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	<title>Divers - Surfers Journal</title>
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		<title>La bataille de Teahupo&#8217;o ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Oct 2023 08:53:28 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><strong>Avec la tour des juges en question, se joue à Teahupo&rsquo;o une bataille entre deux cultures: celle qui a inventé le surf et celle qui a inventé les JO. En jeu la pérennité d&rsquo;un écosystème et sa vague, d&rsquo;un côté, et la portée d&rsquo;un éternelle message de paix, de l&rsquo;autre.</strong></p>
<p class="Paragraphestandard">Le monde connaît actuellement une telle activation des tensions et des guerres que ce qui se passe à Teahupo’o peut sembler dérisoire. Pourtant l’enjeu et la symbolique sont forts. Teahupo’o est la vague, à Tahiti, qui a été retenue pour l’épreuve de surf des Jeux Olympiques Paris de 2024 (programmée entre le 27 et 30 juillet 2024), mais s’y joue aujourd’hui une contestation écologique locale légitime, de nature à entacher le message olympique de la France, « un message d’espoir et de paix » comme le veut la tradition olympique. L’enjeu: le projet disproportionné de la construction en métal d’une tour des juges et son installation destructrice du récif corallien, alors qu’il en existe déjà une, démontable et entretenue, en bois, et tout-à-fait effective, prouvant sa durabilité depuis plus de vingt ans qu’elle sert chaque année à l’étape du championnat du monde professionnel de surf.</p>
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<p class="Paragraphestandard">Le choix de la vague de Teahupo’o par le Comité Olympique a été une décision audacieuse et respectable, créant un inédit avec une épreuve sportive à l’autre bout du globe par rapport au centre névralgique parisien des JO, tout en honorant le peuple polynésien d’avoir inventé le surf il y a plus de mille ans.</p>
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<p class="Paragraphestandard">La vague de Teahupo’o, surfée depuis une trentaine d’années, est une vague exceptionnelle par sa puissance et la qualité de son déferlement tubulaire, sur un récif corallien à quelque cinq-cents mètres du rivage. Une vague unique parmi celles qui sont les plus belles vagues du monde pour le surf. Quelle que soit sa taille, d’un mètre à plus de six mètres, elle présente une perfection de déferlement illustrant toute la beauté et la puissance dont l’océan est capable et que les surfeurs et les surfeuses de haut niveau défient avec un respect et une considération de tous les instants. Plus que jamais à Teahupo’o, «la vague est reine», comme disent les Polynésiens. Le surf y est, plus que n’importe où ailleurs, l’expression de l’audace et de l’humilité, qualités premières d’une relation mutuelle, engagée et respectueuse, des humains avec la nature. Nul doute que le choix de Teahupo’o pour une couronne olympique peut se revêtir aussi de ce message à la fois sportif et écologique, par ailleurs en connexion avec ce que notre époque moderne affronte comme défis environnementaux majeurs.</p>
<div id="attachment_7819" style="width: 256px" class="wp-caption alignright"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8004.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img aria-describedby="caption-attachment-7819" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-7819 size-medium" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8004-246x300.jpg" alt="" width="246" height="300" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8004-246x300.jpg 246w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8004-490x598.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8004.jpg 750w" sizes="(max-width: 246px) 100vw, 246px" /></a><p id="caption-attachment-7819" class="wp-caption-text">La vague de Teahupo&rsquo;o. Photo Instagram Romuald Pliquet</p></div>
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<p class="Paragraphestandard">A Tahiti, le village de Teahupo’o se situe sur la presqu’île, région de moindre habitation et de belle préservation environnementale, notamment par le maintien d’un mode de vie traditionnel polynésien. Particulièrement à Teahupo’o, la communauté villageoise, vivant surtout de la pêche, de l’agriculture, a réussi à contenir l’effet touristique de la notoriété de la vague, en ne changeant quasiment rien de ce qui fait la simplicité rudimentaire de la localité. Et pour preuve, lorsque chaque année la caravane du championnat pro mondial débarque, c’est à chacun, surfeurs, juges, médias, de trouver son lit chez l’habitant. A ce titre, la crainte locale de voir le village se transformer par la nécessité de construction d’infrastructures d’accueil pour la compétition olympique a été entendue avec la solution négociée d’un navire ancré temporairement, logeant la majeure partie de l’afflux de population inhérent aux JO.</p>
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<p class="Paragraphestandard">Mais quid de la tour des juges et pourquoi cette récente forte contestation locale, marquée par une manifestation sur place, dimanche 15 octobre 2023, réunissant surfeurs, pêcheurs, habitants de Teahupo’o et associations environnementales locales, dans un cortège calme de cinq-cents personnes ? En réalité, s’ils savaient qu’une nouvelle tour était en projet, les habitants de Teahupo’o, n’ont découvert les plans de celle-ci que tout récemment, en septembre, cette construction provisoire démontable de moins de 2400 m<sup>2</sup> n’étant pas soumise à une étude d’impact ni à une enquête d’utilité publique. Pour autant cette tour métallique de trois étages, choisie pour répondre au cahier des charges, notamment de sécurité, des JO, engendre une inévitable destruction du récif, même si elle doit être installée en place de l’actuelle. Compte tenu du poids de la structure, cette tour, d’une architecture assez ostentatoire par rapport au paysage de la presqu’île, nécessite une embase de douze pylônes creusés dans le corail à quatre mètres de profondeurs, avec chacun trois à six pieux adjacents pour les renforcer. Autre véritable atteinte au fragile corail et à son active et vitale biodiversité, l’installation de huit-cents mètres de canalisations d’évacuation et de câbles numériques et électriques, reliant la tour au rivage, pour les besoins sanitaires et médiatiques. Le tout pour loger une quarantaine de personnes, les juges représentant le tiers, pour donc quatre jours de compétition et au coût conséquent établi à 527 millions de francs CFP (4,4 millions d’euros).</p>
<div id="attachment_7817" style="width: 610px" class="wp-caption alignright"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7808.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img aria-describedby="caption-attachment-7817" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-7817 size-large" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7808-1024x831.jpg" alt="" width="600" height="487" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7808-1024x831.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7808-300x243.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7808-768x623.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7808-1536x1246.jpg 1536w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7808-2048x1661.jpg 2048w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7808-490x397.jpg 490w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a><p id="caption-attachment-7817" class="wp-caption-text">La tour métallique, déjà construite (sans consultation des la population locale), des JO, mais pas installée.</p></div>
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<p class="Paragraphestandard">En comparaison, l’utilisation de la tour en bois actuelle, d’une capacité de vingt personnes n’engendre aucun dommage corallien, les plots étant depuis longtemps intégrés à la vie du récif. La solidité de cette installation a déjà été mise à l’épreuve par des grosses houles de taille historique. Comme le soutiennent les surfeurs et les habitants du lieu ainsi que l’association environnementale Vai ara o Teahupo’o (Vaot), cette solution est par ailleurs aménageable avec des options annexes, répondant à la demande olympique de confort et de médiatisation. Pour qui suit l’épreuve annuelle de championnat du monde, la qualité de la retransmission internationale en direct est déjà d’une qualité exemplaire. Au final, l’utilité de la construction d’une nouvelle tour ne concernerait que la présence et le confort d’une vingtaine de personnes (les juges internationaux de surf ayant l’habitude d’opérer partout de façon simple et efficace), dont on peut réellement questionner l’intérêt général.</p>
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<p class="Paragraphestandard"><i>A contrario</i> la destruction pour cela d’un écosystème vivrier de première importance et la prise de risque que de tels travaux n’empiètent à plus ou moins long terme sur la qualité du déferlement unique de la vague de Teahupo’o, invitent à retenir la modestie, la prudence et le bon sens invoqués par la population villageoise, plus que quiconque connaisseuse de ce terrain de pêche et de surf. Et ce n’est pas pour rien que cette contestation est portée par un enfant du village, Matahi Drollet, devenu aujourd’hui le maestro incontesté de la vague de Teahupo’o, admiré mondialement pour son talent par la communauté sportive du surf et dont la vidéo contre la tour métallique a obtenu en quelques jours plus de 7,6 millions de vue sur le réseau Instagram, engendrant un large soutien de partout dans le monde, pétition montante à l’appui.</p>
<div id="attachment_7818" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8001.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img aria-describedby="caption-attachment-7818" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-7818 size-medium" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8001-300x293.jpg" alt="" width="300" height="293" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8001-300x293.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8001-490x478.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8001.jpg 750w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><p id="caption-attachment-7818" class="wp-caption-text">Tour en bois utilisée jusqu&rsquo;à présent pour le championnat du monde, mais ne répondant pas aux critères de sécurité et plus des JO.</p></div>
<div id="attachment_7816" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8003.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img aria-describedby="caption-attachment-7816" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-7816 size-medium" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8003-300x296.jpg" alt="" width="300" height="296" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8003-300x296.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8003-490x484.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8003-100x100.jpg 100w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_8003.jpg 750w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a><p id="caption-attachment-7816" class="wp-caption-text">Photos Instagram Tim McKenna</p></div>
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<p class="Paragraphestandard">Le propos de Drollet n’est en aucun cas celui d’un jusqu’au-boutiste, mais tout simplement celui d’un surfeur polynésien qui vit l’océan comme « une enveloppe de lui-même », à l’exemple de ses ancêtres qui, les premiers, se sont aventurés dans l’immensité océane du Pacifique. Une exploration migratoire qui a permis à ce peuple de développer une technologie maritime employant jusqu’à seize bois différents dans la construction de leurs embarcations multicoques, tout comme une technique de navigation sans instruments, s’appuyant sur la seule observation et interprétation des éléments marins en présence sous leurs yeux, et les menant à bon port. Une telle lecture immergée dans l’atmosphère océane portait ces marins polynésiens à « voir l’île venir à eux » et ainsi y installer leur communauté. Et c’est ce savoir oral océanique, millénaire et extraordinaire, que le capitaine Cook et son équipage purent entrevoir avec la rencontre à Tahiti d’un grand navigateur polynésien nommé Tupaia, personnage emblématique que notre histoire occidentale n’a pas retenu, privilégiant les cartes établies par Cook. Pourtant, la science le vérifie aujourd’hui, Tupaia arrivait à se situer, sans rien d’autre que sa connaissance et perception le liant aux éléments, sur un tiers du Pacifique, dont la superficie est de 166 millions de km<sup>2</sup>, les îles représentant moins de 1%. En comparaison, tout modernes que nous sommes, on est désormais incapables de se situer et de faire un pas sans notre GPS…</p>
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<p class="Paragraphestandard">Dès lors comprendre que l’océan peut être une enveloppe de soi comme le vit Matahi Drollet avec le récif et la vague de Teahupo’o, et que cela l’oblige à contester une installation digne d’une « Tour Eiffel » au milieu d’un lagon tropical, doit nous inviter à bien considérer l’enjeu profond de cette bataille, opposant deux cultures, mais devant aboutir à la considération première de celle qui fait la primauté et la beauté du lieu.</p>
<div id="attachment_7820" style="width: 342px" class="wp-caption alignright"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7838.png" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img aria-describedby="caption-attachment-7820" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-7820" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7838-169x300.png" alt="" width="332" height="591" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7838-169x300.png 169w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7838-576x1024.png 576w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7838-490x872.png 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/IMG_7838.png 750w" sizes="(max-width: 332px) 100vw, 332px" /></a><p id="caption-attachment-7820" class="wp-caption-text">Les surfeurs de Teahupo&rsquo;o avec le unu qu&rsquo;ils vont accrocher au récif&#8230;</p></div>
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<p class="Paragraphestandard">Le dimanche 15 septembre, lors la marche de contestation, Matahi Drollet et ses compagnons de vagues portaient sur leurs épaules un <i>unu</i>, longue pièce de bois, ornée de gravures, spécialement créée pour la circonstance et maintenant la tradition d’une relation avec les cieux. A l’issue de la manifestation le groupe de surfeurs est allé avec le <i>unu</i> jusqu’à «leur» vague qui brisait. Puis ils l’ont lâché dans le déferlement pour le récupérer dans l’écume, en bordure du récif. Dans le tumulte des eaux agitées du lagon, ils ont plongé pour accrocher le <i>unu</i> en lieu et place d’un des plots utilisés pour la tour en bois. Loin d’être un défi aux autorités qui imposeraient la tour en métal, ce geste de tradition est avant tout l’expression d’une entente avec l’océan, d’un appel en sa confiance pour que tout se déroule bien, comme la vague ce jour-là, belle et tubulaire. Un geste qui pourrait se traduire en notre langage rationnel comme un appel au pragmatisme face à ce qui apparaît comme une dépense et une construction inutiles.</p>
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<p class="Paragraphestandard">Dans cette confrontation culturelle mettant le message humaniste et écologique des Jeux Olympiques Paris 2024 en jeu, on se plaît pour notre part à entendre et à citer ici Victor Hugo, figure totémique de ce que la France a comme créativité, humanité, universalité… Dans une allocution à des marins, Victor Hugo dit ceci : « Prouvons que le chaos est navigable », terminant son propos avec cette phrase sublime (pour un surfeur), « Une vague qui pense, c’est l’âme humaine. »</p>
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<p class="Paragraphestandard">Devant ce qui s’échauffe comme « la bataille de Teahupo’o », aux dégâts présumables non seulement d’un site naturel unique, mais aussi au sein d’une communauté insulaire amenée inévitablement à se quereller à coups d’arguments plus ou moins liés aux positions en jeu des uns et des autres, sans parler des éclats internationaux d’une France à nouveau pointée du doigt par son agissement en Polynésie (pour mémoire 1995…), pourquoi ne pas proclamer d’office, par l’acceptation de la tour déjà en place, un message de paix, honorant, avant même qu’ils ne démarrent, ces JO Paris 2024.</p>
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<p class="Paragraphestandard">Vanité et vain d’imposer le métal « eiffelien » contre le bois polynésien, fort de tout ce que cela réveille comme présomption d’un côté et révolte de l’autre, pour au final n’aboutir qu’à la tristesse et aux plaies d’une bataille idiote, alors que seule la joie du spectacle de l’épreuve olympique prime.</p>
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<p class="Paragraphestandard">En vérité, cette tour métallique, pour ou contre, tout le monde s’en fiche et peut s’en passer, car avant tout comptent dans les esprits de toutes et tous, la beauté et la pérennité de la vague de Teahupo’o, sur laquelle nos yeux seront braqués. Cette vague, devenue légendaire, est à même de faire se « rencontrer » Tupaia et Victor Hugo, dans une commutation bienheureuse de deux cultures. L’une comme l’autre a beaucoup à nous dire, à nous conduire, dans l’actualité chaotique de notre époque, par un message olympique commun, audacieux et respectueux, à la fois humaniste, écologique et pacifique. Un message effectif que le surf, avec la splendeur potentielle de Teahupo’o, peut enflammer entre le 27 et 30 juillet 2024. Mais encore faut-il lui laisser avoir et exprimer son <i>mana</i>, son karma.</p>
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<p class="Paragraphestandard">Le 29/10/2023</p>
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<p class="Paragraphestandard">Gibus de Soultrait, <i>popa’a</i> de la Métropole, surfeur, journaliste, acteur associatif.</p>
<p><a href="https://www.change.org/p/faatura-ia-teahupo-o?source_location=search" target="_blank" rel="noopener">Signer la pétition </a></p>
<p>Suivre sur <strong>Instagram @saveteahupoo</strong></p>
<p><strong>Post Scriptum le 7/12/2023</strong></p>
<p>Sous l&rsquo;impulsion du nouveau gouverneur, <strong>Moetai Brotherson, président de la Polynésie française depuis le 12 mai 2023,</strong> une volonté de solution (<a href="https://www.tntv.pf/replay/des-airs-de-polynesie/debrief-du-27-octobre/" target="_blank" rel="noopener">débat sur TNTV</a>) pour ne pas endommager le récif a permis <strong>d&rsquo;ouvrir le dialogue</strong>. Cependant la situation reste bloquée.</p>
