. Pour faire son film, Jablon est allé cherché une vague des îles du Pacifique, dont le déroulé est bien attirant&#8230;</p>
<p>Joli film qui passe à travers le temps, comme le jazz. Et c&rsquo;est pour cela qu&rsquo;on l&rsquo;a mis ici, avec Surfer&rsquo;s Journal&#8230; où il y a quelques fan de jazz.</p>
<blockquote data-secret="TpDnaV4chC" class="wp-embedded-content"><p><a href="http://jablon.tv/project/step-n-soul/">Step N&#8217; Soul</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted" src="http://jablon.tv/project/step-n-soul/embed/#?secret=TpDnaV4chC" data-secret="TpDnaV4chC" width="600" height="338" title="&#8220;Step N&#8217; Soul&#8221; &#8212; " frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>L’artiste Liu Bolin disparaît dans les déchets</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/lartiste-liu-bolin-disparait-dechets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Aug 2017 18:13:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[Liu Bolin Surfrider Foundation Europe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.surfersjournal.fr/?p=1599</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’événement a été exceptionnel. L’artiste contemporain chinois Liu Bolin, mondialement connu pour ses œuvres de dissimulation dans le paysage, est venu spécialement avec son équipe dans les locaux de Surfrider Foundation Europe, à Biarritz, en juin dernier, pour réaliser deux performances artistiques sur fond de déchets. Artiste engagé, Liu Bolin, motivé par le travail de SFE, a décidé de cette action pour sensibiliser le plus grand nombre à la problématique des déchets plastiques. Aujourd’hui les différentes gyres de plastique tournoyant sur des kilomètres carrés dans les différents océans représentent ce qu’on appelle désormais le «septième continent». La densité de microplastique y est parfois plus importante que celle du plancton. La prise de conscience commence à se faire. Malheureusement la demande de plastique ne cesse d’augmenter, pratiquement deux fois plus vite que PIB mondial. En 2016, la production d’éthylène servant à celle du plastique a été de 147 millions de tonnes.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Marine-Litter-02.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[1599]"><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-1601" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Marine-Litter-02.jpeg" alt="" width="567" height="426" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Marine-Litter-02.jpeg 567w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Marine-Litter-02-490x368.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Marine-Litter-02-300x225.jpeg 300w" sizes="(max-width: 567px) 100vw, 567px" /></a>L’événement a été exceptionnel. L’artiste contemporain chinois Liu Bolin, mondialement connu pour ses œuvres de dissimulation dans le paysage, est venu spécialement avec son équipe dans les locaux de Surfrider Foundation Europe, à Biarritz, en juin dernier, pour réaliser deux performances artistiques sur fond de déchets. Artiste engagé, Liu Bolin, motivé par le travail de SFE, a décidé de cette action pour sensibiliser le plus grand nombre à la problématique des déchets plastiques.</p>
<p>Aujourd’hui les différentes gyres de plastique tournoyant sur des kilomètres carrés dans les différents océans représentent ce qu’on appelle désormais le «septième continent». La densité de microplastique y est parfois plus importante que celle du plancton. La prise de conscience commence à se faire. Malheureusement la demande de plastique ne cesse d’augmenter, pratiquement deux fois plus vite que PIB mondial. En 2016, la production d’éthylène servant à celle du plastique a été de 147 millions de tonnes. Il en faudrait 186 millions de tonnes en 2023 selon les prévisions. Forte de l’extraction massive et rentable de gaz de schiste en Amérique du nord, l’industrie pétrochimique américaine va investir 186 milliards de dollars pour de nouveaux sites de production.</p>
<p>Entre la destruction colossale de l’environnement liée à l’extraction des sables bitumeux, notamment au Canada, et la pollution océane et terrestre de plus en plus dramatique, inhérente aux déchets plastiques, une telle production a quelque chose d’effarant, la chaîne de recyclage n’étant pas à la hauteur. Bonne chose, les sacs plastiques disparaissent peu à peu de la consommation. Sortir du pétrole à cause des méfaits du co2 et du plastique ne passera que par une baisse de la demande… Les prévisions de l’industrie du pétrole ne sont pas des vérités en soi… A bon entendeur, l’action au quotidien à de quoi peser,  si on ne veut pas disparaître, comme Bolin, sous nos déchets !</p>
<p>Paru dans<em> Surfer&rsquo;s Journal</em> 121</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-1600 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170612_135349_HDR-576x1024.jpeg" alt="" width="576" height="1024" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170612_135349_HDR-576x1024.jpeg 576w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170612_135349_HDR-490x871.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170612_135349_HDR-169x300.jpeg 169w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/20170612_135349_HDR.jpeg 720w" sizes="(max-width: 576px) 100vw, 576px" /></p>
<p>L&rsquo;artiste Liu Bolin dans les locaux deSurfrider/DR Surfrider Foundation Europe</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Hawaii, “à l&#8217;ancienne” par Bernard Testemale</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/hawaii-a-lancienne-bernard-testemale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Aug 2017 10:26:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Art Surf]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Testemale]]></category>
		<category><![CDATA[Collodion]]></category>