<p>La tour métallique qui a déjà été construite (voir photo dessous), est le résultat de l&rsquo;organisation olympique (COJO) et des précédentes autorités polynésiennes, qui n&rsquo;ont pas consulté en premier lieu la population locale. Néanmoins les autorités actuelles et le Cojo ont accepté de<strong> diminuer cette tour en la réduisant à deux étages et diminuant son poids de 16 tonnes à 9 tonnes (poids de la précédente tour en bois)</strong>. Mais de toutes façons, <strong>cette tour exige de nouveaux plots et donc de forer dans le récif.</strong> Pour ces travaux et la construction de la tour,<strong> une barge-plate forme doit être amenée sur place, or des essais ont été faits et le déplacement de la barge a engendré la destruction du corail,</strong> ce qui rend la construction actuelle de cette tour impossible, en attendant la recherche d&rsquo;autres solutions.</p>
<p>Malgré les excuses du gouverneur,  la dénonciation de ces dégâts a pris à nouveau une tournure médiatique internationale. <strong>De Felipe Toledo à Stéphanie Gilmore en passant par Kelly Slater, les appels à signer la pétition se multiplient.</strong></p>
<p><strong>Le COJO reste pour l&rsquo;instant sur sa position de refuser la tour en bois sous prétexte que les plots ne répondent pas à leurs critères de sécurité.</strong></p>
<p>Remarque: s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas les JO2024 à Teahupo’o, la tour en bois resterait celle de l&rsquo;épreuve WSL en mai 2024, améliorée certes. Alors pourquoi tant d&rsquo;insistance pour cette tour métallique. Les arguments de sécurité sont-ils si fondés&#8230;</p>
<p>Par ailleurs l&rsquo;association Vaot a appris qu&rsquo;en 2020, l&rsquo;étude d&rsquo;un nouvelle tour en bois sur les plots existants avait été faite pour ces JO et avec un coût de 1,4 million €&#8230; Or au final, c&rsquo;est cette tour métallique de 4,4 millions € qui a été choisie et construite&#8230;</p>
<p><strong>Le 3 décembre 2023 les surfeurs et gens de Teahupo&rsquo;o ont se sont rassemblés dans le lagon.</strong></p>
<p><strong>En soutien au «Peuple de la mer» qui inventa le surf,</strong> le mouvement citoyen<a href="https://www.imagotv.fr/documentaires/rame-pour-ta-planete" target="_blank" rel="noopener"> Rame pour ta planète (2018-2019)</a>, lance un rassemblement des surfeurs et des citoyens, <strong>Rame pour Teahupo&rsquo;o, le dimanche 17 décembre à midi à Guéthary (port et lagon des Alcyons). Venez tous nombreux. </strong></p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_7954" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Tour-metallique-construction-1-scaled.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img aria-describedby="caption-attachment-7954" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-7954 size-large" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Tour-metallique-construction-1-768x1024.jpg" alt="" width="600" height="800" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Tour-metallique-construction-1-768x1025.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Tour-metallique-construction-1-225x300.jpg 225w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Tour-metallique-construction-1-1151x1536.jpg 1151w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Tour-metallique-construction-1-1535x2048.jpg 1535w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Tour-metallique-construction-1-490x654.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Tour-metallique-construction-1-scaled.jpg 1919w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a><p id="caption-attachment-7954" class="wp-caption-text">Préconstruction à terre de la tour métallique.</p></div>
<div id="attachment_7957" style="width: 708px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Corail-apres-la-barge.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img aria-describedby="caption-attachment-7957" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-7957 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Corail-apres-la-barge.jpg" alt="" width="698" height="832" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Corail-apres-la-barge.jpg 698w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Corail-apres-la-barge-252x300.jpg 252w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Corail-apres-la-barge-490x584.jpg 490w" sizes="(max-width: 698px) 100vw, 698px" /></a><p id="caption-attachment-7957" class="wp-caption-text">Destruction du corail lors des essais d&rsquo;acheminement de la barge de travaux sur site</p></div>
<div id="attachment_7955" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-2.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img aria-describedby="caption-attachment-7955" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-7955 size-large" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-2-1024x755.jpg" alt="" width="600" height="442" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-2-1024x755.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-2-300x221.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-2-768x566.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-2-490x361.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-2.jpg 1058w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a><p id="caption-attachment-7955" class="wp-caption-text">Rassemblement des surfeurs de Teahupo&rsquo;o et plus le 3/12/2023 à Teahupo&rsquo;o (la vague au fond)</p></div>
<p><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/AlcyonsTeahupoo-17122023.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><br />
</a> <a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-3.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-large wp-image-7956" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-3.jpg" alt="" width="600" height="496" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-3.jpg 937w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-3-300x248.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-3-768x635.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/Teahupoo-3-12-23-3-490x405.jpg 490w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<div id="attachment_7950" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/AlcyonsTeahupoo-17122023.jpg" rel="wp-prettyPhoto[7815]"><img aria-describedby="caption-attachment-7950" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-7950 size-large" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/AlcyonsTeahupoo-17122023-1024x755.jpg" alt="" width="600" height="442" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/AlcyonsTeahupoo-17122023-1024x755.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/AlcyonsTeahupoo-17122023-300x221.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/AlcyonsTeahupoo-17122023-768x566.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/AlcyonsTeahupoo-17122023-1536x1133.jpg 1536w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/AlcyonsTeahupoo-17122023-490x361.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2023/10/AlcyonsTeahupoo-17122023.jpg 1936w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a><p id="caption-attachment-7950" class="wp-caption-text">Rendez-vous le 17/12/2023 à Guéthary en soutien à Teahupo&rsquo;o</p></div>
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		<title>Benjamin Dutreux, l&#8217;eau autour du monde</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/benjamin-dutreux-leau-autour-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Nov 2020 16:09:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Dutreux Vendée Globe Lost in the swell]]></category>
		<category><![CDATA[Damien Castera Mathieu Crépel]]></category>
		<category><![CDATA[water family]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oui, l’eau est partout autour du monde, constitue le monde. 70% de la surface planétaire, ce sont les océans. 60% de notre masse corporelle est aquatique. Son cycle est vital, de son évaporation océanique à la pluie qu’elle déverse, de sa source en montagne à son écoulement dans les estuaires et autres bras de mer. Sauf que l’eau se dessèche, que les glaciers fondent partout, que son niveau marin monte tout autant que son oxygénation océanique s’acidifie et que le plastique la gagne de partout, jusque dans le plancton des plus grandes profondeurs de la fosse des Mariannes (11 000 m) comme dans la bière fraîche qui vous lèche les babines, sans parler des nappes phréatiques, réceptacles de tous nos résidus chimiques… Bref l’eau, une affaire de plus encore à gérer pour l’humanité avec ses 7,7 milliards d’habitants ! Finie l’insouciance ! A bord au large de Biarritz, septembre 2020, les surfeurs</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Oui, l’eau est partout autour du monde, constitue le monde. 70% de la surface planétaire, ce sont les océans. 60% de notre masse corporelle est aquatique. Son cycle est vital, de son évaporation océanique à la pluie qu’elle déverse, de sa source en montagne à son écoulement dans les estuaires et autres bras de mer. Sauf que l’eau se dessèche, que les glaciers fondent partout, que son niveau marin monte tout autant que son oxygénation océanique s’acidifie et que le plastique la gagne de partout, jusque dans le plancton des plus grandes profondeurs de la fosse des Mariannes (11 000 m) comme dans la bière fraîche qui vous lèche les babines, sans parler des nappes phréatiques, réceptacles de tous nos résidus chimiques… Bref l’eau, une affaire de plus encore à gérer pour l’humanité avec ses 7,7 milliards d’habitants ! Finie l’insouciance !</p>
<p><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/GOPR0604.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[5034]"><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5035 size-large" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/GOPR0604-1024x768.jpeg" alt="" width="600" height="450" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/GOPR0604-1024x768.jpeg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/GOPR0604-490x368.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/GOPR0604-300x225.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/GOPR0604-768x576.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/GOPR0604.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a>A bord au large de Biarritz, septembre 2020, les surfeurs de la Water Family. (De devant au fond) Benjamin Dutreux, skipper et aussi surfeur, Ewen Legoff, Aurel Jacob (Lost in the swell), Mathieu Crépel et Damien Castera. DR</p>
<p>Le 8 novembre 2020, c’est le départ aux Sables d’Olonne du 8<sup>ème</sup> Vendée Globe Challenge, mythique, épique course à la voile en solitaire autour du monde sans escales dont seuls les Français ont le génie, la folie, la poésie d’organiser tous les quatre ans, comme d’y participer, génération après génération de grands marins. Et cette année, que nenni la covid, 33 bateaux répondent au défi. Des bateaux en majorité avec des noms d’entreprise, sponsors obligent. Néanmoins dans le lot, il y a un skipper, Benjamin Dutreux, qui a écrit en énorme sur sa coque comme sur sa voile avant: <i>Water Family</i>. Non pas Suez, Vivendi (vos factures d’eau !), mais bien Water Family, une association plus connue jusqu’à présent sous le nom Du flocon à la vague et qui, depuis 2009, a fait de l’eau la source de ses actions pédagogiques bienfaitrices, aussi bien en missions scolaires éveillant les enfants à la valeur inestimable de ce qui coule au robinet, que par le biais de défis sportifs interpellant le public à se soucier de ce qu’il boit comme de ce dans quoi il nage. Au départ, une histoire de glisseurs. Bernard Crépel, skieur, surfeur, originaire de La Mongie, station pyrénéenne d’où le fleuve l’Adour prend sa source, lance avec quelques compères un défi sportif en équipe associant descente du Pic du Midi en ski/snowboard, traversée de Pau en rafting/kayak puis compet de surf aux Cavaliers, à côté de l’estuaire. La symbolique est forte, elle frappe les esprits. Portée par des sportifs de renom dont Mathieu Crépel, fils de et champion du monde de snowboard, Du flocon à la vague tisse sa toile associative, fait même venir Danièle Mitterrand dont la fondation humanitaire a pris l’eau comme cheval de bataille. En digne résistante acharnée jusqu’à sa disparition, ce jour-là Danielle Mitterrand ne mâcha pas ses mots pour qu’on fasse de l’eau le bien commun de l’humanité… et qu’on se mette tous à la tâche. Dit autrement, Benjamin Dutreux en choisissant de voguer autour du monde sous l’en-tête de la Water Family, ne porte pas moins sur son bateau que cette grande famille qu’est l’humanité !  De quoi irradier le visage de feu Danielle Mitterrand qui savait s’enthousiasmer…</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-5036 size-large" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/P3120661-1024x682.jpeg" alt="" width="600" height="400" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/P3120661-1024x682.jpeg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/P3120661-490x327.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/P3120661-300x200.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/P3120661-768x512.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2021/01/P3120661.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<p>Le 19 septembre 2020, l’ancien Imoca renové de Benjamin Dutreux, Omia-Water Family passe au large de la côte basque sur un aller-retour sans escales, Sables d’Olonne-Biarritz, pour continuer de tester le bateau avant le départ du Vendée Globe, le 8/11/20. DR</p>
<p>Natif de l’Ile d’Yeux, le skipper vendéen de 30 ans est doté d’un double esprit entrepreneurial et compétitif, le tout enveloppé d’une conviction écologique si ancrée qu’il en a fait son flambeau. Grandissant dans la compétition de voile depuis son plus jeune âge, Benjamin Dutreux a donc professionnalisé sa passion en faisant de sa carrière et de son palmarès un objectif tant pour lui que pour les entreprises le parrainant. Pour autant depuis deux ans il a donné à la Water Family la primauté du nom des bateaux avec lesquels il navigue, trouvant dans cette association la forme pédagogique correspondant à sa nature empathique. Ainsi, s’il invite à bord les patrons de ses sponsors, Benjamin Dutreux ne lésine pas sur son temps pour instruire les enfants de l’importance de l’eau. Habitué de la course du Figaro (5<sup>ème</sup> en 2018), il s’est lancé dans les courses au large. La Jacques Vabre en duo en 2019, et donc le baptême d’une première circum-navigation avec le Vendée Globe 2020. Sponsorisé par des PME de sa région (Omia, entreprise de traitements surface, Sateco, dans le BTP, Eoliennes de Noirmoutier…), il fait partie des concurrents ayant pour but d’une course en moins de 80 jours. Benjamin est aussi surfeur, les vagues il connaît. Et parions qu’à la barre des 18,28 m de</p>
<p><i>Water Family</i>, sur du swell de la taille de Belharra dans l’Antarctique, il se grisera à partir «au surf», avec un sens de la vague l’avantageant sur ses adversaires. En tous les cas, il a tous les surfeurs (de Vendée) en supporters !</p>
<p>Bon vent, Benjamin, on suit <i>Water Family</i>. ( Voir <a href="http://www.vendeeglobe.org/fr"><i>www.vendeeglobe.org/fr</i></a> )<span class="Apple-converted-space">  </span>—GS</p>
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<p>Publié dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em> N°140</p>
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		<title>“Le surf change le monde”, Itv de Gibus de Soultrait.</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/surf-change-monde-itv-de-gibus-de-soultrait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2020 16:57:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[70's]]></category>
		<category><![CDATA[Covid 19]]></category>
		<category><![CDATA[Gibus de Soultrait]]></category>
		<category><![CDATA[L'entente du mouvement]]></category>
		<category><![CDATA[Le surf change le monde]]></category>
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		<category><![CDATA[Manon Meyer-Hilfiger]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bruit des vagues rythme ses réflexions depuis maintenant quarante ans. Né à Biarritz en 1957, Gibus de Soultrait, surfeur, écrivain, journaliste, est un match-maker autodidacte hors norme. Il a fait se rencontrer deux univers qui s’ignoraient. Celui de la glisse, et celui de la philosophie. Lui-même est comme né de ce croisement peu banal. Surfeur assidu depuis l’âge de 10 ans, il crée à deux le magazine Surf Session en 1986, cofonde l’ONG de défense des océans Surfrider Foundation Europe en 1990, puis prend la direction de Surfer’s Journal en France en 1994, avant de lancer en 2018 en petit groupe le mouvement citoyen Rame pour ta planète. Voyageur libre, imprégné de l’esprit surf alternatif des 70’s, il se jette dans les bras du monde à seulement 18 ans, un peu à l’arrache, bourlinguant en auto et bateau-stop. Comme en surf, il laisse la vague l’emporter. Celle de ces</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le bruit des vagues rythme ses réflexions depuis maintenant quarante ans. Né à Biarritz en 1957, Gibus de Soultrait, surfeur, écrivain, journaliste, est un match-maker autodidacte hors norme. Il a fait se rencontrer deux univers qui s’ignoraient. Celui de la glisse, et celui de la philosophie. Lui-même est comme né de ce croisement peu banal. Surfeur assidu depuis l’âge de 10 ans, il crée à deux le magazine <em>Surf Session</em> en 1986, cofonde l’ONG de défense des océans Surfrider Foundation Europe en 1990, puis prend la direction de <em>Surfer’s Journal</em> en France en 1994, avant de lancer en 2018 en petit groupe le mouvement citoyen Rame pour ta planète. Voyageur libre, imprégné de l’esprit surf alternatif des 70’s, il se jette dans les bras du monde à seulement 18 ans, un peu à l’arrache, bourlinguant en auto et bateau-stop. Comme en surf, il laisse la vague l’emporter. Celle de ces années 1970 le porte aux confins du Pacifique et au bout de l’Amérique. Jusqu’au Mexique, où il côtoie Ivan Illich, penseur de l’écologie politique et fondateur d’une université libre</p>
<p>A 20 ans, revenu en France, c’est presque naturellement qu’il rejoint, en auditeur libre, les bancs de la faculté populaire de Vincennes, où les étudiants tutoient Foucault, Deleuze, Rancière ou Lyotard. Gibus de Soultrait y enrichit son bagage original, fait d’embruns et de jus de crâne, d&rsquo;esprit libre et d’attention à la sensation. Il noue par la suite une amitié épistolaire avec Gilles Deleuze, sur fond d&rsquo;intérêt commun pour les problèmes philosophiques que pose la glisse. «C’est le livre qui me semblait manquer», lui répond ainsi Deleuze après avoir lu<em> L’entente du mouvement</em>, essai paru en 1995, dans lequel Gibus de Soultrait analyse la société tout entière, inspiré par l&rsquo;expérience du surf.<br />
Depuis, le surfeur-journaliste à l’écoute du monde n’a de cesse de marier les disciplines où il excelle. Autant de matières premières qui, travaillées et retravaillées pendant des années, comme les vagues polissent minutieusement le sable, aboutissent à des publications, des films, des conférences, et mêmes des mots sur les murs, comme pendant Mai 68. «Rien ne presse, le rythme est notre messe» scandent parfois les palissades après le passage de l’auteur. Jusqu’à aujourd’hui, avec la publication du <em>Surf change le monde,</em> <a href="https://youtu.be/6xRcS3csmd4" target="_blank" rel="noopener noreferrer">œuvre hybride, riche de textes variés</a>, où s’entremêlent éléments autobiographiques, textes philosophiques et retours historiques sur la pratique de la glisse. Fort des enseignements du surf, l’ouvrage imagine un monde à la hauteur de l’enjeu écologique. Un monde qui prendrait comme motto «Frugalité, oisiveté, gratuité». Un monde, en somme, appréhendé comme un surfeur face à une belle vague, une ressource naturelle rare et incertaine&#8230; Gibus de Soultrait porte sa pensée de la plage à la planète. Et réfléchit comme il surfe: librement.</p>
<p>—Manon Meyer-Hilfiger</p>
<p><strong>Dans ce livre, vous mêlez éléments autobiographiques, analyse du monde du surf, réflexion sur notre modernité. Pourquoi ? Comment faites-vous le lien entre les différents chapitres ?</strong></p>
<p>Un livre est toujours le fruit d’une maturation et en même temps sa réalisation reste une surprise. Tout écrivain sait cela. Cette idée du mouvement m’habite depuis quarante ans avec mon voyage, le surf puis l’écriture de <em>L’entente du mouvement </em>sorti en 1995, comme un essai de laboratoire. A cela s’est ajouté un lien évident entre cette réflexion du mouvement à partir du surf et la civilisation maritime polynésienne d’où est partie cette pratique. Tout ça a fait résonance dans ma tête. J’ai commencé à faire des petites conférences associatives faisant le pont entre ces différents éléments et j’ai vu le public accrocher. Ce fut très important ce regard, cette attention d’interlocuteurs face à mon propos, car on a vite fait d’être un peu «barré» quand on sort des sentiers battus. Cela m’a convaincu d’en faire un livre que du coup j’ai poussé jusqu’au bout, c’est-à-dire en le mettant lui-même en mouvement avec sa diversité graphique et typographique. Néanmoins chaque élément, chaque partie suscite son propre attrait &#8211; les Polynésiens, la contreculture surf, mon voyage, cette pensée du mouvement &#8211; selon les affinités qu’y trouve le lecteur. Puis il y a le risque proposé à celui-ci de passer d’un texte à l’autre, comme il veut, donc de s’aventurer dans le mouvement de ce livre pour ressentir, si possible, le mouvement lui-même et en tirer une écoute différente de notre époque. C’est un petit défi de ma part. Ça le fait chez certains lecteurs, pas chez d’autres qui du coup ne lisent pas tout mais ont avec eux ce livre qui fait objet, avec notamment ce dessin spécifique de couverture d’Olivier Millagou caractérisant un titre un peu provocateur,<em> Le surf change le monde</em>, mais aussi une démarche intellectuelle qui garde son humour, sa propre distance. Mais il y a une cohérence d’ensemble, du moins à mes yeux…</p>
<p><strong>Ce livre s&rsquo;adresse-t-il aussi à ceux qui ne surfent pas ? Pourquoi et comment ?</strong></p>
<p>Ce n’est pas un livre de surf, mais un livre<em> «</em>du surf». Il vient du surf comme moi-même, dans mon expérience et ma réflexion multiples, j’en suis issu. A la fois narratif et réflexif avec des textes variés à piocher ou à suivre dans ce qui fait justement leur composition en mouvement, ce livre est sincèrement, je pense, sympa à lire. Donc bien sûr il s‘adresse aussi à des non-surfeurs. De raconter comment les Polynésiens ne faisaient qu’un avec l’océan en s’aventurant dans le Pacifique et en inventant le surf, va dans le sens de notre besoin de savoir renouer avec notre environnement. Le récit de mon voyage, inhérent à l’utopie et l’esprit de contreculture des 70’s, et mené au gré des circonstances du jour pendant deux ans, est un témoignage qui s’inscrit dans les questions et la critique actuelles des récits dominants. Quant à la partie reprenant ma pensée du mouvement suite à ma rencontre avec le philosophe Gilles Deleuze, il faut se laisser porter par la lecture des phrases, des aphorismes et des digressions, en y prenant ce qui vient et fait sens pour soi. Chacun a de quoi y trouver son compte. Si ça peut paraître parfois énigmatique dans son élocution, c’est assez fluide, voire jouissif sur certains passages, et cela place notre époque et ses enjeux dans la perspective de l’entente de cette dimension du mouvement. Ça peut apprendre du coup à «surfer» sans être surfeur ! Ce serait chouette.</p>
<p><strong> </strong><strong>Vous commencez par raconter l’histoire des Polynésiens, ceux qui ont inventé le surf, et notamment celle de Tupaia, talentueux navigateur polynésien, pourquoi est-ce important aujourd’hui ? </strong></p>
<p>Les Polynésiens ont développé, en leur temps, une des plus grandes civilisations maritimes de l’humanité en suivant une intelligence du monde et des techniques n’ayant rien à voir avec les nôtres. Ils naviguent sans instruments, sans artifices, mais bien sûr avec une connaissance, passée oralement de génération en génération et doublée d’expérience acquise, qui permet aux pilotes des bateaux de se situer dans une immensité océane qui fait 166 millions de km2. La surface insulaire représente moins de 1% de cette étendue, donc trouver une île vaut largement autant que, nous, d’aller sur la lune. Et pour savoir où ils vont dans l’océan, les marins polynésiens apprennent à voir venir, au point que cela les fait dire que ce n’est pas eux qui vont vers une île mais que c’est l’île qui vient à eux. Leur technique réside dans l’observation et l’interprétation des éléments marins de passage – vent, houle, nuages, étoiles, oiseaux, poissons… – avec chaque fois une signification accordée à l’élément qui importe. Une façon de faire corps, concrètement et spirituellement, avec la situation pour naviguer avec elle et conduire l’embarcation à bon port.</p>
<div id="attachment_4228" style="width: 1034px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/hokulea.jpg" rel="wp-prettyPhoto[4217]"><img aria-describedby="caption-attachment-4228" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-4228 size-large" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/hokulea-1024x854.jpg" alt="" width="1024" height="854" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/hokulea-1024x854.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/hokulea-490x409.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/hokulea-300x250.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/hokulea-768x641.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><p id="caption-attachment-4228" class="wp-caption-text">Photo Cazenave</p></div>
<p>Et puis il y a l’histoire de Tupaia qui aujourd’hui sort au grand jour. Un grand pilote polynésien qui embarque avec Cook lors de son premier voyage dans le Pacifique. Notre culture n’a retenu et prodigué que Cook et sa cartographie au sextant et autres calculs mathématiques, effaçant cette rencontre avec Tupaia, cet indigène sauvage. Pourtant à la lecture de la biographie de cet homme et des recherches effectuées sur son savoir, non seulement il a eu un rôle notoire auprès de Cook dans sa navigation et sa rencontre avec les peuples des autres îles, mais on peut établir qu’il se situait parfaitement et sans rien sur un tiers du Pacifique ! C’est totalement extraordinaire quand on pense que désormais l’homme moderne ne sait plus où il est à trois pas de chez lui sans son portable et le traitement GPS de millions de données circulant à la vitesse de la lumière autour du globe, avec ce que cela a induit comme géniales inventions mais aussi comme dramatiques conséquences écologiques ! Et le surf vient de Tupaia, de ces Polynésiens qui avaient donc conçu l’océan comme une enveloppe d’eux-mêmes pour mieux s’y mouvoir et exister, comme le surfeur enveloppé dans le tube du mouvement de la vague. Ça peut paraître magique, mystique, mais c’est très concret.</p>
<p>A un moment où notre modernité, face à une certaine impasse civilisationnelle, nous questionne sur notre relation au monde, cette histoire relativise la supériorité de notre savoir rationnel et technologique, mais surtout, sans le renier, elle peut, à sa façon, lui donner des pistes d’entendement à développer avec le monde, conçu en partenaire par son mouvement, et non en conquête selon notre raison rendue aveugle. Mais cela plus globalement les scientifiques l’ont compris, puisque rationnellement ils nous interpellent à sauvegarder notre planète. Que le surf y ajoute modestement son récit a son importance. Tout est bon à prendre pour diversifier notre écoute des choses.</p>
<p><strong>Mais plus précisément pourquoi le surf change-t-il le monde ?</strong></p>
<p>Parce que le surf est l’expérience concrète et inexorable de l’incertitude de la vague. Dans un monde qui a fait, à son insu, de l’incertitude la nature même de ses événements et de leur enchaînement, le surf devient un angle de vision, un outil d’appréhension qui renouvelle notre relation au monde… et pourquoi pas ainsi le change, comme une graine.</p>
<p>Deux caractéristiques ici du surf : 1) il nous conduit à concevoir le mouvement comme détaché du déplacement d’un point à un autre dans l’espace-temps usuel, pour alors l’entendre en soi comme étant un mouvement pris dans le déplacement d’un mouvement, le surfeur en mouvement avec le mouvement de la vague ; 2) il engage de ce fait un déséquilibre qui s’équilibre en étant en mouvement avec le mouvement. Le surfeur s’élançant puis sinuant debout sur sa planche avec la vague.<a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Le-surf-change-le-mondecouv...jpeg" rel="wp-prettyPhoto[4217]"><br />
</a> <a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/12-Bottom-turn-2014-copie.jpeg" rel="wp-prettyPhoto[4217]"><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter wp-image-4234 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/12-Bottom-turn-2014-copie.jpeg" alt="" width="1280" height="853" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/12-Bottom-turn-2014-copie.jpeg 1280w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/12-Bottom-turn-2014-copie-490x327.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/12-Bottom-turn-2014-copie-300x200.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/12-Bottom-turn-2014-copie-768x512.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/12-Bottom-turn-2014-copie-1024x682.jpeg 1024w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /></a>Ce ne sont plus les mêmes repères, les mêmes critères et les sensations encourues invitent à la perception et la construction d’un autre paradigme: non plus celui établi et connu du «libre arbitre» (ma liberté de choix) mais celui, à découvrir, à transcrire, de se placer «à juste titre», d’être opportun. S’il est facile pour celles et ceux qui apprennent à surfer de se mettre débout sur la planche, c’est une autre affaire de s’élancer avec la vague au bon endroit au bon moment. En surf, c’est la vague qui décide d’où et quand on peut la prendre. S’y inscrire justement, l’intégrer promptement et la suivre, l’écrire en manœuvrant, tout ça résulte d’une opportunité non seulement à saisir par l’engagement mais surtout à savoir recevoir par l’observation et le placement de son propre mouvement.</p>
<p>Le changement radical de vision que propose le surf dans son action, tient en ce qu’il est une expérience de la venue et qu’il n’encourt aucune destination préétablie. Pour autant il engendre un équilibre. Il est l’expression d’une trajectoire chaque fois se faisant avec la vague, dont le point d’échange (primordial) fait l’action et le point d’arrivée (annexe) est ce qu’il en advient.</p>
<p>Un fois intégrés ces préceptes, on peut comprendre pourquoi le surf et son paradigme de sensations et d’intellection deviennent appropriés dans un monde moderne rendu à l’incertitude des événements (quelles qu’en soient la nature et l’échelle) qu’il engendre et qui s’enchaînent de façon de plus en plus impromptue, malgré toute la maîtrise à laquelle il s’efforce de prétendre, algorithmes faisant.</p>
<p>Que nous vivions aujourd’hui sous l’emprise des flux et donc du mouvement général que ceux-ci donnent à ressentir, est une évidence, cela allant des événements multiples et incessants qui font l’actualité à notre portable, point nodal individuel et ubiquitaire de tous ces flux qu’on «surfe» au quotidien. Le 21<sup>ème</sup> siècle est celui de la dimension du mouvement, sauf qu’on appréhende celui-ci avec des concepts surannés d’espace-temps conduisant toujours à cette question de «Où va-t-on ?» et à la présomption d’oser y répondre, alors que justement le mouvement nous invite d’abord à apprendre à voir venir. Non pas «Où va-t-on ?», mais «Qu’est-ce qui nous emporte ?» avec l’observation attentive et réactive de tous les éléments qui font mouvement et nous conduisent, nous avec.</p>
<p>Par exemple c’est bien parce qu’on a voulu décider où aller (en haut de l’Everest, sur la lune, le progrès par la croissance, l’enrichissement par le capitalisme) qu’on s’est peu à peu aveuglé, au point d’être incapable de voir venir le sérieux des enjeux sociaux, écologiques, sanitaires, climatiques… devenus cruciaux en même pas cinquante ans. Aujourd’hui le fait qu’ils viennent (sautent) à nos yeux, qu’on soit obligé de les considérer, est bien la preuve qu’il faut apprendre à voir venir avant de décider où aller. On peut rester modernes, rationnels, inventifs sans l’arrogance du conquérant, mais avec l’humilité active du surfeur devant la vague. Encore une fois en surf, c’est elle la reine. Dans le mouvement, rien ne présume de la destination puisque celle-ci résulte de la composition de ce qui fait mouvement, d’où l’importance de veiller à tous les éléments mouvants composant une situation.</p>
<p><strong>Le surf change le monde, mais le monde a aussi changé le surf.  Comment ?</strong></p>
<p>Déjà, dans le sillage de Cook, la colonisation des îles du Pacifique par les Blancs conduisit à la quasi-disparition de la pratique du surf par les Hawaïens, eux-mêmes ayant été décimés avec leurs coutumes par les maladies, l’évangélisation et l’exploitation cupide de leurs ressources. Puis quand le surf renaît au début du vingtième siècle avec le renfort de Jack London parlant du «Sport roi des rois naturels de la terre», le retour en grâce de cette pratique hawaïenne suit le cadre imposé du développement occidental. Il est un argument marketing pour faire d’Hawaii un lieu touristique de villégiature. En retour, il insuffle sur les plages californiennes un exotisme qui rajoute à la fameuse Conquête de l’ouest une nouvelle part de rêve, avec Hawaii et son «paradis» en point de mire. Sans Hawaii, sans le surf, la Californie, cinquième puissance économique du monde, ne serait pas la même. La révolte contre la guerre du Vietnam part de Californie, car c’est de là que les jeunes appelés s’envolent pour le front dans la jungle, mais aussi parce qu’entre les images de guerre à la télévision et le surf qui inonde les plages, le choix de la jeunesse est clair. La Californie a été le terreau de la contre-culture hippie des 60’s/70’s avec le surf qui a semé la graine. Et donc le surf de s’être lui-même développé comme une contre-culture de la fin des 60’s jusqu’au début des 80’s, période à laquelle l’utopie de cette époque se fait peu à peu rattraper par la réalité: les méfaits de la drogue (dure) d’un côté et les dérives d’un business, au départ libertaire pour devenir bel et bien libéral. Mais ce n’est que la logique générale de l’histoire occidentale allant de cette époque à aujourd’hui. Difficile d’incriminer le surf de cela, d’autant que sur le plan écologique il a été plutôt précurseur à éveiller les consciences. Et c’est sans doute là où désormais il reprend sa singularité et sa résistance, dans le lien qu’il instaure avec l’océan à terme plus fort, plus révélateur de sens nouveau que celui qui lie les surfeurs d’aujourd’hui à leur «consommation» du surf. C’est mon pari…</p>
<p><strong>Comment les vagues peuvent-elles nous aider à penser l&rsquo;après Covid 19 ?</strong></p>
<p>Cette pandémie de la Covid 19 est le parfait exemple en surf de la vague qu’on n’a pas vu venir et qu’on a tous pris sur la figure. Un classique en surf. Quand la vague tombe, tout le monde est envoyé au fond et chacun «pousse les murs» en retenant son souffle tout en préservant son énergie pour tenir. Puis quand on remonte à la surface, il y a souvent la succession des vagues suivantes&#8230; De toute façon, on ne peut que subir le flux en essayant de garder la tête hors de l’eau. Puis on s’aperçoit que la série a totalement transformé le plan d’eau. Tout le monde est déboussolé et quand on repart surfer, on appréhende les vagues forcément différemment.</p>
<div id="attachment_4224" style="width: 1290px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-4224" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-4224 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/avalanche-copie.jpeg" alt="" width="1280" height="853" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/avalanche-copie.jpeg 1280w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/avalanche-copie-490x327.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/avalanche-copie-300x200.jpeg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/avalanche-copie-768x512.jpeg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/avalanche-copie-1024x682.jpeg 1024w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><p id="caption-attachment-4224" class="wp-caption-text">Photo Rabejac</p></div>
<p>Historiquement on peut entendre cette vague du coronavirus comme la troisième vague de ce 21<sup>ème</sup> siècle, surprenant tout le monde et nous révélant effectivement et tragiquement cette dimension du mouvement de notre époque, après la vague du 11 septembre 2001 et celle de la crise de 2008. A chaque fois des événements majeurs qui reflètent un monde maillé d’ondes, comme autant de houles qui circulent dans les océans avec le déferlement soudain de vagues scélérates. La chute hallucinante du World Trade Center a résulté d’un attentat préparé aux confins des montagnes afghanes grâce au détournement des technologies de la mondialisation et de celui du principe constitutionnel de liberté régnant sur le territoire américain. Le barrage sécuritaire fut l’inévitable réponse. L’Amérique a perdu le partage de sa liberté, elle ne s’en remet toujours pas.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-4221 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/9-11_Statue_of_Liberty_.jpg" alt="" width="350" height="265" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/9-11_Statue_of_Liberty_.jpg 350w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/9-11_Statue_of_Liberty_-300x227.jpg 300w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" /></p>