		<category><![CDATA[Hawaii]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-être que cela lui rappelle la période (années 1980) où il était fabricant à Hendaye de dérives de windsurf, où il manipulait les produits, où il plongeait les mains dans la matière. Toujours est-il qu’après plus de 25 ans de carrière professionnelle comme photographe de surf, Bernard Testemale, plus que reconnu dans le métier, passé comme ses collègues, de la subtilité du diaphragme d’ouverture combinée à la qualité des optiques avec la pellicule argentique, à la course au meilleur capteur numérique faisant l’ivresse incessante de la colorométrie pixelisée d’aujourd’hui, hé bien après tant d’expérience photographique, notre sexagénaire a décidé de revenir à l’origine de la photographie avec des prises de vues comme en 1850. La photo au collodion, il n’est pas le premier, ni le seul (voir SJ n°111), mais à tout le moins Bernard Testemale y a mis toute sa passion depuis six ans. Et il s’est donné les moyens</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1542" style="width: 827px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemal-2.jpg" rel="wp-prettyPhoto[1540]"><img aria-describedby="caption-attachment-1542" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-1542 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemal-2-817x1024.jpg" alt="" width="817" height="1024" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemal-2-817x1024.jpg 817w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemal-2-490x614.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemal-2-239x300.jpg 239w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemal-2-768x963.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemal-2.jpg 1674w" sizes="(max-width: 817px) 100vw, 817px" /></a><p id="caption-attachment-1542" class="wp-caption-text">Titus Kinimaka.</p></div>
<p>Peut-être que cela lui rappelle la période (années 1980) où il était fabricant à Hendaye de dérives de windsurf, où il manipulait les produits, où il plongeait les mains dans la matière. Toujours est-il qu’après plus de 25 ans de carrière professionnelle comme photographe de surf, Bernard Testemale, plus que reconnu dans le métier, passé comme ses collègues, de la subtilité du diaphragme d’ouverture combinée à la qualité des optiques avec la pellicule argentique, à la course au meilleur capteur numérique faisant l’ivresse incessante de la colorométrie pixelisée d’aujourd’hui, hé bien après tant d’expérience photographique, notre sexagénaire a décidé de revenir à l’origine de la photographie avec des prises de vues comme en 1850.</p>
<p>La photo au collodion, il n’est pas le premier, ni le seul (voir SJ n°111), mais à tout le moins Bernard Testemale y a mis toute sa passion depuis six ans. Et il s’est donné les moyens de convaincre de la beauté et de l’intérêt du procédé pour trouver Quiksilver comme mécène d’une exposition et d’un livre inédits et puissants sur les surfers de l’Eddie Aikau. Une galerie de portraits où la noirceur du trait fait corps avec des individus enracinés dans l’histoire originelle du surf. Tout comme cette photographie au collodion a pu témoigner au XIXème siècle des Indiens rencontrés en Amérique du Nord, elle redonne ici sa fierté à des Hawaiiens et autres watermen pour qui les grosses vagues sont plus qu’un salut.</p>
<p>«Je cherchais un autre rendu photographique, explique Testemale, et j’ai découvert la photographie au collodion qui m’a passionné. J’ai trouvé le matériel en bataillant notamment pour avoir des optiques de l’époque, des objectifs qui ont 150 ans. J’ai fait un stage de quatre jours pour bien connaître le procédé. On doit sensibiliser la plaque de métal avec des produits chimiques avant la prise de vue, puis on la développe sur place aussitôt avec d’autres, et il faut faire attention, être délicat, d’autant que ces produits ne sont pas faciles à trouver.</p>
<p>«Le projet était donc de faire le portrait des surfers invités à l’Eddie Aikau, lors de l’hiver 2014-15. Je suis resté trois mois pour m’atteler à ces photographies. Ce ne fut pas simple à organiser, car en plus d’avoir les surfers disponibles au bon endroit avec la bonne lumière, il a fallu que j’achète les produits au Nouveau-Mexique et que je les fasse venir en envoi spécial par Fedex à Hawaii. Après ce qui fut sympa, c’est que tous les surfers ont bien joué le jeu. C’est vrai que la prise de vue qui est lente crée un moment de partage indéniable.»</p>
<p>A l’arrivée près d’une cinquantaine de portraits saisis avec son appareil qu’il nomme Soul Trapper, auxquels s’ajoutent quelques photos de lieux qui ont fait l’objet d’une magnifique exposition à Paris, puis récemment à San Sebastian. Exposition qui, bien sûr, a eu entre temps son accueil enthousiaste à Hawaii, Bernard Testemale donnant un sacré relief à l’héritage dont tous ces surfers se sentent aussi un peu garants.</p>
<p>—Gibus de Soultrait</p>
<p>Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em>, n°117</p>
<p><i>Le livre The Big Wave Riders of Hawaii, avec un texte en anglais de Jamie Brisick est disponible dans les magasins Quiksilver ou Quilsilver.fr. Sinon via  www.bernardtestemale.com et contact brainshots@wanadoo.fr</i></p>
<p>Exposition jusqu&rsquo;au 12 août à la Galerie de Helder Supply Co, 15 Bvd Général De Gaulle, 64200 Biarritz</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-1545" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-4.jpeg" alt="" width="1280" height="756" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-4.jpeg 1280w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-4-490x289.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-4-300x177.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-4-768x454.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-4-1024x605.jpeg 1024w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /></p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-1544" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemale-3.jpeg" alt="" width="1280" height="744" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemale-3.jpeg 1280w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemale-3-490x285.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemale-3-300x174.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemale-3-768x446.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/Testemale-3-1024x595.jpeg 1024w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-1543" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-1.jpeg" alt="" width="1280" height="760" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-1.jpeg 1280w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-1-490x291.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-1-300x178.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-1-768x456.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2017/08/testemale-1-1024x608.jpeg 1024w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
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