<p>L’effondrement des subprimes dû à la spéculation cupide sur des emprunts insolvables a révélé cette capacité des flux financiers permanents à virtualiser l’argent dans sa mobilité. Cela a craqué, non sans conséquences sociales, mais les flux financiers sont repartis de plus belle. Un cyclone qui s’abat n’empêche pas la chaîne océano-atmosphérique de se perpétuer.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-4222 size-large alignleft" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/2008-1024x681.jpg" alt="" width="1024" height="681" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/2008-1024x681.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/2008-490x326.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/2008-300x199.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/2008-768x511.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/2008.jpg 1194w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" />La pandémie du coronavirus sonne comme le piège d’une mondialisation ayant absorbé les territoires dans la rentabilité et l’immédiateté de ses flux productifs croissants. Soudainement elle casse l’accélération du temps et plonge le monde dans le désarroi d’un autre rythme à prendre qui éveille à un autre sens aussi. La réponse du confinement face à la mort engendre son flot de conséquences incommensurables, renforçant l’incertitude de toute projection. Le virus imprévisible nous contraint à un mode de vie qui ne peut plus être seulement libre mais aussi adapté, et donc opportun, en fonction des vagues de sa propagation comme de celles des situations engendrées. On est bien dans le mouvement à entendre, du reste les médecins comme les politiques n’ont eu que le mot «vague» à la bouche.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-4230 size-full alignleft" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/NY-Covid19.jpeg" alt="" width="740" height="462" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/NY-Covid19.jpeg 740w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/NY-Covid19-490x306.jpeg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/NY-Covid19-300x187.jpeg 300w" sizes="(max-width: 740px) 100vw, 740px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>A noter que chacune de ces trois vagues est emblématique de son champ historique: politique pour l’attentat du World Trade Center, économique pour les subprimes, biologique et sanitaire, donc écologique, pour la Covid 19.</p>
<p>Trois vagues sur la figure par surprise qui nous somment, dans leur domaine, d’apprendre à voir venir pour mieux composer avec ce qui s’ensuit. Penser l’après Covid 19, c’est penser et agir avec l’incertitude des éléments multiples qui composent le monde dans son mouvement, sachant que nombre d’éléments sont entre nos mains. Mais bien plus que de présumer de l’action de ces éléments (en bien ou en mal), c’est observer comment ils s’agencent dans le mouvement qu’ils expriment, à chaque fois différemment. Comme cela qu’on apprendra à composer où on va, en voyant venir.</p>
<p>Par exemple, c’est intéressant de voir que cette même mobilité de l’argent dans les flux financiers ayant engendré la crise des subprimes, s’avère être désormais ce qui permet à des états de débloquer de l’argent à hauteur d’enjeu, pour faire face à la récession due à la pandémie. Ce qui fait sauter à terme bien des dogmes des politiques d’austérité assez ravageuses, au nom de dettes publiques désormais concevables dans leur étalement par un rythme de régénération de l’argent en mouvement. Reste bien sûr comment politiquement l’argent est dépensé, dans sa probité et son équité sociales, son efficacité entrepreneuriale, son utilité écologique… mais le mouvement a du bon dès lors qu’on en intègre les préceptes à bon escient. Un état aujourd’hui peut en fait «surfer» avec sa dette, ce qui en soi, avec de «judicieux surfeurs» aux manettes, pourrait changer la face du monde en transition… Egalement cette pandémie a montré comment le mouvement des données scientifiques dans un partage mondial immédiat des connaissances a été une parade à l’imprévisible. Un monde en flux n’est pas un problème si on l’appréhende bien, à juste titre.</p>
<p><strong>Il faudrait donc «surfer» les flux financiers, les flux d&rsquo;informations ? Ça veut dire quoi, concrètement ? Comment faire en sorte que les dirigeants soient de «judicieux surfeurs» et pas des opportunistes agissant souvent pour leurs intérêts propres ? A l&rsquo;échelle individuelle, peut-on aussi «surfer» ces flux ? Concrètement, cela ressemblerait à quoi</strong> ?</p>
<p>Concrètement ? C’est à chaque technicien d’y répondre. Chacun a l’expérience et la technique de son domaine, de son territoire. Mais pour le dire autrement, dans un flux, une donnée ne vaut non pas pour ce qu’elle est, mais pour ce qu’elle compose avec le mouvement qui l’intègre et qu’elle intègre. Le surfeur intègre la vague qui lui ouvre sa trajectoire tout autant que lui-même compose la sienne avec elle. Il ne sait pas où il va, où la vague le mène, mais la justesse de sa composition avec ce qui l’emporte aboutit ou pas à sa réjouissance de glisse. Qu’est-ce qui réjouit un homme politique ? Souvent des calculs opportunistes pour arriver à ses fins. Ça ne dure pas. Une exigence d’équité du bien commun devient alors la vague qui l’emporte. Donc mieux vaut qu’il la surfe en délaissant ses fins pour être à la hauteur de ce avec quoi il s’engage, en l’occurrence la composition du bien commun dans ce qui fait la situation du moment. Il faut être un bon pilote, un bon marin pour saisir «judicieusement» les mouvements de situation. Les hommes d’histoire sont souvent des hommes de situation, mais rarement de bons surfeurs, car passée la vague qui les a portés, ils passent à côté de ce qui les emporte en devenant parfois tragiquement autoritaires ou même dictatoriaux. Le pouvoir ne rend pas humble, le surf oui.</p>
<p>A l’échelle individuelle, rien ne vaut l’amour pour expérimenter un flux !  Une vague qui submerge et autant d’amours que de vagues ! Pas deux pareils. Ça matche, ça fusionne. Ça glisse, ça heurte… Mais c’est bien chaque fois l’un et l’autre en mouvement avec les éléments d’une composition commune. L’amour de l’autre pour nourrir mon besoin, mon élan d’amour, on sait cela. Et aussi des élans qui s’affolent ou s’éteignent par manque de proportions dans la réciprocité. Mais l’amour n’est jamais un jeu à parts égales. Une vague est toujours plus puissante que celui qui la surfe. L’autre m’attire, m’envoûte, m’indiffère, m’énerve, m’agace, etc… toujours bien plus que j’ai à en attendre de lui. Mais ce qui compte, ce n’est pas cette disproportion, mais la conjonction des flux mutuels, nourris de la porosité de l’intimité et de la sinuosité des soubresauts. Un flux est toujours fait de porosité et de sinuosité. Il n’est jamais tendu ou du moins il a tout pour se détendre, car ci-gît toujours sous-jacent un autre flux qui fait mouvement avec lui. Et là une chose est sûre, l’amour n’a pas de place pour l’argumentation et ce qu’elle entraîne comme blocage de positions, sinon ce n’en est plus. En amour, comme en surf, il n’y a pas de position qui tienne. Il n’y a pas deux vagues du jour pareilles. Aimer, c’est toujours l’ajustement du jour. Comme en surf, c’est la vague qui décide et donc là où je me (dé)place pour mieux la recevoir. A partir de là on peut parler d’amour sans fin… ou d’un véritable amour qui n’a pas de fin, ni pour l’un, ni pour l’autre. Il fait la vie. Il n’y a pas de vie sans amour (réel ou imaginaire), comme il n’y a pas de surfeurs sans vagues (réelles ou imaginaires). Mais il y a de l’amour sans vie comme il y a des vagues sans surfeurs et c’est le reflet qu’on est passé à côté. Un vrai surfeur aime la vie, un amoureux de la vie «surfe» !</p>
<div id="attachment_4225" style="width: 320px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-4225" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-4225 size-full" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/doisneau.jpg" alt="" width="310" height="400" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/doisneau.jpg 310w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/doisneau-233x300.jpg 233w" sizes="(max-width: 310px) 100vw, 310px" /><p id="caption-attachment-4225" class="wp-caption-text">Photo Robert Doisneau</p></div>
<p><strong>Vous proposez de vivre selon l&rsquo;adage «Frugalité, oisiveté, gratuité». Concrètement, ça veut dire quoi ? Pourquoi est-ce inspiré par le surf ? «Liberté, égalité, fraternité», est-ce désuet ?</strong></p>
<p><strong> </strong>Ce n’est pas moi qui l’ai inventé, à bien des égards il a été l’adage efficient de nombreuses sociétés autochtones ayant su perdurer des millénaires dans une composition avec leur environnement. La frugalité a pour corollaire l’ingéniosité, donc est inventive, mais surtout elle est la reconnaissance qu’il n’y a d’abondance des choses qu’en leur accordant le rythme de leur renouvellement. Les tabous, outre leur symbolique de structuration sociale, sont souvent dans ces sociétés le reflet de cet entendement régulant l’exploitation des choses pourvoyant à la vie commune, notamment celle de la nutrition.</p>
<p>L’oisiveté résulte indirectement de cette régulation. L’équilibre obtenu par cette frugalité ingénieuse maintient l’activité dans une forme de tempérance entre l’activité nécessaire à la subsistance et celle récréative. L’oisiveté n’est pas de l’inactivité, mais elle donne à l’activité sa liberté du moment pour quelque chose d’autre que nécessaire et qui réjouit et tisse. Les Hawaïens avaient instauré une période oisive, le Makahiki, allant d’octobre à février, où la société vaquait à ses plaisirs, les concours, les sports, le surf, la danse, l’amour…</p>
<p>Quant à la gratuité, c’est tout simplement entendre que le monde n’est pas la propriété de l’homme mais juste que ce dernier en fait partie. C’est la constitution de l’échange-don (le monde me donne, je donne en retour), matrice écologique et sociale de ces sociétés. Pour les Hawaiiens, la vague se surfe mais impose le respect. Evidemment de nos jours la gratuité, en ce sens, ne peut qu’apparaître incongrue, irréaliste dans une société moderne, capitaliste et mondialisée, régie par le principe même de propriété. Le capitalisme s’instaure avec la propriété. Il efface l’échange-don dans sa forme initiale (quelles que soient ses actions de générosité possible), en prenant acte de la propriété et en développant un échange d’intérêt économique de propriété à propriété.</p>
<p>Aujourd’hui même l’Etat se conçoit comme propriétaire du bien commun avec des politiques publiques devenues des politiques économiques,  d’austérité ou d&rsquo;investissement. S’il y a de la gratuité quelque part, il faut qu’il y ait du rendement ailleurs, logique d’intérêt de tout propriétaire.</p>
<p>Malgré tout, on voit bien que cette logique craque un peu de partout et le débat d’une gratuité des choses, des services pour plus d’égalité à leur accessibilité et de meilleures retombées écologiques (un bien gratuit partagé est moins impactant que ce même bien démultiplié en propriété individuelle) refait surface.</p>
<p><a href="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Bus-gratuit.jpg" rel="wp-prettyPhoto[4217]"><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter wp-image-4240 size-large" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Bus-gratuit-1024x576.jpg" alt="" width="600" height="338" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Bus-gratuit-1024x576.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Bus-gratuit-490x276.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Bus-gratuit-300x169.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Bus-gratuit-768x432.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Bus-gratuit.jpg 1240w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p>Par ailleurs, comme l’adage républicain, «mon» adage est un adage à trois mots qui se combinent ensemble, faisant face à une société dont l’abondance des ressources naturelles s’est renversée, dont la suractivité productive n’aboutit régulièrement qu’à du chômage de masse et dont l’incertitude face à l’acquisition de biens faisant ma dixit liberté devient générale. Un adage dont l’efficience à se mettre en place par autant d’idéalisme que de pragmatisme, viendrait justement renforcer l’adage républicain, loin d’être désuet. Mais celui-ci est comme dévitalisé par une combinaison de ces trois mots, «liberté, égalité, fraternité», ne pouvant que tourner à vide, dans la logique générale actuelle. La liberté n’est devenue qu’une propriété d’intérêts économiques et corporatistes ou individuels, égalité et fraternité n’ayant plus les effets compensatoires espérés, malgré les prometteuses paroles politiques.</p>
<p>Il faut renforcer l’adage républicain par le bricolage d’autres adages qui fassent corps avec la situation du moment. «Frugalité, oisiveté, gratuité» est ce qui ré(rais)sonne dans la tête de pas mal de gens, du moins dans la mienne, ma tête de surfeur. Les Polynésiens/Hawaiiens en ont fait un bel usage en inventant, du coup, le surf, qui est une activité d’aucun intérêt nécessaire, instaurant un échange-don avec la vague lui-même structurant leur société. Une activité frugale (une planche), oisive (la vague est une attente, un rêve, une contemplation avant d’être un défi, un engagement…), gratuite (l’océan n’appartient à personne).</p>
<p>Mais aujourd’hui le surf n’est qu’un bien de consommation parmi d’autres dans la liberté d’acquisition de chacun (planches, combinaisons, surfwear, écoles de surf, voyages, compétitions, médias, surfcamps, vagues artificielles…). Cependant entre les Polynésiens et l’utopie de sa contre-culture réfractaire des 70’s, il a quelques repères dans son sac. A lui d’en faire un bon usage, dans le monde en transition d’aujourd’hui. «If you don’t need it, don’t buy it», lance Patagonia et avec cela, la marque fait un milliard de dollars, sur la demande de ses produits conçus durables. La preuve qu’il y a quelque chose dans l’air… même si Patagonia n’est pas gratuit, mais peut finir cependant comme un produit «inusable» qu’on donne.</p>
<p>Mon adage est un adage visant à sortir l’échange de son seul maillage économique, par le tissage d’une combinaison écologique et forcément sociale nous portant à nous vivre, à nous ressentir plus opportuns (moins intéressés, moins opportunistes) face aux évolutions incertaines du moment. Cela quelle que soit l’échelle, moi dans ma petite vie ou en société avec les autres. A quoi cela ressemblerait concrètement ? C’est toute l’inventivité humaine et moderne à mener, à trouver…. Le concept et la pratique de la permaculture est une niche, un rhizome d&rsquo;une grande richesse. Par ailleurs, nombre d’expériences alternatives effectives ont déjà valeur de tentatives et d’exemples dans des domaines divers, à condition qu’elles ne soient pas guidées par des réactions de repli vouées à l’impasse.</p>
<p><strong>Quels sont les moments forts de votre vie qui ont abouti à cette réflexion du mouvement ?</strong></p>
<p>Bien sûr mon voyage seul à 18 ans que je raconte un peu dans le livre. La majorité venait de passer à cet âge et mon choix après le bac était clair: voyager, partir à l’aventure avec le surf en point de mire. J’étais alors à Tahiti chez mon frère et je cherchais à embarquer comme équipier sur un bateau pouvant me mener vers l’Australie, pays du surf. Puis un jour un capitaine m’accosta pour une place à bord. Direction opposée, l’Amérique. J’ai oublié le surf et suis parti complétement à l’aventure. A partir de là, j’ai laissé la rencontre du jour décider de ma destination, ne dépensant mon petit pécule que pour manger. Les circonstances, rebondissantes, chanceuses et donc bienheureuses, furent mon véhicule de voyage. C’est devenu un jeu entre moi et ce qui m’arrivait et me déplaçait. Cela a duré deux ans. Un voyage frugal (sac à dos, nuit à la belle étoile), oisif (attente et pérégrination du stop) mais aussi actif (jobs, vie en mer) et gratuit (hospitalité).</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-4220 size-large alignleft" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/GibTrip-Pacifique75-copie-1024x721.jpg" alt="" width="1024" height="721" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/GibTrip-Pacifique75-copie-1024x721.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/GibTrip-Pacifique75-copie-490x345.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/GibTrip-Pacifique75-copie-300x211.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/GibTrip-Pacifique75-copie-768x541.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/GibTrip-Pacifique75-copie.jpg 1467w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>J’ai vécu l’hospitalité des plus pauvres au Mexique m’accueillant comme un des leurs. Je me suis retrouvé sans rien à St Pierre et Miquelon pour finalement naviguer jusqu’aux Antilles. Le Pacifique et l’Atlantique m’ont révélé toutes les facettes de leur puissance océane. Et j’ai fini en auto-stop à bon port à l’entrée de mon village à quinze jours de mes 20 ans. Les 70’s étaient aux voyages roots, mais ma démarche d’être en mouvement avec le mouvement de mon voyage sans savoir où j’allais, porté par ce qui m’arrivait, était assez radicale. A plus d’un titre j’aurais pu craquer ou un coup du mauvais sort pouvant tout faire tout flancher. J’ai tenu et c’est passé. A mon retour je n’en ai pas fait un livre récit, ni ne l’ai beaucoup raconté. En secret, je l’ai mûri toute ma vie. Avec le surf en guise de gâteau c’est devenu un objet de réflexion du mouvement. L’autre moment fort, c’est ma rencontre avec Deleuze qui m’a poussé à la tâche (<em>L’entente du mouvement</em>, paru en 1995) avec une reconnaissance dont je comprends aujourd’hui l’enjeu inédit qu’il percevait, qu’il y mettait. Seulement, il faut être à la hauteur de l’estime et la vie ne manque pas d’autres moments forts, autant à contrecourant que pourvoyeurs d’éléments. Mais à tout le moins, pour moi cette pensée du mouvement issue de tout cela est belle. Elle me porte tout autant que j’essaie de la porter, de me l’appliquer, de créer avec elle. Mais ce n’est qu’une pensée, qui reste joueuse, même si soucieuse comme toute pensée sincère et sérieuse.</p>
<p>Mai 2020</p>
<p>Propos recueillis par Manon Meyer-Hilfiger</p>
<p><a href="https://www.surfersjournal.fr/journal/surf-change-monde/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Livre disponible sur ce site </a></p>
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<p><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-4233 size-full alignright" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Le-surf-change-le-mondecouv...jpeg" alt="" width="407" height="640" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Le-surf-change-le-mondecouv...jpeg 407w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/05/Le-surf-change-le-mondecouv..-191x300.jpeg 191w" sizes="(max-width: 407px) 100vw, 407px" /></p>
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		<title>Silence, on enregistre&#8230; Nazaré !</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/silence-on-enregistre-nazare/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2020 16:36:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Sanchis]]></category>
		<category><![CDATA[Molécule]]></category>
		<category><![CDATA[Nazaré]]></category>
		<category><![CDATA[Romain Delahaye]]></category>
		<category><![CDATA[Sounds of Surfing]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Kardasik]]></category>
		<category><![CDATA[Yann Bénétrix]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Est-ce l’audace qui fait les rencontres ou la rencontre qui imprime l’audace ? Toujours est-il que des deux côtés de ce qui a fait le projet branque d’aller enregis- trer in situ le spot de Nazaré, on a le sens de l’engagement. Côté musique, Romain Delahaye, alias Molécule, musicien-compositeur est un habitué des situations hors studio pour agréger la texture de ses compositions électroniques. «Je cherche des endroits où la nature est dominante», explique-t-il. Après avoir enregistré les tempêtes de l&#8217;Atlantique nord pendant 35 jours (retranscrites dans l’album 60°43’ Nord) et le son du Groenland après cinq semaines sur place (à retrouver dans l‘album &#8211;22,7°), c’est Nazaré qui a attiré l’attention du musicien. «J’ai vu des images de cette vague. Ça m’a scotché. Par contre on ne l&#8217;entendait pas. Donc je me suis dit, allons essayer de capter les sons qu&#8217;elle fait.» Tout simplement ! «C’est important tant de se rendre</p>
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<div id="attachment_3983" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3983" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3983 size-large" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/441252...-1024x682.jpg" alt="" width="600" height="400" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/441252...-1024x682.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/441252...-490x326.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/441252...-300x200.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/441252...-768x512.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/441252....jpg 1732w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-3983" class="wp-caption-text">Romain Delahaye, alias Molécule, sur le jet-ski avec son micro et Yann Bénétrix qui le balade entre les vagues de Nazaré ! Photo Golezinoswski/DR SOS</p></div>
<p>Est-ce l’audace qui fait les rencontres ou la rencontre qui imprime l’audace ? Toujours est-il que des deux côtés de ce qui a fait le projet branque d’aller enregis- trer in situ le spot de Nazaré, on a le sens de l’engagement. Côté musique, Romain Delahaye, alias Molécule, musicien-compositeur est un habitué des situations hors studio pour agréger la texture de ses compositions électroniques. «Je cherche des endroits où la nature est dominante», explique-t-il. Après avoir enregistré les tempêtes de l&rsquo;Atlantique nord pendant 35 jours (retranscrites dans l’album 60°43’ Nord) et le son du Groenland après cinq semaines sur place (à retrouver dans l‘album &#8211;<em>22,7°</em>), c’est Nazaré qui a attiré l’attention du musicien. «J’ai vu des images de cette vague. Ça m’a scotché. Par contre on ne l&rsquo;entendait pas. Donc je me suis dit, allons essayer de capter les sons qu&rsquo;elle fait.» Tout simplement ! «C’est important tant de se rendre sur place. Je pourrais créer ma musique à partir de banque son existante. Mais ma composition se base sur les émotions que je ressens lorsque je capte ces sons. Mes EP sont des témoignages que je ramène avec ma sensibilité.» Donc un musicien qui non seulement a besoin du vrai son de l’endroit mais également besoin de vivre l’endroit pour en créer sa musique. Honnêteté et vérité de l’artiste, sauf qu’avec Nazaré, on change de grandeur&#8230;</p>
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<p>Côté surf, la rencontre avec le musicien se fait via le réalisateur Vincent Kardasik qui connaît bien aussi la vague de Nazaré pour y avoir tourné des séquences de <em>Vague à l’âme</em>, son film autour de Benjamin Sanchis. Avec Kardasik, c’est une petite armada de big wave riders et de pilotes de jet-ski, habitués du spot, qui s’associe au projet.</p>
<p>A l’arrivée deux jours de tournage avec Romain Delahaye qui découvre, assis à l’arrière du jet-ski conduit par Yann Bénétrix (parmi les pionniers de Belharra), qu’il n’est de fait qu’une minuscule molécule face aux murs d’eau qui s’abattent à côté de lui. Ces derniers lui faisaient rêver sa musique, mais d’un seul coup il en a les jambes qui tremblent. Pour Bénétrix, l’enjeu est de taille: ne pas finir en particule d’eau, ce qui pourrait être fatal à notre Molécule, plutôt végétative que sportive au quotidien. Pour autant, en plein vacarme d’ondes océanes, Romain Delahaye lui demande de couper le moteur ! Pureté de l’onde sonore, on ne triche pas avec la création, quelle que soit la situation&#8230; Ça le fait, sauf que lorsque le pilote essaie de redémarrer, le moteur obéit toujours à la contemplation ! De quoi rajouter un peu d’aigu dans la sensation d’enregistrement. On imagine les molécules des cœurs des deux gars ! Heureusement la mécanique a ses caprices mais aussi ses délices: la grâce du coup de gaz qui repart et fait passer la vague au raz de la lèvre&#8230;</p>
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<p>Enregistrer les sons des vagues, les voix des surfeurs dans l’action et toute l’am- biance qui va avec: le musicien va jusqu’au bout de son projet avec sa petite équipe technique, même s’il y laisse un drone et le super micro qui pendait dessous, qu’une vague avale, emportant le tout sous les yeux dépités du pilote et du musicien. Qu’à cela ne tienne, on va scotcher les micros sur les planches des surfeurs. Du bon tape ! Et Othman Choufani, Benjamin Sanchis de passer du statut hédoniste de surfeur au métier de preneur de son. Comme quoi surfer, ça peut être utile parfois&#8230;</p>
<p>Pour Vincent Kardasik, cette chasse au son est un puits d’images sans fond, avec toutes les prises de vue possibles, et devient aussi la matière d’un film de surf détourné. Sous couvert de son moléculaire, les caméras du réalisateur mettent le spectateur au cœur de ce chaudron extraordinaire qu’est le spot de Nazaré, avec ses faces gigantesques, ses dompteurs engagés (notamment le portugais Alex Botelho, humble maître du spot et auteur d’un take-off à la rame impressionnant de technique), ses tablées du soir. L’adrénaline d’une petite communauté de passionnés de big surf sous l’éclairage d’un illuminé du son, tout aussi passionné, avec qui, humainement, le courant passe.</p>
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<p>Kardasik explique: «Romain Delahaye est un œil extérieur, candide, qui documente ce que l’on fait. Molécule ne connaissait rien du tout au surf. Il est venu sans préparation. D’ailleurs, Julie, mon associée, m’a dit au départ pour me convaincre de nous lancer, “au mieux il sort son EP, au pire il se noie. Dans les deux cas, cela fait une histoire à raconter.”»</p>
<p>Au final Molécule sort son EP, intitulé Nazaré, avec des morceaux de composition mixte, notes océanes et électroniques qui ondulent poreuses et savoureuses, et d’autres plus cathartiques ou mystiques, comme si notre musicien vacciné à Nazaré y expurgeait son expérience fiévreuse. Pour l’artiste, il y a un avant et un après Nazaré. Mais une aventure sonore et musi- cale qui ne fait que commencer puisqu’il se dit prêt à repartir dans les vagues&#8230;</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-3981" src="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/427189.jpg" alt="" width="510" height="286" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/427189.jpg 510w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/427189-490x275.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2020/03/427189-300x168.jpg 300w" sizes="(max-width: 510px) 100vw, 510px" /></p>
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<p>En attendant, la projection de <em>Sounds of Surfing</em>, au Grand Rex à Paris, a bel et bien happé le public d’une salle comble, dans cette histoire sonore aux images totalement captivantes. Cris et applaudissements hauts en décibels pour le documentaire de Julie et Vincent Kardasik, pour l’audace des surfeurs et pour le panache du musicien créateur. L’EP Nazaré de Molécule s’écoute désormais sur les plateformes musicales. Le film des Karda- sik est parti pour faire la tournée des salles et des festivals. A bon entendeur, tendez l’oreille&#8230;</p>
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<p>Manon Meyer-Hilfiger &amp; Gibus de Soultrait</p>
<p>Paru dans<em> Surfer&rsquo;s Journal</em> 137</p>
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		<title>Lecteurs, lectrices de Surfer&#8217;s Journal</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/lecteurs-lectrices-de-surfers-journal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Feb 2020 18:21:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Lecteurs lectrices]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tout d’abord nous tenons à nous excuser auprès d’une partie des abonné(e)s qui n’ont pas reçu dans les délais convenus le dernier numéro de Surfer&#8217;s Journal. Nous avons dû faire face à un problème technique extérieur à nous,  ayant perturbé l’acheminement des envois et sur lequel nous n’avions aucune prise. Il nous a fallu déjà décanter la situation puis recenser un à un les abonnés qui avaient ou pas reçu la revue, en les joignant autant que faire se peut par email ou via les réseaux. Comme dans le même temps nous étions rentrés dans la réalisation du numéro présent, petite équipe faisant, la manutention du renvoi des magazines n’a pu être immédiat. Aussi nous remercions les abonnés, mis en attente, de leur indulgence et de leur patience. Ce problème a été difficile pour nous à gérer et représente un accident de parcours non négligeable que nous aurions évidemment voulu éviter.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout d’abord nous tenons à nous excuser auprès d’une partie des abonné(e)s qui n’ont pas reçu dans les délais convenus le dernier numéro de <em>Surfer&rsquo;s Journal</em>. Nous avons dû faire face à un problème technique extérieur à nous,<span class="Apple-converted-space">  </span>ayant perturbé l’acheminement des envois et sur lequel nous n’avions aucune prise. Il nous a fallu déjà décanter la situation puis recenser un à un les abonnés qui avaient ou pas reçu la revue, en les joignant autant que faire se peut par email ou via les réseaux. Comme dans le même temps nous étions rentrés dans la réalisation du numéro présent, petite équipe faisant, la manutention du renvoi des magazines n’a pu être immédiat. Aussi nous remercions les abonnés, mis en attente, de leur indulgence et de leur patience. Ce problème a été difficile pour nous à gérer et représente un accident de parcours non négligeable que nous aurions évidemment voulu éviter.</p>
<p>Mais du coup <strong>cela nous pousse présentement à partager</strong> avec vous, lecteurs et lectrices de <i>Surfer’s Journal</i>, <strong>la situation de notre activité éditoriale</strong> dans le contexte chahuté de la diffusion de la presse magazine en France. Pour rappel l’édition française <i>Surfer’s Journal</i> existe depuis 1994, soit juste deux ans après la création de la revue en Californie par Steve et Debbee Pezman dont l’entreprise demeure encore aujourd’hui familiale. Pour ce qui est de la nôtre, la société Vent de Terre, éditrice de <i>Surfer’s Journal</i> France, elle fut pendant une longue période partagée avec celle de <i>Surf Session</i>, mais depuis 2014 notre activité est autonome et en mains propres, ce qui convient tout à fait à la démarche de l’esprit familial des Pezman.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Dans son évolution actuelle, l’édition de <i>Surfer’s Journal</i> aux Etats-Unis, que donc nous traduisons aux trois-quarts à chaque fois, a connu des changements d’équipe. Si Steve Pezman a toujours l’œil, il avait laissé les manettes de la rédaction à Scott Hulet qui lui-même vient récemment de les passer à son assistant, Alex Wilson, de génération plus jeune. Côté maquette, comme vous avez pu le remarquer depuis deux ans, cela a changé avec l’arrivée de Jim Newitt à la direction artistique, remplaçant Jeff Girard. Et pour ce qui est de la direction de la photo, c’est Shawn Parkin qui a désormais la lourde charge de succéder au vénéré Jeff Divine. De ce “boost jeune”, évidemment la version française en a tiré profit.</p>
<p>Cependant<i> Surfer’s Journal </i>en France partage avec tous les autres journaux une situation où la diffusion kiosque, mise à mal par les changements d’habitude de lecture liés à l’Internet et sa gratuité de contenu, connaît une baisse générale. Celle-ci a eu pour effet d’avoir mis l’opérateur principal de cette diffusion kiosque en quasi-faillite, du fait notamment de son incapacité à se restructurer face à ce nouveau contexte. Et du coup il a dû imputer aux éditeurs de presse une partie du coût de son redressement économique. Ce qui évidemment ne facilite pas l’équilibre des entreprises de presse, qu’elles soient grosses ou petites. A notre échelle l’impact est certain.</p>
<p>Par ailleurs, le contexte du surf business ayant lui aussi connu des difficultés économiques, nos recettes publicitaires participant à notre équilibre ont diminué. Pour autant nous tenons ici à remercier les annonceurs qui nous soutiennent à l’année (merci Hoalen) ou régulièrement sur une période. Comme le dit Steve Pezman à propos de l’édition américaine, outre s’adresser dans leur intérêt à vous lecteurs, ils sont les partenaires d’un projet éditorial novateur.</p>
<p>Et bien sûr dans notre équilibre et la pérennité de la revue, il y a vous, lecteurs, lectrices, que vous soyez abonnés ou acheteurs en kiosque. Si notre première mission est de vous apporter le contenu que vous permet de vous contenter et donc d’adhérer à cette pérennité de <i>Surfer’s Journa</i>l, il est clair que nous menons aussi, par votre soutien, cette autre mission de garantir et entretenir la vitalité de la culture surf, dans sa mémoire et son renouvellement. Cette tâche est rendue moins perceptible par l’attrait des contenus immédiats et éphémères sur les réseaux. Mais quel que soit par exemple l’existence indéniable d’Instagram dans le surf, l’actualité du temps passé sur les mobiles ne remplacera jamais l’authenticité de celui apprécié et mémorisé avec la lecture d’une revue. Merci de nous lire, de nous soutenir par votre fidélité (à vous abonner, à votre kiosquier). N’hésitez pas à nous faire connaître…</p>
<p>— Gibus de Soultrait</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-3835" src="/wp-content/uploads/2020/02/abo.jpg" alt="" /></p>
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		<title>Itv de Tom Curren</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/itv-de-tom-curren/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Nov 2019 12:19:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Curren - S-Wings]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; Malgré des décennies d’étroite collaboration avec le shapeur/mentor Al Merrick, Tom Curren a souvent fait des digressions vers des designs non conventionnels, et souvent dans les vagues de taille. Souvenez-vous de sa maîtrise d’un Firebal Fish de 5’7’’ dans un Sumbawa mastoc. Ou de ses trajectoires le long des sections parfaites de J-Bay sur un quad 6’1’’ ou un fish Skip Frye. Et puis il y eut l’improbable Reverse Vee de Maurice Cole, qui le mena à son troisième titre mondial en 1990. Au fil de sa carrière, Tom Curren a toujours été ouvert à surfer tout ce qui piquait sa curiosité, quoi que pût en penser l’establishment du tri-fin. Ces dernières années, ont circulé des images de Curren surfant debout sur des skimboards et des bodyboards sur des pics en Indo, des pointbreaks au Mexique et autour de chez lui, à Santa Barbara. Disciple de Curren depuis toujours,</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
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</a>Malgré des décennies d’étroite collaboration avec le shapeur/mentor Al Merrick, Tom Curren a souvent fait des digressions vers des designs non conventionnels, et souvent dans les vagues de taille. Souvenez-vous de sa maîtrise d’un Firebal Fish de 5’7’’ dans un Sumbawa mastoc. Ou de ses trajectoires le long des sections parfaites de J-Bay sur un quad 6’1’’ ou un fish Skip Frye. Et puis il y eut l’improbable Reverse Vee de Maurice Cole, qui le mena à son troisième titre mondial en 1990. Au fil de sa carrière, Tom Curren a toujours été ouvert à surfer tout ce qui piquait sa curiosité, quoi que pût en penser l’establishment du tri-fin.</p>
<p>Ces dernières années, ont circulé des images de Curren surfant debout sur des skimboards et des bodyboards sur des pics en Indo, des pointbreaks au Mexique et autour de chez lui, à Santa Barbara. Disciple de Curren depuis toujours, j’ai observé cela en me demandant si le maître du style n’avait pas une case de vide. Ses engins semblaient au-delà de l’alternatif. Avait-il perdu la boule ? Ou était-ce juste l’ennui inhérent à une vie dorée, une vie saturée de surf haute performance, de vagues de classe mondiale et de tous types d’équipement standard ?</p>
<p>Quand j’ai déménagé à Santa Barbara il y a deux ans, j’ai croisé deux fois le furtif Curren. La première rencontre eut lieu un soir, lorsqu’il opéra un demi-tour interdit pile en face de moi. Mes pleins phares l’ont surpris en pleine manœuvre. Pour moi, l’étonnement fut de voir un grand paddleboard sanglé sur son toit. Le contrevenant corrigea aussitôt la trajectoire de son véhicule et disparut dans la nuit.</p>
<p>La seconde rencontre se passa un matin gris et calme à County Line. Je sortais de l’eau alors qu’il observait le spot derrière son pare-brise embué, sa voiture bourrée de planches et de combis mouillées. On bavarda un peu, et il me montra un pain de mousse improbable avec, collé sur le dessous, un placage hétéroclite en bambou comme on en voit dans les bars de plage. Il partait vers le sud. Je suis resté, planté là, dubitatif.</p>
<p>Les deux ans qui suivirent, j’ai souvent vu surfer ses fils sur les spots du coin, mais jamais Tom en personne. Il éludait ou se faufilait devant mes demandes d’interview. Mais vue l’exaltation passionnée avec laquelle il m’avait montré son composite en bambou fait maison, je sentais que, tôt ou tard, il partagerait ce qui se tramait dans son quiver.</p>
<p>Comme c’est souvent le cas, la vie nous a menés dans des directions différentes. Mais j’ai récemment été missionné comme consultant sur un projet de film, et nous avions besoin d’images de Curren. Il fut surpris de me voir quand je suis arrivé chez lui avec l’équipe de tournage. Il se souvenait de notre dernière rencontre à County Line et, tel un professeur déluré, il semblait impatient de me montrer ses dernières créations pour surfer.</p>
<p>Le tournage se passa bien. Typique de son inconfort à se médiatiser en direct, il s’est tortillé puis s’est levé, à peine était-il sur la chaise face à deux caméras, des micros sur perche et des spots pleine face. Mais un peu plus tard, alors que l’équipe tournait des images complémentaires de son garage (rempli de guitares, de claviers, batterie, sono, de piles de planches et de quatre décennies de souvenirs surf), je lui ai demandé si nous pouvions discuter des planches qu’il avait surfées dernièrement.</p>
<p>Je lui ai rappelé qu’il était toujours équipé d’un micro. Il se mit à sortir tout son matos des quatre coins de son repaire. Sur la rampe de skate dans son jardin, il étala deux Channel Islands, un single fin, un twin, une alaia, trois skimboards, un bodyboard et une Tomo Vader. S’ensuivit une conversation détendue à propos d’engins de glisse avec le triple champion du monde, référence du style et surfeur qui, semble-t-il, est un ardent défenseur de l’intérêt d’avoir toujours à l’eau «un truc en plus», aussi repoussant que l’engin puisse paraître.</p>
<p><strong>mike cianciulli</strong><span class="Apple-converted-space">    </span>Quels ont été tes engins surf de prédilection, ces derniers temps ?</p>
<p><strong>tom curren</strong><span class="Apple-converted-space">    </span>Tiens, voici une 6’6’’ (il prend une Channel Islands pintail). C’est pour les vagues d’environ deux mètres, quand tu veux maitriser le drop, te caler dans le tube et faire quelques virages. Là, ce shortboard (un squashtail Channel Islands 5’10’’) te garantit le plus de vagues, le plus de virages, le plus de tricks, le plus de réussite. Ici, on a une planche plus ancienne que mon père m’a faite (un gun Pat Curren de 8’6’’), un single fin datant de 1981. Ce que j’aime chez elle, ce sont ses courbes régulières et très fluides. L’outline est magnifique, je trouve. Je n’aime pas les «hanches» bizarres ou ce genre de choses. Cette planche a un rocker assez tendu, tu dois donc être très précis. Ce n’est pas une bonne planche polyvalente. C’est un hybride entre un Waimea gun classique et un gun pour les vagues un peu plus petites que Waimea. Mais ce que tu recherches pour Waimea, c’est une courbe comme celle-ci. (Il prend un twin-fin). C’est la planche que j’ai surfée pendant le typhon Wipha au Japon en 2013. C’était la planche que j’ai voulue utiliser, pourtant j’avais l’embarras du choix. En fait, je pense que les twin-fins sont bons dans les plus grosses vagues. Tous les fondamentaux sont là. Les contours sont harmonieux. Il n’y a pas un rocker extrême. La seule chose, c’est qu’avec un arrière aussi large, tu ne peux pas aller profond dans le tube. (Il saisit une Tomo Vader 5’2’’). J’ai un jour vu Daniel Thomson descendre à Salt Creek avec deux planches qui ressemblaient à celle-ci. Il m’a laissé en essayer une. C’était une 4’10’’. Quand tu es assis dans l’eau, tu es enfoncé jusqu’à la poitrine. Mais une fois sur la vague, c’est très exaltant. Beaucoup de rocker. Pas mal de concave. La projection en avant est assez incroyable avec ce type de planches. C’est exaltant comme le surf finless. Sais-tu qu’elle est une des sept merveilles du monde faites par l’homme ? (Il s’empare d’un bodyboard.) Si tu fais un certain poids et une certaine taille, tu peux surfer debout sur un bodyboard. Une boogie board est super car flexible. Et ce rail… (il désigne la carre en mousse en forme de demi diamant). Tu peux filer dans le tube sans avoir d’ailerons et sans décrocher, surfer debout dans d’énormes vagues qui ferment. C’est tellement éclatant.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3565 size-full" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Unknown.jpeg" alt="" width="314" height="161" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Unknown.jpeg 314w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Unknown-300x154.jpeg 300w" sizes="(max-width: 314px) 100vw, 314px" /></p>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> J’ai vu un clip de toi debout sur un bodyboard, au fond à Uluwatu.</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> C’est juste une de ces vagues idéales pour ce genre de truc. Tout au fond à Ulu, tu engages ce roller, puis ça part sur le reef de l’inside. Si tu traces directement sur le plat, tu n’entends pas un bruit. C’est super bizarre. Pas un son ne sort de ta planche, tu avances, c’est tout.</p>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> Tu as expérimenté avec des skimboards sur des pointbreaks au Mexique et à Rincon. Pourquoi en ces occasions ?</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> Ce fut un heureux hasard. J’ai rencontré Brad Domke, le skimboarder pro, grâce à un cinéaste avec lequel je bossais au Canada. Ils s’étaient connus juste au moment où Brad avait eu ces très grosses vagues au Mexique. Il lui avait dit, «Eh Brad, je tourne avec Tom et il surfe sur son boogie board. Tu devrais lui parler de ce que tu fais en skimboard.» Donc j’ai rencontré Brad, et il m’a donné ceci. (Il saisit un skimboard Exile modifié). Je l’ai surfé pendant environ deux mois sans ailerons. C’était bien, mais à un moment j’ai senti le besoin d’avoir ces ailerons (il me montre des dérives S-Wings). Donc j’ai posé des boîtiers avec un tube de résine et j’ai testé. Il se trouve que ces ailerons ont fonctionné, alors qu’avec des dérives normales de thruster, j’avais rien de plus.</p>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> Attends un minute. Que s’est-il passé quand tu es passé du boogie board au skimboard sans ailerons ?</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> Nous étions sur cette vague au Mexique avec Brad Domke, qui fait des virages de surf sur une planche sans ailerons, en plus de ses tricks de skimboard. C’est un humain, pas un extra-terrestre. Ce n’est pas Spiderman. Mais il fait des trucs étonnants sur un skimboard. Donc je suis rentré chez moi et j’ai testé le skim sans ailerons pendant quelques mois. Mais c’est dur à la rame. Je surfais pendant des heures, ne prenais que deux vagues et sortais complètement lessivé, mais en même temps pleinement satisfait car ces deux vagues en valaient vraiment la peine. Ce fut sympa pendant un temps. Et puis je suis allé surfer avec des amis de France. Ils m’ont tracté dans des vagues solides, pas énormes mais solides. Et j’ai vraiment adoré car mon rail tenait et je pouvais aller aussi vite que je le souhaitais. Donc voilà la situation: j’étais sur une bonne vague, paré pour un bon tube. J’ai tenté de ralentir et de tenir dans la face, mais je n’avais pas d’ailerons. Il fallait que j’y mette les mains. Mais je ne voulais pas cela. Donc j’ai posé des ailerons dès le lendemain. Et j’ai immédiatement pensé, «C’est l’étape suivante pour que tout cela prenne du sens». Tu remarqueras que lorsque tu surfes sans ailerons, par moments tu dois t’adapter à tes virages. C’est ce que j’ai appris pendant trois mois, j’ai beaucoup dérapé, beaucoup nagé aussi. Tu peux tourner, mais seulement quand tu es en bas et en haut (de la vague).</p>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> Pourquoi ajoutes-tu des blocs de mousse sur le pont de tes skimboards ?</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> C’est juste pour la rame. Mais il faut toujours être capable de se mettre debout, car il n’y a que debout que c’est éclatant. Tu peux aussi caler ton pied contre ces blocs de mousse. Mais c’est une autre paire de manches quand je vais à Rincon me mesurer à la clique des locaux. A Rincon, tu as les meilleurs surfeurs de la planète sur les meilleures planches faites juste à côté (l’atelier Channel Islands). J’ai dû faire face au fait de rater des vagues parce que je n’arrivais pas à les attraper. Les gars me regardaient et me disaient, «Alors, ça marche pour toi, ton truc ?» La chose la plus intéressante avec le skimboard, c’est ce rail aigu. Tout n’est que rail. Reste ensuite à gérer l’absence d’ailerons et la flottabilité. Mais on trouve des parades à cela.</p>
<div id="attachment_3566" style="width: 812px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3566" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3566 size-full" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Curren-skim-.jpg" alt="" width="802" height="535" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Curren-skim-.jpg 802w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Curren-skim--490x327.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Curren-skim--300x200.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Curren-skim--768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 802px) 100vw, 802px" /><p id="caption-attachment-3566" class="wp-caption-text">Tom Curren sur un skimboard avec des dérives S-Wings. Photo Matt Smith</p></div>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> Où vois-tu l’objectif final avec ces planches ?</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> Nous avons déjà atteint ce but. On y est, regarde. (Il saisit un pro model signature Exile Skimboards appelé le Skim Fin). Je suis très fier de cela.</p>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> Mais vas-tu un jour repasser sur des planches traditionnelles ?</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> Quand tu me verras surfer une vague et finir avec un sourire comme ça, tu auras la réponse à cette question. Tu te diras, «Ah ouais, il ne reviendra pas». Et c’est vrai. Tu te diras, «Tout ce joli style jeté par la fenêtre, tout cela pour quoi ? Pour rien du tout». Non, certaines de ces boards ont quand même de la mousse. Et cette Wegener (il saisit un autre skimboard) est faite de liège et de mousse. Cela marche très bien. J’en ai deux autres comme cela.</p>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> Je jurerais t’avoir vu dans Santa Barbara avec un paddleboard sur le toit de ton véhicule.</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> Eh oui. Et ce n’est pas que pour ramer, je prends des vagues avec ce truc.</p>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> Crois-tu altérer ton style avec chaque type de planche que tu décides de surfer ?</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> Oui. Un jour j’ai surfé un modèle Semi Pro (Channel Islands), et je me suis dit, «Je n’arrive pas à surfer ce truc. Ou alors il va falloir que j’essaie de surfer comme Kelly». J’avais aussi les ailerons de Kelly sur la planche. Je me suis engagé dans un virage, j’ai tapé dans l’écume et je me suis tordu la cheville. J’ai dû rester hors de l’eau pendant trois semaines. C‘est la dernière fois que j’ai fait ce genre de chose. Mais oui, parfois cela a à voir avec la planche. Je ne te raconte pas de bobards, mais j’essaie vraiment de surfer comme Occy. Genre j’essaie vraiment de devenir Occy, mais en regular. Ou alors parfois Andy Irons. Voilà des gars qui surfent différemment de moi. Et cela dépend juste de la planche. Les planches d’Andy ont un nose plus étroit, donc il surfait de façon plus verticale. Un nose plus étroit te permet de surfer de façon plus resserrée dans la poche. Tu dois trouver l’équilibre entre ce qui marche pour toi et ce que j’appellerais les «lois immuables». Il y a certaines choses qui ne changent pas en matière de planche de surf. La même chose s’applique aux bateaux. Tu ne peux pas juste dire, «Maintenant c’est cela et pas autre chose».</p>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> Quelqu’un peut-il maîtriser totalement le surf d’une vague sur une planche surf ?</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> Oui, bien sûr. Je pense que cela a été fait, au fil des années, à maintes reprises. C’est une certitude, qui date d’avant le fait que l’histoire surf soit relatée.</p>
<p>mc <span class="Apple-converted-space">   </span> Cela se passe comment ?</p>
<p>tc <span class="Apple-converted-space">   </span> Tu dois pratiquer. Quand tu regardes les surfeurs du passé et à quel point leurs planches étaient dures à surfer, ils ont dû travailler avec acharnement leur style pour avoir ce rendu. Il fallait avoir un équilibre façon tai chi pour maîtriser ce matériel sans tomber. Ce n’est pas comme aujourd’hui, où on peut aller là où on le désire sur la vague, et au moment où on le décide. Le style classique (style hawaïen mêlé à un style Greg Noll) implique de se frotter aux vagues les plus grosses. Ils savaient qu’ils allaient se prendre une boîte. Tôt ou tard, ils s’attendaient à se vautrer à chaque fois. Pourquoi ? Juste à cause des planches. Elles étaient très inopérantes pour ce qu’ils essayaient de faire. Mais, parfois, ils tenaient jusqu’à la fin, toujours debout. Vois le style Greg Noll… Il allait se planter… pourtant il ramait, se mettait debout… il y allait coûte que coûte.</p>
<p>Recueilli par Mike Cianculli &#8211; Traduction Pascal Dunoyer</p>
<p>Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em> 134</p>
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</a> <a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/ScaleWidthWyIxMjAwIl0-RIncon-tom-.jpg" rel="wp-prettyPhoto[3563]"><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-large wp-image-3567" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/ScaleWidthWyIxMjAwIl0-RIncon-tom--1024x672.jpg" alt="" width="600" height="394" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/ScaleWidthWyIxMjAwIl0-RIncon-tom--1024x672.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/ScaleWidthWyIxMjAwIl0-RIncon-tom--490x321.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/ScaleWidthWyIxMjAwIl0-RIncon-tom--300x197.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/ScaleWidthWyIxMjAwIl0-RIncon-tom--768x504.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/ScaleWidthWyIxMjAwIl0-RIncon-tom-.jpg 1200w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Rame pour ta planète</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/rame-pour-ta-planete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Nov 2019 12:21:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Guéthary]]></category>
		<category><![CDATA[Rame pour ta planète]]></category>
		<category><![CDATA[Surfrider Foundateion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après une première rame pour ta planète à l’occasion de l’étape, à Biarritz le 6/10/2018, d’Alternatiba dans son tour de France écolo à vélo, il y avait un pari audacieux de notre groupe organisateur (1) à décider de mobiliser les surfeurs(ses) tous les premiers samedis du mois, jusqu’au G7 à Biarritz en août 2019, soit onze mois plus tard. L’audace n’était pas de nous convaincre nous-mêmes de l’intérêt de ramer tous les mois, mais bien de susciter celui-ci auprès des surfeurs(ses). Et entre l’individualisme exacerbé de notre espèce aquatique et les «A quoi ça sert ? Quelle légitimité ?» permettant à tous les détracteurs de trouver de bons arguments pour ne pas y aller ou  pour dénigrer une telle action, la tâche de rassembler des surfeurs n’a pas été facile. On s’en doutait et la persévérance fait partie de la rame pour décrocher une vague en surf. Pour autant, fallait tenir. Au</p>
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<p>Après une première rame pour ta planète à l’occasion de l’étape, à Biarritz le 6/10/2018, d’Alternatiba dans son tour de France écolo à vélo, il y avait un pari audacieux de notre groupe organisateur <sup>(1)</sup> à décider de mobiliser les surfeurs(ses) tous les premiers samedis du mois, jusqu’au G7 à Biarritz en août 2019, soit onze mois plus tard. L’audace n’était pas de nous convaincre nous-mêmes de l’intérêt de ramer tous les mois, mais bien de susciter celui-ci auprès des surfeurs(ses). Et entre l’individualisme exacerbé de notre espèce aquatique et les<br />
«A quoi ça sert ? Quelle légitimité ?» permettant à tous les détracteurs de trouver de bons arguments pour ne pas y aller ou<span class="Apple-converted-space">  </span>pour dénigrer une telle action, la tâche de rassembler des surfeurs n’a pas été facile.<br />
On s’en doutait et la persévérance fait partie de la rame pour décrocher une vague en surf. Pour autant, fallait tenir.</p>
<p>Au départ, dans notre volonté de caractériser le fait que, le G7 se déroulant à Biarritz, ville océane et de surf, les surfeurs avaient leur mot à dire pour faire entendre l’océan, on se focalisa sur la Grande Plage de Biarritz, cela donnant lieu cependant à des rassemblements plus symboliques qu’effectifs. Mobiliser à répétition des surfeurs au cœur de la ville se révéla vite ne pas être la bonne stratégie, d’autant que le G7 devenant localement l’objet de beaucoup de complaintes, de débats, on prenait le risque de perdre notre premier motif d’action : l’océan. Donc exit Biarritz et le G7 de nos têtes, et focus sur le fait de rassembler la communauté surf sur les enjeux climatiques et écologiques de la planète tel que ne cessent de les déclamer les scientifiques du Giec. Au même moment, d’autres rassemblements de surfeurs eurent lieu un peu partout ailleurs en France, lors de ces premiers samedis, autant d’échos à notre initiative nous motivant à la faire voyager sur les spots et communes avoisinants Biarritz, à la faire rebondir ainsi au nom notamment de ce qui fut le principe fédérateur de notre groupe comme de notre action: susciter un mouvement citoyen, sans bannière, reflétant ce qu’une communauté surf et plus entendaient exprimer et partager en se rassemblant pour ramer pour la planète.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>A partir de là, avec l’appui des surf clubs, le consentement des communes et l’orchestration de Surfrider Foundation, on rassembla et rama chaque premier samedi du mois, de Hendaye à Anglet en passant par Guéthary, St Jean de Luz, Biarritz, Bidart. Chaque rame eut ses conditions océanes, son atmosphère, ses lumières et son nombre conséquents de participants pour y voir assez de sourires, y entendre assez d’encouragements, y percevoir assez d’émotions partagées pour organiser la rame d’après. A y regarder <i>a posteriori</i>, cette aventure collective a été essentiellement une affaire d’écoute et de considération. Déjà entre nous avec tout ce qu’un groupe peut vivre comme divergences, convergences et au final comme résistance et persévérance. Puis avec les éléments: comme pour une session de surf, l’œil était rivé sur la météo et celle-ci fut chaque fois d’une surprenante et belle résonnance avec notre action de sensibilisation. Et bien sûr avec les participants: de près comme de loin, ceux-ci comprenaient chaque fois plus la portée de ces rames, au nom de soi chez soi (changer ses habitudes de consommation) comme auprès des décideurs (leur mettre la pression), de ce qui s’exprimait ainsi de la part des surfeurs(ses). Cette action écologique s’inscrivait aussi dans la lignée des multiples autres parsemant l’actualité, de l’Affaire du siècle à Extinction Rébellion en passant surtout par le mouvement international des lycéens, génération indubitablement concernée par l’enjeu climatique ! De quoi se convaincre d’un peu de sens collectif à exister, à résister sur terre, pour cette terre. Pas vain pour des individus surfeurs !</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-large wp-image-3571" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Rame-2-1024x678.jpg" alt="" width="600" height="397" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Rame-2-1024x678.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Rame-2-490x324.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Rame-2-300x199.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Rame-2-768x508.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/12/Rame-2.jpg 1500w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<p>Puis se déroula cette douzième Rame pour ta planète, à Guéthary, dans le contexte très cadré et sécurisé du G7 à Biarritz. Combien allions-nous être ? Comme un feu d’artifice, quel bouquet final ? Comme à chaque fois avec les surfeurs, on ne sait jamais et une demi-heure avant l’heure dite du rassemblement, la petite plage du port n’affichait surtout que le refrain incitateur des panneaux transportés à chaque rame. Puis peu à peu chacun débarqua avec sa planche sous le bras et les visages, les rencontres, les discussions prirent l’espace en main, le remplissant au-delà de sa capacité, sous les yeux attentifs (et étonnés) des nombreux médias nationaux (merci l’AFP !) postés là en mission pré-G7. Ces derniers n’auraient pas cru avoir si bon appât à la veille de la réunion des Présidents, avec des surfeurs. Et pourtant si ! Ça l’a fait ! Plus de trois cents cinquante surfeurs(ses) partirent en débandade joyeuse dans l’océan et s’alignèrent dans une chaîne pétillante d’éclaboussures, pour clamer haut et fort la voix de l’océan. Un moment tout de même assez inédit. Un moment fort. Quelle autre communauté sportive, aussi individualiste, soulève une telle vague au nom d’un enjeu non pas corporatiste, mais bel et bien vital pour tout le monde…<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Ce jour-là, l’océan avec une journée glassy, ensoleillée mais sans vagues, donna sa part au change, en disant: «La fête est belle, mais pas de surf car à vous les surfeurs de rendre, d’être là à ramer pour moi !» Les surfeurs, ce jour-là, étaient présents et l’océan au sunset, pour le pot de l’amitié, répondit de façon superbe. A eux maintenant de le considérer, à eux de se considérer en considérant la planète… et pas qu’un peu ! Mission somme toute réussie pour les organisateurs, en attendant la sortie d’un film de cette aventure qui ouvrira peut-être la porte à d’autres… A suivre. <span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Merci à toutes et tous !<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Keep paddling, keep surfing.</p>
<p>Gibus de Soultrait</p>
<p>Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em> 134</p>
<p><i><sup>(1)</sup> Marie-Octavie Davin, Louis de Faujac, Lucie Francini, Sabina Hourcade, Rémi Lassauvetat, Julien Roulland, Marion Sadi, Gibus de Soultrait, François Verdet, Elena Vignerte et aussi Aurélien Desbois, Isabelle Desmond, Jonathan Roy et pour la variété des images Christelle Chambre, Pierre<br />
Fréchou, Pierre Lapeyrade, Greg Moyano, Greg Rabejac, Fabrice Viguier…</i></p>
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		<title>Itv Hugo Verlomme</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/itv-hugo-verlomme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jul 2019 14:04:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Hugo Verlomme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ni pompier, ni astronaute, le petit Hugo Verlomme savait très bien quoi répondre à son instituteur lorsque celui-ci lui demanda ce qu’il rêvait de faire, plus tard. «Écrire des livres et aller aux îles Marquises.» Hugo Verlomme fait partie de ces rares auteurs français à avoir consacré son œuvre à l’océan. Du journal de bord teinté de fiction avec Détour en 1976, à Cowabunga Surf Saga la même année, en passant par l’épopée sous-marine de Mermere et le roman d’anticipation apocalyptique L’Eau est là, Verlomme brasse les genres comme les vagues, bodysurfeur convaincu, toujours à l’eau à 67 ans, «un maillot suffit !». Écolo avant l’heure, il est cofondateur de Réseau-Cétacés dès 1989, et continue son action pédagogique auprès des plus jeunes en milieu scolaire. Depuis Capbreton, où il vit à trois cents mètres des plages, il met la tête sous l’eau de qui veut bien l’écouter lors des Journées du</p>
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<p>david bianic : Les archives de l’INA montrent un Hugo Verlomme très sombre lors de son passage en avril 1978 dans l’émission littéraire de Bernard Pivot,<i> Apostrophes</i>: «Heureusement que j’ai de l’espoir, sinon je me serais flingué, depuis longtemps, un petit peu en tout cas.» Cela ne ressemble pas à Verlomme – l’homme, l’auteur – que l’on connaît aujourd’hui…</p>
<p>hugo verlomme : J’avais besoin d’alerter les gens sur des choses qui paraissent aujourd’hui d’une banalité énorme mais qui à l’époque étaient disruptives. Je me souviens m’être disputé avec des gars de mon âge parce que j’étais antinucléaire. On passait pour des Don Quichotte. Avec ma femme, on vivait en Bretagne sur une toute petite île, Callot, d’où nous avons été chassés par la pollution de l’Amoco Cadiz, une des grandes catastrophes écologiques du vingtième siècle. On l’a prise en pleine face. Quand la marée du 21 mars 1978 est montée, c’était du pétrole, pas de l’eau.</p>
<p>db : Tu as débuté ta carrière dans une presse que l’on peut qualifier d’engagée avec <i>Combat</i> puis <i>Le Quotidien de Paris</i>, le premier étant né des mouvements de résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Tu étais engagé politiquement ?</p>
<p>hv : J’étais militant quand j’étais lycéen, j’appartenais même au Comité Vietnam de Base, dans les années précédant 1968. C’est ce qui nous a politisés: la guerre du Vietnam. Puis il y a eu Mai 68 et le Comité d’Action Lycéen. On avait <i>Le petit livre rouge</i> de Mao dans la poche, un bel objet marketing, sans savoir que Mao avait fait tuer des millions et des millions de personnes ! J’ai débuté par les faits divers dans un journal de droite, <i>L’Aurore</i>. J’y ai appris le journalisme, le vrai, sur le terrain, mais j’ai vu aussi comment la presse pouvait être biaisée. Puis je suis passé chez <i>Combat</i>, l’inverse politiquement, et je suis resté quelques années aux côtés de Philippe Tesson, qui a été mon mentor en matière de presse.</p>
<p>db : C’est avec ton premier «vrai » roman, <i>Mermere</i>, que tu connais le succès public et critique, auréolé du Prix Fiction 1978. On ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec le manga culte <i>Nausicaä </i>de Hayao Miyazaki, sauf que <i>Mermere</i> le précède de quatre années, paru en 1978. Sorti trop tôt ?</p>
<p>hv : Cela fait un peu prétentieux, mais j’ai été pionnier dans plusieurs domaines, ne serait-ce que le surf, puisque <i>Cowabunga</i> date de 1976. Et quand tu es pionnier, c’est une situation foireuse: tu arrives trop tôt pour faire un succès, puis d’autres s’inspirent de ce que tu as fait – ce qui est normal – et ils font un tabac parce que c’est le bon moment. Ce fut sans doute le drame de Jacques Mayol, d’avoir inspiré tout ça [<i>Le Grand Bleu</i>], et de ne pas en faire partie. <i>Mermere</i>, Le Guide des voyages en cargo, <i>L’Homme des vagues</i>, autant de livres pionniers. Aujourd’hui leur temps arrive, car l’océan est partout. Le temps de l’océan est enfin venu.</p>
<p>db : Parallèlement à un Mermere au message sous-jacent très engagé, tu sors à la même époque <i>Cowabunga</i>, le premier ouvrage consacré au surf en France. Comment les deux cohabitaient-ils en toi ?</p>
<p>hv : J’ai récemment retrouvé ma carte de la Fédération Française de Surf qui date de 1965, numéro 111 ! J’en suis plutôt fier, même si par la suite, je n’ai plus fait de surf, mais du planky et du bodysurf. Je ferais mieux de me remettre au surf, car pratiquer le bodysurf de nos jours est devenu dangereux: je ne regarde plus les vagues, je regarde les planches autour de moi. De plus en plus chaque année… En bodysurf on est tellement exposé… Bref, <i>Cowabunga</i> montrait l’état des lieux du surf en France en 1976. On avait passé une partie de l’été avec un copain photographe à faire des photos, car il n’existait pas grand-chose. Mon plaisir, c’était de défricher et ça l’est toujours.</p>
<p>db : Il y a quelques numéros, cette rubrique Interview donnait la parole à un grand nom de la littérature surf, Don Winslow (SJ 127). Il illustre bien la propension du genre à verser dans le polar. Ce n’est pas ton choix. Le surf fait-il un bon matériau d’écriture ?</p>
<p>hv : Le surf n’est pas très passionnant pour les non-surfeurs, d’une part. Et les surfeurs ne forment pas un public de lecteurs, je suis désolé de le dire. Tout le monde a un peu lu Kem Nunn, Don Winslow éventuellement, ou encore William Finnegan, car ce sont des auteurs qui peuvent écrire sur ce qu’ils veulent, ils resteront de grands écrivains. Comme disait Céline, «les idées, rien n’est plus vulgaire». Le sujet, on s’en fout au final. Tu peux faire un livre hors du commun avec un simple <i>Voyage autour de ma chambre,</i> tel Xavier de Maistre, ou raconter des aventures incroyables chez les Pygmées et ça va être soporifique. Le surf dans la fiction est souvent contre-productif, à moins d’être un auteur de talent.</p>
<p>db : Ce n’est pas la première fois que Mermere fait l’objet d’une tentative d’adaptation au cinéma. Cette fois, c’est la bonne ?</p>
<p>hv : Oui, <i>Mermere</i> renaît. Des personnes travaillent sur un projet de film d’animation, d’autres, aux États-Unis, sur un long-métrage, mais dans le cinéma tout prend énormément de temps. La grosse nouvelle, c’est que le livre <i>Mermere</i> va enfin être réédité début 2020 par les éditions ActuSF. Mais pour le film, je souhaite poser les arcanes, les grandes bases, partir de quelques grandes scènes et reconstruire l’histoire autour, et non pas vouloir adapter à la lettre, sinon ça devient <i>Avatar</i>. Par le passé, un scénario avait été écrit dans ce sens et on se retrouvait dans des petits sous-marins à se tirer dessus à coups de lasers, comme dans <i>Aquaman</i>… Ce n’est pas ma philosophie. Mais aujourd’hui on accepte beaucoup mieux des notions comme le chamanisme ou la médiumnité. Nous possédons des mythologies de la forêt, avec les elfes, les trolls, Tolkien, etc., mais on n’a pas de mythologie sous-marine. Je te mets au défi de m’en citer une ?</p>
<p>db : L’Atlantide ?</p>
<p>hv : Oui… Les Atlantes nous parlent d’un temps où les humains étaient encore amphibies, et maintenant nous le redevenons. Dans les années 1960, on trouvait bien peu d’apnéistes capables de plonger à plus de cinquante mètres, ni de surfeurs chevauchant des vagues de plus de dix mètres, et encore moins de navigateurs ayant accompli un tour du monde à la voile en solitaire… Avec Jacques Mayol pour l’apnée, Laird Hamilton pour les grosses vagues, ou Bernard Moitessier pour la voile, une nouvelle ère s’est ouverte. Au vingt-et-unième siècle, on traverse des océans à tout âge, des apnéistes flirtent avec les deux cents mètres et la vague de Nazaré offre aux surfeurs des vagues XXL dépassant parfois les vingt mètres de face. Tout ça pour dire que cette mutation est en cours. Il faut qu’on se réapproprie l’océan, non pas pour en miner les fonds et aller retirer le dernier poisson. Mon impression est que les humains n’ont jamais eu autant besoin de l’océan, et que l’océan n’a jamais eu autant besoin des humains. Des bons humains, évidemment.</p>
<div id="attachment_3261" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><img aria-describedby="caption-attachment-3261" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3261 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/07/Hugo-body-photo-J-L-Parthonnaud-Copie-2-copie-930x1024.jpg" alt="" width="600" height="661" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/07/Hugo-body-photo-J-L-Parthonnaud-Copie-2-copie-930x1024.jpg 930w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/07/Hugo-body-photo-J-L-Parthonnaud-Copie-2-copie-490x540.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/07/Hugo-body-photo-J-L-Parthonnaud-Copie-2-copie-272x300.jpg 272w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/07/Hugo-body-photo-J-L-Parthonnaud-Copie-2-copie-768x846.jpg 768w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/07/Hugo-body-photo-J-L-Parthonnaud-Copie-2-copie.jpg 988w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-3261" class="wp-caption-text">Photo JL Parthonnaud</p></div>
<p>db : Quel rôle conserve aujourd’hui le surfeur dans cette mission, de prévention, d’action ?</p>
<p>hv : Le surf y a participé, même si aujourd’hui être surfeur ne signifie pas pour autant être écolo, aimer l’océan ou le comprendre. On peut être surfeur et crétin, être surfeur et prix Nobel, avoir sept ans comme quatre-vingt-douze. C’est comme faire du vélo: tout le monde fait du vélo, tout le monde fait du surf. Le surf n’a plus sa valeur porteuse qui était au début, «Le surfeur ne laisse que des traces de pas dans le sable, le sillage de sa planche dans l’eau, et il marche pieds nus, mange trois légumes, des ananas, du poisson, en voyageant avec un petit van». Le surf est sport de masse, il n’a plus de sens propre, ce qui lui manque probablement. Le surfeur est un paradoxe sur pattes.</p>
<p>db : Une organisation comme Surfrider Foundation a perdu en influence sur la communauté surf, du moins en France, remplacée notamment par Sea Shepherd, qui n’a pourtant pas du tout la même mission. Comment l’expliques-tu ?</p>
<p>hv : Ce que les surfeurs aiment, c’est l’image. Ils voient un type [Paul Watson] qui utilise des techniques de pirate pour une cause juste, en prenant des risques physiques et matériels assez importants: c’est excitant.</p>
<p>db : Aujourd’hui, tes livres résonnent moins comme une sonnette d’alarme et davantage comme une approche pragmatique, «Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?»</p>
<p>hv : Quand je dis que j’écris sur l’océan, les gens ont l’impression que j’écris sur la fin du monde. Certes, il y a beaucoup de ravages dans l’océan, mais plutôt que de rabâcher ce constat, trouvons des solutions. Et il y en a plein ! C’est le cœur du livre <i>Demain l’océan</i> (2018, Editions Albin Michel). Prenons un exemple, les plastiques. En soi le plastique n’est pas mauvais, c’est ce qu’on en fait, comment on l’utilise, qui doit être réfléchi. Le plastique est un matériau extraordinaire sans lequel on n’aurait plus de planète: ni véhicules, ni bateaux, ni téléphones, ni planches de surf ou combis…</p>
<p>db : Vive le pétrole ?</p>
<p>hv : Non ! Tu commets là une erreur très commune, le plastique ne consomme qu’une quantité infime de pétrole. On a besoin du pétrole pour les polymères, et encore on en fait de plus en plus sans pétrole. Le pourcentage de pétrole utilisé pour produire tous les plastiques imaginables – peintures, vêtements, voitures, plastiques médicaux, industriels, agroalimentaires, etc. – est de cinq pour cent.</p>
<p>On en est arrivé à des postures, à des éléments de langage. Quand j’entends les surfeurs dire qu’ils sont contre le plastique, je rigole. Donnez de l’argent à Patagonia dans ce cas, qui fait des combis bio et sans néoprène. Il faut revaloriser ces déchets plastiques qui dorment dans les mers et représentent des milliards. Les plastiques arrivent en grande partie à l’océan via les fleuves, or 90 % de ces plastiques ne proviennent que de dix fleuves dans le monde ! On s’installe dans les deltas avec des récupérateurs et il y a des millions à se faire. Si on ne raisonne pas comme cela, il ne se passera rien.</p>
<p>db : Demain l’océan est aussi symptomatique d’un phénomène d’initiatives citoyennes qui ont pris le relais des ONG traditionnelles. Tu parles de «crowdsourcing océanique». Quel regard portes-tu sur cette mutation de l’engagement ?</p>
<p>hv : Je crois que le moment pivot, s’agissant des associations, c’est l’avènement des sciences participatives. Avec un smartphone, avec un ordi, tu peux devenir éco-acteur. Tu vas sur le site Global Fishing Watch – que l’on doit à Leonardo DiCaprio et Google – et tu peux surveiller les zones protégées du monde entier, signaler les navires qui enfreignent les règles, repérés grâce à leurs transpondeurs. Et cela fonctionne. Des solutions, grandes et petites, il y en a pléthore. Et ça, ce ne sont pas des fake news.</p>
<p>db : Quel sera le sujet de ton prochain livre ?</p>
<p>hv : Il s’agit d’un roman. Une fiction, un thriller fantastique, en lien avec la mer. C’est comme ces histoires qui débutent par «et si…». Ce n’est pas une uchronie pour autant, c’est juste le contraire de ce que tout le monde attend par rapport aux catastrophes climatiques. C’est le truc auquel personne n’a pensé. Je n’ai jamais travaillé avec une telle exigence sur moi-même. J’étais à la page cent il y a trois mois et je suis à la page cinquante aujourd’hui. J’ai tout réécrit. Je peux te dire le titre, si tu veux. C’est un mot que les gens ne connaissent pas, ne connaissent plus: Talweg, un terme de géographie qui indique le point le plus bas entre A et B. C’est le fond d’une vallée, l’endroit où l’eau coule naturellement, trouvant elle-même le plus court chemin vers sa matrice: l’océan.</p>
<p>Paru dans<em> Surfer&rsquo;s Journal</em> 132</p>
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		<item>
		<title>Evasion Féministe</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/evasion-feministe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 May 2019 17:23:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[A Landes Haped By Women]]></category>
		<category><![CDATA[Anne-Flore Marxer]]></category>
		<category><![CDATA[Feministe]]></category>
		<category><![CDATA[Islande]]></category>
		<category><![CDATA[Manon Meyer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Championne du monde de snowboard freeride en 2011, surfeuse invétérée, Anne-Flore Marxer est partie, elle aussi, faire son trip en Islande, avec son amie Aline Block. Mais pas parce que la destination de cette île est à la mode dans les magazines de surf (Surfer’s Journal inclus). Surtout parce la nation Islandaise est à l’avant-garde, dans son histoire, du combat féministe. Et histoire de secouer le monde la glisse de son sexisme ambiant, la Franco-Suisse en a sorti un film, A Land Shaped by Women, aussi instructif sur ce pays à la parité historique que planant, les deux filles œuvrant divinement avec leurs planches, dans des paysages aussi extrêmes que sublimes. &#160; Deux blondes entrent dans un bar. Ainsi pourrait commencer une mauvaise blague, un peu misogyne. C’est tout l’inverse. Le bar, un café parisien en face de la Gare du Nord, est, le temps de quelques heures, le théâtre</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Championne du monde de snowboard freeride en 2011, surfeuse invétérée, Anne-Flore Marxer est partie, elle aussi, faire son trip en Islande, avec son amie Aline Block. Mais pas parce que la destination de cette île est à la mode dans les magazines de surf (<em>Surfer’s Journal</em> inclus). Surtout parce la nation Islandaise est à l’avant-garde, dans son histoire, du combat féministe. Et histoire de secouer le monde la glisse de son sexisme ambiant, la Franco-Suisse en a sorti un film,<em> A Land Shaped by Women</em>, aussi instructif sur ce pays à la parité historique que planant, les deux filles œuvrant divinement avec leurs planches, dans des paysages aussi extrêmes que sublimes.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter wp-image-3160 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...-1024x683.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...-490x327.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...-300x200.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
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<p>Deux blondes entrent dans un bar. Ainsi pourrait commencer une mauvaise blague, un peu misogyne. C’est tout l’inverse. Le bar, un café parisien en face de la Gare du Nord, est, le temps de quelques heures, le théâtre d’un discours enflammé. A vous faire oublier la météo maussade et les serveurs désagréables. Car la première blonde n’est autre qu’Anne-Flore Marxer, championne du monde de snowboard freeride en 2011, passionnée de surf, et réalisatrice d’un documentaire sur l’égalité hommes-femmes en Islande. Et l’autre, c’est moi. Hasard de la chronologie ou sourire du destin, nous nous sommes rencontrées le 8 mars, journée internationale du droit des femmes.</p>
<p>On a vite fait de boire du thé froid: pour parler féminisme, sports de glisse, et politique islandaise, Anne-Flore n’a pas la langue dans sa poche. Ni l’œil sur son agenda, pourtant bien chargé. Entre une interview pour Arte et l’autre pour la presse américaine, la sportive m’a raconté le tournage de son film, son amour pour le surf, son engagement féministe. Son enthousiasme est contagieux. Son débit de parole, soutenu. Comme lors d’une avalanche: une idée en amène une autre, et puis plus rien n’arrête le discours de la championne.</p>
<p>La free-rideuse est tombée dans la marmite de la lutte pour l’égalité étant petite. Ou adolescente, plus exactement. A l’âge de 14 ans, elle comprend l’inégalité des traitements entre hommes et femmes dans son sport. Le déclic ? Une compétition de snowboard. A niveau égal, l’homme gagne un trip à Hawaii. Elle, un sac à dos qui se transforme en pelle. L’outil idéal pour creuser la tombe de la parité.. ? Pour Anne-Flore, l’événement sonne plutôt le coup d’envoi de son militantisme. A 20 ans, elle s’incruste avec une copine, Cheryl Maas, dans le slopestyle, l’épreuve de descente acrobatique. A l’époque, en 2005, c’est encore interdit aux femmes. Trop dangereux pour les demoiselles, lui dit-on. Cheryl et elle se font sortir «par la peau du cou». Mais le culot porte des fruits, parfois. L’année suivante, les filles sont invitées à une démo de slopestyle. Et l’année d’après, elle peuvent participer au championnat au même titre que les hommes. Autre victoire en date: l’égalité des dotations en snowboard freestyle. Anne-Flore fait figure de stakhanoviste, blonde et bronzée, de la lutte pour l’égalité. Enfin, plus si blonde: «Ma mère ne me reconnaît plus. A force d’être devant l’ordinateur à monter mon film, je ne suis jamais dehors. J’ai jamais été aussi brune de ma vie !» Parce qu’entre temps, Anne-Flore s’est faite réalisatrice.</p>
<p>Lasse d’être dans le combat, elle est allée chercher l’inspiration ailleurs.Trois recherches Google, quelques coups de téléphones, et la décision est prise. Direction l’Islande avec sa copine surfeuse et snowboardeuse Aline Bock. Parce que cette nation, toute proche du cercle polaire, est aussi la plus avancée en ce qui concerne l’égalité hommes-femmes. Jugez plutôt: le 24 octobre 1975, 90% des Islandaises participent à la grève pour demander le respect de leurs droits. Une journée entière où les hommes sont livrés à eux-mêmes. Au bureau comme aux fourneaux. La petite histoire raconte que les ventes de hot-dog ont explosé ce jour-là. Les crèches, les écoles, les journaux, les services de télécommunications tournent à mi-régime. Sans la moitié de sa population, le pays est paralysé. En 1980, l’Islande devient le premier pays du monde à élire une femme à la présidence de la République en la personne de Vigdis Finnbogadottir. Au suffrage universel, évidemment. En 2017, les parlementaires votent une loi qui impose l’égalité salariale. Ajoutez à cela des paysages à couper le souffle, des vagues et de la poudreuse. Au total vous obtenez toutes les raisons qui ont poussé Anne-Flore à retourner en Islande pour y réaliser un film de glisse… mais féministe.</p>
<div id="attachment_3161" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-3161" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3161 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...2--1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...2--1024x683.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...2--490x327.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...2--300x200.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShaped...2--768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><p id="caption-attachment-3161" class="wp-caption-text">Anne-Flore Marxer et Aline Bock, en quête de vagues et de neige et sur le territoire de femmes engagées. PHOTO DR A LAND SHAPED BY WOMEN/ ELEONARA RAGGI</p></div>
<p>Pour les besoins du cinéma, les deux comparses parcourent l’Islande en van. Interviewent des habitantes impliquées pour la parité. Surfent des vagues dans une eau glaciale. Dévalent des pentes enneigées dans un paysage sublime. Tout cela, dans l’optique d’inspirer plutôt que de dénoncer. Vigdis Finnbogadottir, la première présidente islandaise, répétait la nécessité d’avoir plus de modèles de réussite féminins. Cette remarque pourrait bien être l’ADN du film titré <i>A land shaped by women</i> (Une terre façonnée par les femmes). Car dans son film, Anne-Flore Marxer donne à voir des femmes qui inspirent. Entre une exploratrice polaire, une avocate des droits humains, une autrice de poèmes sur la condition féminine, et les deux protagonistes friandes de glisse extrême, le spectateur a l’embarras du choix: des femmes fortes en veux-tu en voilà.</p>
<p>Et pourtant. La réalisation du film s’apparente parfois à un parcours du combattant, où il faut slalomer entre les piques sexistes. Premier obstacle: la recherche de financement. «C’est un film qui parle des rencontres avec les Islandaises, de l’histoire du pays, des conditions pour l’égalité», précise la réalisatrice. A rebours donc des films d’outdoor, centrés sur l’accomplissement physique et les conditions extrêmes, ne montrant à l’écran le plus souvent que des hommes. Du coup le parti pris d’un fil narratif féministe a fait fuir quelques sponsors. «De manière générale, beaucoup de marques ne se sont pas intéressées au sujet du film. Certaine personne m’ont même dit “ah non il ne faut surtout pas parler de politique”.» Dès lors moins de financement pour faire le film de ses rêves. Mais pour une fille dont le job consiste à se jeter dans les airs, les pieds sur une planche, un budget réduit n’est pas trop effrayant. Rien de plus qu’un autre saut dans l’inconnu, finalement.</p>
<p>Avec les moyens du bord, Anne-Flore parvient à recruter une équipe de cameramen pour filmer ses aventures. Celles-ci font la part belle aux sessions de surf. Les deux amies s’en donnent à cœur joie sur une droite à n’en plus finir. Dans des conditions parfois assez extrêmes. Entre les vents violents et les températures à transformer le visage en glaçons, les deux filles ne sont pas descendues de la montagne pour rien. Mais le plus dur reste d’être accueilli au pic par un homme qui s’inquiète: «Hé les filles, les conditions sont un peu grosses là, vous devriez rentrer». Ou peut-être est-ce l’intervention d’un cameraman, qui coupe Katrin Oddsdóttir, avocate des droits humains lors de l’interview portant sur la parité en politique, pour balancer: «Oui, mais enfin les nazis aussi pensaient qu’ils allaient sauver le monde.»<span class="Apple-converted-space">  </span>Incongruité verbale aussi déplacée qu’odieuse, montrant bien à quel point les préjugés désobligeants sur les capacités des femmes sont ancrés.</p>
<p>Et alors que la conversation progresse, que je cherche à débusquer le sexisme masqué au cœur d’un film sur l’égalité, Anne-Flore s’interrompt. Son sourire, qu’elle arbore pourtant en quasi permanence, s’estompe. «Non mais en fait, j’ai pas fait ce film pour parler de cela. J’ai réalisé <i>A land shaped by women </i>pour inspirer. Créer des modèles, rendre les femmes visibles. On est à l’étape deux du féminisme: après la critique, viennent les solutions.» Et d’enchaîner avec toujours plus de nouvelles positives. «J’ai vu une vraie évolution. Les hommes ont été très sensibles au film», m’assure-t-elle. «Ils m’ont témoigné leur joie de voir des filles en action à l’écran, pas des poupées barbies. Même dans les pays où je m’y attendais le moins, comme en Russie par exemple.» L’un des photographes d’Absinthe, mythique société de production de films de snowboard, fut apparemment tellement ému de la projection qu’il décida d’une photo où il s’agenouille devant la réalisatrice. «Grâce au film, dit-elle, j’ai réussi à faire passer le message que je répète depuis une quinzaine d’années.»</p>
<div id="attachment_3162" style="width: 1034px" class="wp-caption alignnone"><img aria-describedby="caption-attachment-3162" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3162 size-large" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShapedB..3-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShapedB..3-1024x683.jpg 1024w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShapedB..3-490x327.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShapedB..3-300x200.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/05/ALandShapedB..3-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><p id="caption-attachment-3162" class="wp-caption-text">Les deux comparses, reines des neiges mais pas moins sirènes des vagues quand une petite longue droite s’invite à leur longboard, au pied de la montagne. PHOTO DR A LAND SHAPED BY WOMEN/ ELEONARA RAGGI</p></div>
<p>Ses projets pour la suite ? «Surtout, des vacances !» Qu’elle passera bien sûr à&#8230; surfer. Sport qu’elle a commencé «tard», à 25 ans. «J’adore ça», dit-elle en écarquillant les yeux. La passion est palpable. Car, dans les vagues, la championne de snowboard redécouvre l’appréhension des débuts: «Je peux aller chercher mes tripes en surf, alors qu’en snowboard, il m’en faut beaucoup pour avoir une poussée d’adrénaline maintenant.» Et puis, dans un emploi du temps qui ressemble de plus en plus à celui d’une ministre, le surf réintroduit un espace de jeu. Danser avec la houle, faire le canard, échapper à l’écume: voilà les impératifs de sa «todo list» quand elle se retrouve à l’eau. Rien de trop stressant. Même si, précise-t-elle, «Je suis nulle en surf». Avant de se reprendre immédiatement: «Non mais je suis en train de me dévaloriser ! C’est un truc que les femmes font tout le temps.» A l’inverse de certains heureux propriétaires de chromosome Y. «Lorsque je me présente comme snowboardeuse professionnelle, il arrive que des hommes me répondent: “oui, moi aussi je prends que les pistes noires”.»</p>
<p>A cela, Anne-Flore ne répond plus. Ou plutôt, si. Mais par des alternatives. Une feuille de route engagée. Une boussole pour l’avenir, qu’elle construit par des lectures. Dans sa bibliothèque, Muhammad Yunus côtoie Nancy Fraser, Erik Olin Wright et Marc Bloch. La pause musicale ? Les Pussy Riots, ce groupe de punk rock féministe russe connu pour sa critique du régime de Poutine. Connu surtout pour ses actions radicales qui lui ont valu de l’emprisonnement. Son film préféré ? <i>The battle of the sexes</i>, un récit qui raconte comment Billie Jean King, en battant son homologue masculin tennisman Bobby Riggs, a facilité l’accès au sport des filles. De quoi rassurer les plus sceptiques, Anne-Flore Marxer a bien bossé son sujet. «Il faut ouvrir la conversation entre les genres. Que la gent masculine se mette à l’écoute. De nos problématiques, dans toute leur subtilité. Parce que l’égalité, ça profite à tout le monde.» Face à tant de travail, d’enthousiasme, de conviction, difficile de résister à ses arguments. Sa blondeur, loin des clichés idiots, m’évoque ainsi les flammes d’une torche olympique. Flambeau qu’on brandirait comme pour éclairer le chemin vers la parité.</p>
<p>Manon Meyer-Hilifiger</p>
<p>Paru dans<em> Surfer&rsquo;s Journal</em> 132</p>
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		<title>Un dernier Surf Guide pour la route !</title>
		<link>https://www.surfersjournal.fr/dernier-surf-guide-route/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[SurfersJournal]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Mar 2019 18:32:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Antony Colas]]></category>
		<category><![CDATA[Stormrider surf guide]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le premier Stormrider Guide Europe est sorti en 2001. Premier du genre en Europe et premier du genre dans les guides de spots avec ses cartes, ses icônes, sa présentation, sa méthodologie. Génial pour les uns. Cris d’orfraie pour les autres. C’est la mort du surf tranquille. (Ce qu’on oubliait, est que dans les 70’s, années phares des aventures et sessions secrètes, Surfer magazine, tout en ne disant rien de la localisation de la vague de rêve mise en double page, vendait à la fin du magazine par correspondance des surf reports, ces fiches jaunes sans photos mais où tous les spots alors surfés y étaient répertoriés et décrits avec une précision quasi-scientifique.) Le débat fit rage, mais de toutes façons le Stormrider Guide ne faisait qu’enfoncer des portes ouvertes, les spots connus. Par contre le livre était autant un guide bien ficelé qu’une machine à rêver et à voyager…</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3083" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/04/WorldBIG02.jpg" rel="wp-prettyPhoto[3082]"><img aria-describedby="caption-attachment-3083" decoding="async" loading="lazy" class="wp-image-3083 size-full" src="http://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/04/WorldBIG02.jpg" alt="" width="960" height="720" srcset="https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/04/WorldBIG02.jpg 960w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/04/WorldBIG02-490x368.jpg 490w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/04/WorldBIG02-300x225.jpg 300w, https://www.surfersjournal.fr/wp-content/uploads/2019/04/WorldBIG02-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></a><p id="caption-attachment-3083" class="wp-caption-text">Antony Colas, le spotologue des Stormrider Surf Guides.</p></div>
<p>Le premier <i>Stormrider Guide Europe</i> est sorti en 2001. Premier du genre en Europe et premier du genre dans les guides de spots avec ses cartes, ses icônes, sa présentation, sa méthodologie. Génial pour les uns. Cris d’orfraie pour les autres. C’est la mort du surf tranquille. (Ce qu’on oubliait, est que dans les 70’s, années phares des aventures et sessions secrètes, <i>Surfer</i> magazine, tout en ne disant rien de la localisation de la vague de rêve mise en double page, vendait à la fin du magazine par correspondance des surf reports, ces fiches jaunes sans photos mais où tous les spots alors surfés y étaient répertoriés et décrits avec une précision quasi-scientifique.) Le débat fit rage, mais de toutes façons le <i>Stormrider Guide </i>ne faisait qu’enfoncer des portes ouvertes, les spots connus. Par contre le livre était autant un guide bien ficelé qu’une machine à rêver et à voyager… et voyager est une bonne chose. <i>In fine</i>, le voyage surf dépend toujours du swell qui l’accompagne ou pas, et être au bon endroit au bon moment est plus une affaire de circonstances que de parcours à la carte.</p>
<p>Ainsi le<i> Stormrider Guide</i> rentra dans les objets surf à avoir, au même titre que le quiver, la housse, la combi et la wax printemps, été, hiver…<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Derrière cette audace éditoriale un trio britannique, Ollie Fitzones, Bruce Sutherland, Dan Haylock et un Français, Antony «Yep» Colas, étudiant autodidacte en «spotologie» publiant là sa maîtrise. Devant le succès de l’ouvrage, ce <i>Stormrider Guide Europe</i> connut d’autres versions, avec chaque fois de nouvelles données territoriales, rentrées dans les mœurs communes.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Puis en 2001, Colas et ses compères publièrent le premier volume de sa grande thèse en spotologie, le <i>World Stormrider Surf Guide</i>. Beau livre à la hauteur des belles et chatoyantes vagues du globe, répertoriées en zones océaniques. S’en suivit un autre volume, en deux livres conjoints, les spots continentaux et les spots insulaires… A chaque fois la même équation améliorée de l’utilité et du rêve, poussant à l’action et, à tout le moins, nourrissant les conversations (de surfeurs), chacun pouvant développer son érudition en spotologie avec des définitions et des précisions à faire pâlir le moindre local. Intelligemment l’équipe éditoriale se débrouillait parfois pour mettre celui-ci en photo pour illustrer le spot. Cette petit caresse sur l’égo, ajoutée d’autres considérations habiles, continua de faire des <i>Stormrider</i>, en reédition régulière, le livre de chevet (secret) de tout surfeur trippeur. (Sans parler du trafic de photocopies passant en sous-main, même chez les plus réfractaires, dénonçant les mecs qui se font du fric sur le surf, mais pas les derniers à en profiter. De bonne guerre.)</p>
<p>Mais après pas loin de trente ans de cette aventure éditoriale, mêlant les risques financiers, les difficultés de trésorerie (propre à tout éditeur) et le labeur harassant de la présentation graphique des données et de leur vérification au kilomètre près, à la virgule près… l’équipe est loin d’avoir fait fortune, chacun déployant un second métier pour vivre. Faut dire qu’entre temps, la pieuvre du numérique et de l’Internet est venu s’immiscer sur le territoire des spots (comme de tout !), y ajoutant même de la prévision météo doublée de caméra live, avec pour conséquence que là où le surfeur du <i>Stormider Guide </i>restait un «voyageur de tempête» apprenant à découvrir le territoire des autres, aujourd’hui avec genre <i>magicseaweed.com</i>, la formule de l’algue magique transforme, en un clic, le territoire d’autrui en un chez soi immédiatement de droit. Résulte la foire d’empoigne des spots avec beaucoup de surfeurs à l’eau sans considération de quoi que ce soit, trop enclins à satisfaire à l’immédiateté de leur désir, idéologie de l’époque oblige. Avec le <i>Stormrider Guide</i>, il fallait au moins prendre le temps de tourner les pages… (Cela dit, ne raillons pas, car de toute façons Dame Nature se charge vite de faire la leçon et mettant tout le monde d’accord !)</p>
<p>Tout cela nous amène à vous présenter la dernière publication du <i>World Stormrider Surf Guide</i> et qui sera sans doute la dernière. Entendez bien, la dernière ! Les années de labeur et la digitalisation à tout craint de notre époque googolisée ont eu raison de nos pionniers en spotologie, mais non sans un baroud d’honneur avec cet exceptionnel volume de rêve global et de surf local, couverture rigide, recouvrant 4000 spots et plus de mille photos sur 450 pages. Reprise améliorée (et plus) des publications précédentes en un seul livre qui se révèle comme l’aboutissement d’un incommensurable travail d’orfèvres. Pas la peine d’en dire plus. Si vous êtes partis pour surfer toute votre vie et que vous ne l’avez pas dans votre étagère, disons que vous aurez raté quelque chose. Un guide, c’est un fidèle compagnon, plein de ressources cachés ! Un ouvrage en spotologie de cette qualité, ça ne se refera pas (même si le papier n’a pas dit son dernier mot, <i>Surfer’s Journal</i> en acte !) Certes il est en anglais, mais l’iconographie de la spotologie des <i>Stormider</i> est universelle. Il vaut 55 €, mais c’est plus pérenne et ça dégage moins de Co2 qu’un vol sur Easy Jet et ce n’est que<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>11 € chacun pour cinq potes qui font un cadeau d’anniversaire au sixième… En surfshops, en bonnes librairies, <i>stormriderguides.com</i><span class="Apple-converted-space">  </span>—GS</p>
<p>Paru dans <em>Surfer&rsquo;s Journal</em> 130</p>
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